Bruxelles est en pleine négociation avec le Royaume Uni en ce qui concerne la maintien ou non de ce pays au sein de l’UE. David Cameron, le premier ministre, a présenté quatre réformes à ses yeux fondamentales, afin qu’il fasse campagne pour le oui au référendum qui aura lieu encore cette années. Sur ses revendication sur la compétitivité, la souveraineté, la protection contre les décisions de la zone euro, on serait proche d’un accord. Les exigences en matière migratoire, sont par contre jugées discriminatoires au regard du droit européen. Il s’agit de priver pendant quatre ans les ressortissants européens de certains avantages sociaux lorsqu’ils s’établissent en Angleterre. C’est une mesure discriminatoire qui s’oppose fondamentalement au principe du droit de pouvoir vivre et travailler partout librement en Europe. Ce que pratique le Premier Ministre est du domaine du populisme. Il croit pouvoir mettre à genoux les autres nations composant l’UE. Peut-être réussira-t-il à ébranler les bases mêmes de l’Union, mais au bout du compte il ne peut assurer à personne que son peuple le suivra. Je ne le crois pas, car ce qui l’anime, est un nationalisme ringard et non pas la raison. Il s’agit pour lui de restaurer l’empire et de se comporter comme un peuple supérieur face aux manants venant d’ailleurs. Tout bricolage sera à mon avis vain, car l’anti-européisme découle d’un instinct viscéral. Ce pays qui a démoli de son propre chef son infrastructure industrielle, croit trouver son salut chez les brookers de la City. La fierté qu’ils prétendent avoir n’a pas empêché d’en faire des quémandeurs. Je ne sais qu’une chose, si nous nous laissions encore aller à plus de concessions nous pourrons remballer. À qui servirait alors l’UE ?

Nous nous trouvons déjà dans une situation précaire. Faudra-t-il de notre propre chef que nous courrions à la catastrophe dans le seul but de flatter un politicien plus ou moins inepte ? Non, trois fois non ! N’allez pas croire que je ne mesure pas les conséquence qu’un brexit pourrait avoir pour nous tous. Il pourrait sonner le glas d’une grande idée et enterrerait à tous jamais un esprit libéral et généreux pour lequel il faut absolument se battre. Ne baissons pas les bras. Il faut reprendre enfin du poil de la bête et continuer à lutter. Ne nous laissons pas contaminer par le populisme. L’esprit petit-bourgeois, qui est entrain de nous étouffer, nous paralyse de plus en plus. Où sont restés les rêves, les idéaux, une certaine utopie ? J’ai l’impression que ce n’est plus que le porte-monnaie qui décide. Ce n’est guère fascinant. David Cameron se situe dans cet état d’esprit. Un petit politicien sans envergure, qui préfère jouer à notre détriment au poker. Cela ne l’aidera pas à repositionner le Royaume Uni dans le monde, au contraire. Tout esprit universel semble avoir été balayé d’un coup de vent. La fière Albion n’aurait jamais pu s’imposer avec un esprit de clocher. Quelle décadence. Je souhaite que Jean-Paul Juncker, Donald Tusk et Martin Schulz résistent. Il en va de la survie d’un grand projet. Il est impossible de le maintenir à petite-flamme. Les épiciers sont certes nécessaires, mais ce ne sont pas eux qui donneront de nouvelles perspectives. Cameron en est un ! Un opportuniste.

pm

http://www.lemonde.fr/europe/article/2016/01/29/union-europeenne-royaume-uni-derniere-ligne-droite-pour-une-negociation-a-tres-haut-risque_4856264_3214.html

Pierre Mathias

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