En ce premier jour de printemps, je regarde par la fenêtre et vois de la neige, de la grisaille et sens un froid de canard, dont je suis épargné. Je suis bien au chaud pendant que j’écris ces lignes et ne peux pas m’imaginer devoir passer mes nuits dans la rue. La Fondation Abbé-Pierre et la Fédération européenne travaillant avec les sans-abris, ont publié le chiffre suivant : sur 220 millions de ménages sur notre continent, 11 millions n’ont pas de logement. Je me frotte les yeux, ne pouvant pas croire que c’est vraiment le cas. La préfecture de l’île-de-France a créé un observatoire francilien, qui déclare que chaque soir qu’il faut trouver un toit pour 100 000 personnes, une augmentation de 50 % en trois ans. Lorsqu’on se dit, que d’avoir de quoi se loger est un droit élémentaire, on doit constater que celui-ci est bafoué. Ces statistiques expliquent en grande partie pourquoi il y a un peu partout au sein de l’UE de la grogne et l’envolée de l’extrême-droite en signe de protestation. Aussi les réticences contre tous ceux qui cherchent un asile sur nos territoires. Comme un journaliste soutenant depuis le début de la migration une politique généreuse d’accueil pour tous ceux qui se sentent politiquement menacés, je dois reconnaître que nous nous trouvons devant un problème de taille. Pour les nôtres qui vivent dans le dénuement presque complet, il doit être difficile d’accepter la générosité que certains États montrent aussi pour ceux qui fuient la misère, sans pour autant être poursuivis politiquement. Que je le veuille ou non, il y a des priorités à respecter. Il faut avant tout essayer de régler le plus rapidement possible le cas de ces 11 millions de sans-abris. Une chose est certaine, le fossé entre les riches et les plus pauvres s’approfondit de plus en plus. Il ne s’agit pas de faire l’aumône, loin de là, mais de donner les mêmes chances aux uns et aux autres Weiterlesen

Ce sont les chiffres connus des sans-abris morts dans les rues de France en 2017. Mais d’après les expériences faites, leur nombre devrait être six fois plus élevé. Bien que le Président de la République ait promis qu’en fin d’année, il n’y ait pour ainsi dire plus personne devant dormi à la belle étoile, 200000 personnes étaient obligées de passer les nuits dehors, peu importe la température. Et ceci pendant que nous sablons le champagne et mangeons du foie-gras. Cette forme de précarité sera de plus en plus répandue, si la société dévore comme jusqu’à présent les plus faibles d’entre-nous. Et dire que ce phénomène touche de plus en plus les couches moyennes. Les gardes-fous afin de ne pas tomber dans un tel trou existent, mais beaucoup de pauvres ont trop de pudeur de demander de l’aide. Le signe que la précarité est considérée par beaucoup comme une honte. Puis il y a le désarroi de tous ceux qui voudraient aider. Il ne suffit pas de faire l’aumône. Ce n’est pas seulement avec de l’argent qu’il est possible de régler ce problème vieux comme le monde. C’est toute une mentalité qu’il faudrait changer. Mais la solidarité ne se réalise pas à coups de décrets. C’est une attitude générale qui découle d’une certaine peur de se retrouver dans une telle situation. Je suis sûr qu’un grand nombre de gens parmi nous, seraient prêts d’apporter de l’aide, mais on préfère jeter son regard ailleurs. La plus jeune victime du froid a été un bébé de huit mois, la plus âgée avait 81 ans. Je ne sais pas que si on ouvrait plus de foyers, si le nombre des personnes concernées diminuerait. Weiterlesen