Lorsque des attentats, tels que ceux de Paris, se déroulent à côté de nous, il est parfaitement normal que nous soyons choqués, scandalisés, outrés. Mais est-ce une raison de haïr ? Les raisins de la haine sont amer, comme l’a écrit John Steinbeck. Peuvent-ils inverser une situation, faire évoluer la société vers le bien ? Il ne peut en être question. Ce n’est pas parce que des musulmans extrémistes ont tué des innocents, qu’il faille se venger sur tous ceux qui pratiquent l’islam. Dans un premier temps il y a une colère bien compréhensible, mais elle ne doit pas dépasser certaines règles qui font partie de notre patrimoine, comme celles du respect d’autrui. Le grand tort des populistes est de vouloir tout généraliser. Mettre dans un même pot des millions d’adeptes du Coran est injuste et idiot à la fois. Mais comme nous le savons, la bêtise fait chaque année d’innombrables victimes. Elle est due à des partis-pris et à un manque évident de tolérance. N’oublions jamais que le nazisme a vu le jour dans ce terreau-là. Une haine concertée a été attisée par des provocateurs dans le but de nous précipiter dans le vide. C’est exactement cette démarche que suit l’EI. La preuve qu’au bout du compte nous nous trouverons tous démunis, si la mort nous a pas rendu visite avant. Cela me rappelle mes cours d’histoire, lorsqu’il était question de la guerre de 30 ans. Tout un continent, avant tout l’Allemagne, a été dévasté par des guerres de paysans. Il s’en est suivi un morcellement de l’Europe qui a provoqué la disette. Personne ne savait plus au juste, comment cette folie a pu voir le jour. On s’est arrêté par dépit, par lassitude. Tuer était une façon de déjouer le quotidien. Trouver une victime pour détendre ses nerfs et espérer ainsi trouver son équilibre, est une terrible illusion qui a pour nom la haine. C’est tout le contraire que ce qui devrait se passer.

Les professeurs devraient inculquer aux jeunes les valeurs d’une génération multiculturelle. N’en déplaise aux militants du FN, c’est ce qui fait la valeur de la France. Avant tout sa générosité et la tentative de vouloir abattre quelque tabous. C’est cela qui fait le génie de notre civilisation. Il faut que nous soyons capable de regarder quelqu’un dans les yeux, pour qu’il comprenne que nous nous laisserons pas traîner dans la boue par ses diatribes racistes qui provoquent en fin de compte la mort de toutes nos valeurs. Il faut réinventer l’interprétation du phénomène libertaire et lui donner la force de respecter d’autres positions. Lorsque des personnages se déclarant solidaires des croyants, ce faisant forts de tolérer d’autres traditions, c’est une première victoire. Par contre la vengeance nous précipite dans l’obscurantisme. Je pense que c’est aujourd’hui d’une importance absolue de ne se pas laisser aller à l’exclusion. J’ai bien peur que cela soit le cas dans les meetings politiques concernant les régionales. Ceux qui sèment la haine semblent avoir le vent en poupe, ce que je trouve déplorable. Le but suprême devrait être la cohésion nationale, non les divisions. De part et d’autre il faudra faire de grands efforts pour ne pas céder à la facilité, comme le préconise le FN. Ce n’est pas en isolant et en excluant les musulmans, que nous vivrons en paix !

pm

http://www.lemonde.fr/attaques-a-paris/article/2015/11/27/on-sent-une-inquietude-qui-monte-une-forme-de-paranoia-dans-la-societe_4819404_4809495.html

Pierre Mathias

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