Lorsque les journalistes parlent de l’État Islamique, ils font en quelque sorte de la pub pour le terrorisme. Ils ont beau le fustiger sous toutes ses formes, mais rien y fait : il est plus présent que jamais. Une chose est claire, les djihadistes sont passés maîtres de la communication. Leur but est de nous faire peur, ce qu’ils ont parfaitement réussi. Ils veulent que dans la rue nous nous retournions constamment. N’y a-t-il pas un terroriste dans la foule ? Ne va-t-il pas jeter une grenade ou se faire sauter ? Leur stratégie meurtrière s’étendra à l’Europe et aux États Unis. Nous devons malheureusement nous attendre à des attentats. Le rôle de la presse est d’en faire part, de nous maintenir éveillé. C’est la raison pour laquelle on ne peut pas parler d’une menace locale. C’est ce qui justifie l’intervention de l’Occident en Irak et en Syrie. D’autant plus que certains fous de Dieu viennent de chez nous. Leur philosophie, s’il y en a une, est le totalitarisme, l’exclusion, le génocide. Une fois de plus la guerre de trente ans nous a rattrapée. Plus question de progrès, de tolérance. De bas instincts reviennent à la surface et empoissonnent le quotidien. Oui, c’est une guerre ! Pas des combats épisodiques. Je pense que ces événements dépassent de loin ce que nous avons vécu depuis 1945. L’idéologie est un fléau qui ne part pas du pragmatisme. Il engendre le fanatisme dans ce qu’il a de plus vil. Il rend mauvais des gens, qui jusqu’alors vivaient en toute légalité. Il rend aveugle. Revenons à la question de quelle manière en parler. Les journalistes doivent relater ce qu’ils observent, condamner une attitude inhumaine. C’est leur rôle. Évidemment ils rendent public les atrocités. En les commentant ils aident en quelque sorte ce régime à se faire connaître, éveillent la peur. C’est le but voulu. Mais comment faire autrement ? Se taire ? Ce n’est pas possible. Je ne vois pas d’autre solution que de parler de l’État Islamique. Il existe malheureusement. En se mettant la tête dans le sable, on résoudra rien !

 pm

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2014/09/26/etat-d-urgence_4494770_3218.html

Pierre Mathias

Le low cost n’est pas du goût des pilotes. Ils craignent avec raison que Transavia France leur offre des conditions salariales et de travail en chute libre par rapport aux acquis qu’ils ont aujourd’hui. L’aviation est en proie à des prix dumpings. Le prix des billets est modique par rapport à hier. S’ils acceptent le compromis, il est à craindre que toute la compagnie réajustera les salaires à la baisse. Humainement l’attitude des grévistes est compréhensible ; économiquement c’est un suicide. Dans la conjoncture actuelle, les sociétés comme Easy Jet ou Ryanair sont en pleine expansion. Elles arrivent de plus en plus à grignoter des parts de marché. Même le monde du business est visé, ce qui pour une compagnie comme Air France est une catastrophe. Il suffit de mettre moins de sièges dans un compartiment et offrir des drinks et un lunch pour que l’affaire soit bouclée et ceci à plus bas prix. Je ne sais pas si les pilotes ont compris ce qui se passe actuellement. Ils risquent de tuer la poule aux œufs d’or. Même si leurs hauts revenus sont justifiés, ils se trouvent à la pointe de la pyramide. En agissant de la sorte, ils mettent en danger le personnel au sol et celui des cabines. Des milliers de familles pourraient être concernées. C’est en outre du poison pour l’économie française. S’en rendent-ils compte ? Je les trouve peu solidaire. Malgré tout cela on ne peut pas leur interdire d’agir de la sorte. Faire grève est un droit élémentaire de la démocratie. J’espère qu’ils reviendront sur leur décision de continuer leur mouvement. Le gouvernement quant à lui ne pouvait pas céder. Il soutient à fond la direction, qui a fait de grandes concessions en se retirant du projet Transavia Europe.

pm

http://www.lemonde.fr/economie/article/2014/09/26/air-france-les-pilotes-grevistes-toujours-mobilises_4494744_3234.html

Pierre Mathias

Une fois de plus bien des personnes sont tentées de faire l’amalgame entre une religion et un mouvement terroriste. N’ont-il pas compris que l’agissement des djihadistes n’a rien à voir avec le Coran. Faut-il le répéter chaque jour ? Ce qui se passe ici n’est pas comparable avec l’attitude de l’église luthérienne allemande, qui était légaliste au temps du troisième Reich. Pour des raisons d’opportunisme elle s’était mise au diapason avec le régime hitlérien. Cela n’a pas été le cas de l’autre mouvance protestante, d’où étaient issus les martyres de la résistance. En ce qui concerne la majeure partie des musulmans, ils condamnent unilatéralement les horreurs commises par le deahs. Ils y voient un affront contre Allah et le prophète. Il est néanmoins de la plus grande importance que la solidarité entre les religions soit la plus active. Je salue toutes manifestations communes où chaque citoyen devrait se sentir concerné. L‘ État Islamique doit savoir qu’il s’isole de plus en plus, que la communauté internationale rejette son fanatisme sanguinaire. Il faut que cela provienne d’une profonde conviction. C’est bien là qu’il y a le problème. L’occident n’a presque plus d’idéaux à proposer. Le matérialisme et l’argent jouent malgré la crise économique les premiers violons. Les fous de Dieu croient pouvoir y faire face en imposant par la violence une morale cousue de fil blanc. Pour faire face au capitalisme bien des jeunes pensent que seul l’extrémisme pourra les délivrer, les émanciper de l’exclusion. C’est une utopie. L’argent corrompt tout autant leurs dirigeants. Leur seul but est le pouvoir. Les djihadistes n’ont-ils pas compris que les émirs se bourrent les poches à leurs dépends ? Peut-être, mais ils ne peuvent plus faire marche arrière. Ce qui se passe là est à des années lumières de l’Islam.

 pm

http://www.lemonde.fr/societe/article/2014/09/25/pourquoi-les-musulmans-devraient-prendre-position-apres-la-mort-d-herve-gourdel_4494554_3224.html

 Pierre Mathias

J’allais écrire un article un peu plus optimiste que d’habitude. La baisse du chômage en France m’aurait donné l’occasion de le faire. Mais un journaliste doit d’être le plus proche de l’actualité, la commenter sur le vif. C’est dans ma voiture que j’ai entendu la terrible nouvelle de l’exécution en Algérie de l’alpiniste Hervé Gourdel. On devait s’y attendre. Le Daesh ne connaît aucune pitié. Il fait régner la haine partout où il se trouve. J’ai de la peine à maîtriser mes sentiments. Je sais que toute vengeance serait condamnable. Qu’il faut garder tout son sang-froid et ne pas employer les mêmes armes que ces fanatiques. Seule la dignité nous permettra de vaincre ce mouvement dévastateur. De belles paroles, mais en tiendront-ils compte ? Ces combattants se sont transformés en assassins et ont perdu toute crédibilité. Ils se disent croyants, mais ne le sont pas. Je n’espère qu’une chose ce soir : qu’il n’y ait ni ratonnade, ni mosquée brûlée. Ne réagissez pas de cette manière, ne répandez pas le sang ! Les Musulmans de France n’appartiennent pas à ce rassemblement de fous-furieux. Ils croient comme nous en Dieu et se sentent horriblement désavoués par de telles pratiques. Allah ne peut pas cautionner de telles débordements. Je souhaiterais que nous nous rassemblions tous, quelle que soit notre religion, pour apporter notre soutient moral aux proches d’Hervé Gourdel. Il est mort par hasard… sans raison personnelle. C’est injuste, c’est déconcertant. Est-il mort pour la France ? Si je le savais ? Mais une chose est sûre : avec de tels individus il est impossible de négocier. Est-ce un appel à la guerre ? Si je le savais !

pm

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2014/09/24/les-ravisseurs-de-l-otage-francais-en-algerie-affirment-l-avoir-decapite_4493626_3212.html

 Pierre Mathias

Je ne peux qu’approuver les frappes aériennes contre l’État Islamique. Ceci parce que je respecte l’Islam et le connais bien. Ces fous de Dieu, comme ils s’autoproclament, bafouent les versets du Coran. Je comprends parfaitement qu’une énorme majorité de croyants rejettent leur attitude. Comment peut-on prendre Allah ainsi en otage ? Pour tout croyant, quelle que soit sa religion, c’est une gifle insupportable. Qui croit en la vie ne peut pas agir comme des nazis. Ce qu’ils font n’est pas différent. L’histoire nous a appris qu’il n’était pas possible dans certaines situations d’appeler à la raison. La réaction du CICR est à mon avis complètement déplacée. La Crois Rouge condamne l’intervention de l’aviation américaine et de certains pays arabes. Et les droits de l’homme ? A-t-on le droit de fermer les yeux, comme des représentants de cette organisation l’avaient fait au camp de Theresienstadt et plus tard à Auschwitz ? Surtout ne pas bouger ! Il en va de la vie des enfants, des femmes, de tous ceux qui ne peuvent pas se défendre. À la moindre résistance on les abat ou on les décapite. La communauté internationale doit intervenir. Les personnes qui prétendent que cela ne nous regarde pas, sont lâches. Toute injustice doit être condamnée, même si cela ne se passe pas sur notre palier. C’est une question de dignité. La Shoa n’aurait pas été possible, si les forces démocratiques avaient agi dès 1933. Elles ne l’ont pas fait, par commodité ! Ne s’agissait-il pas « que de juifs » ? J’ai bien peur que beaucoup d’entre-nous disent aujourd’hui : « Ce ne sont que des Arabes ! » J’en éprouve un certain dégoût.

pm

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2014/09/23/premiers-raids-de-la-coalition-contre-l-etat-islamique-en-syrie_4492482_3218.html

 Pierre Mathias

L’ambiance n’est pas à la valse à Berlin, même si Angela Merkel est tout sourire en recevant le Premier Ministre. Elle a beau dire, qu’elle est admirative devant les efforts fournis par la France pour remonter la pente. Au fond d’elle même, elle n’a pas changé d’un pouce en ce qui concerne les économies. Elle n’a pas non plus développé un programme pour la relance. Statut quo ! Une fois de plus elle se terre dans ses thèses assez simplistes lorsqu’on les analyse. Comment équilibrer un budget lorsque les entrées tarissent de plus en plus. Où faut-il encore se serrer la ceinture ? Elle ne veut pas admettre qu’elle fait l’affaire des extrémistes. Je ne la comprends pas ! Avec sa politique restrictive elle fait le bonheur du FN, qui vit des catastrophes. A-t-elle une vue si restrictive en ce qui concerne l’économie ? Non, elle va dans le sens de son électorat sans avoir une vision d’avenir pour l’Europe. C’est ce que je déplore le plus. Elle aurait pourtant les moyens de bâtir l’histoire. Pourquoi ne le fait-elle pas ? Est-elle trop provinciale pour faire le grand saut ? Un saut que le Général de Gaulle a fait pour la France. Si la politique n’est que du domaine du pragmatisme, elle devient banale. Les visions – contrairement à l’opinion d’Helmut Schmidt – sont des éléments moteurs pour la société. Certes elles peuvent être dangereuses, mais l’inexistant l’est aussi. Dans ces conditions on en gardera pas en souvenir l’action de la Chancelière. C’est plus que regrettable.

pm

http://www.lemonde.fr/politique/article/2014/09/22/manuel-valls-entame-une-visite-delicate-a-berlin_4491657_823448.html

Pierre Mathias

 

Des milliers de manifestants ont défilé dans les rues de Moscou pour condamner la politique expansionniste du Kremlin. Ils la considèrent comme faisant partie du passé. Ce n’est qu’une infime minorité qui est de cet avis. Le rêve de la grande Russie n’est pas nouveau. De Catherine à Lénine en passant par Pierre le Grand, l’expansion a toujours été élément fédérateur. Chaque fois que le peuple souffrait on lui faisait miroité un avenir prometteur. Vladimir Poutine a sûrement eu recours à cette médication pour apaiser les esprits. De la poudre aux yeux ! L’économie bat de l’aile, la précarité n’a pas fait place à la prospérité. Quel serait le moyen pour l’Occident de mettre fin à cette situation qui ne peut qu’empirer ? Je ne crois pas que les sanctions économiques soient efficaces. Lorsqu’un ours est blessé, il devient dangereux. Vouloir le tuer serait de la folie, car nous serions tous entraînés dans un précipice. Personne ne peut souhaiter une guerre mondiale où les armes atomiques seraient employées. Ce serait un suicide. C’est le message des opposants au régime. Dans cette logique, il ne peut qu’y avoir recours à un compromis. Dans un tel cas il faut faire fis de sa fierté. Le seul moyen générateur d’espoir serait d’aider la Russie a se développer, l’obligeant ainsi à coopérer. Je sais, il n’est pas facile de propager de telles paroles. Certains trouveront opportun de rappeler l’après 1938. La situations et les acteurs sont différents, l’histoire ne se répète pas. Essayons tout simplement d’être plus créatif. Mettre de l’huile dans le feu ne peut qu’être destructeur.

 pm

http://www.lemonde.fr/europe/article/2014/09/21/plusieurs-milliers-de-personnes-manifestent-a-moscou-pour-la-paix-en-ukraine_4491526_3214.html

 Pierre Mathias

Marine Le Pen ne s’est-elle pas aperçue que la mondialisation est un fait réel, qu’on ne peut pas la rayer d’un seul coup de crayon ? D’où le ridicule de vouloir quitter l’euro pour retrouver le franc, un franc solide bien évidemment. Avec une monnaie fortement dépréciée nous courrons à la catastrophe. Il serait erroné de croire que notre outil industriel retrouve ainsi sa vigueur d’antan. C’est le contraire qui risque d’arriver : une braderie. Il n’y aurait plus qu’a se servir ! Et après ? Nous pourrions porter notre candidature pour entrer dans le club des pays du tiers-monde. Le FN propage une autre illusion, celle des barrières douanières. La Corée du Nord est un bon exemple. C’est un paradis où chaque citoyen peut s’épanouir en toute quiétude. Un tel système engendre la disette, la pauvreté. Troisième argument contre les têtes de bois du FN. Un pays qui se replie sur lui-même n’est pas en mesure d’évoluer. Le génie français a besoin d’oxygène pour faire des progrès. Et comme Marine le Pen devrait le savoir, seul le progrès est à la base de l’équilibre social. Je pense que les Frontistes s’en lavent plus ou moins les mains. Ils ont beau argumenter contre l’euro, mais il n’arriveront pas à changer les donnes internationales. Tout notre système, qu’on l’aime ou pas, repose sur les échanges et la libre circulation des personnes et des biens. Vouloir contrecarrer des évidences est du bourrage de crâne. Non, c’est seulement avec l’euro que nous pourrons nous en sortir. Et comme nous le savons, l’euro c’est l’Europe !

 pm

http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/09/04/le-front-national-et-la-sortie-de-l-euro-des-simplifications-dangereuses_4481528_3232.html

Pierre Mathias