À nouveau des affrontements entre des migrants et les forces de l’ordre. Toujours le même scénario : des réfugiés essayent de passer en Grande Bretagne, où ils ont souvent des parents qui pourraient les héberger. Que Londres ne voit pas un tel engouement avec joie, est un secret de polichinelle. Bien que les possibilités d’un passage soient limitées, l’espoir règne toujours, ce qui met les autorités dans l’embarras. Comment freiner un tel flux de personnes complètement déstabilisées ? Ce n’est pas en employant la manière rude qu’on obtiendra un résultat. Une fois de plus la preuve qu’il est impératif de régler au niveau européen la question du droit d’asile. La première mesure serait de fixer le contingentement par pays des réfugiés. Il est absolument irrecevable que des pays comme l’Italie, la Grèce ou l’Espagne soient forcés à eux seuls de les héberger parce qu’ils sont la première terre d’asile. Il faudrait aussi leur donner la chance de travailler, de gagner assez pour subvenir à leurs propres besoins. Nous en faisons des assistés. Ce n’est pas étonnant que dans de telles conditions il y ait des jalousies. Pourquoi eux, pourquoi pas nous ? Il est urgent que la Commission élabore au plus vite de nouvelles règles, sinon nous aurons de plus en plus de haine par monts et par vaux. Si des parents habitant en Angleterre hébergent leurs cousins ou nièces en leur donnant de quoi subsister, ce serait préférable que de devoir les soutenir socialement. Maintenant nous avons des personnes campant dans des conditions indignes à proximité de la Manche. Mais soyons lucide. Il a encore des capacités d’accueil en Europe, mais pour combien de temps encore ? Il est tout à fait légitime de mener des enquêtes pour essayer de connaître les raisons d’une immigration sauvage. Souvent elle est d’ordre économiques. Mais il y a aussi la discrimination, comme c’est le cas pour les gitans. Des pays dits démocratiques ne sont pas en mesure de protéger leurs minorités. Ils ferment les yeux lorsqu’il y a violence. Comment les renvoyer dans de telles conditions, comme c’est souvent le cas actuellement ? L’UE se doit de régler tous ces problèmes au plus vite. Sinon il y aura constamment des Calais allez-retour !

 pm

http://www.lemonde.fr/societe/article/2014/10/22/nouveaux-affrontements-entre-migrants-et-policiers-a-calais_4510554_3224.html

Pierre Mathias

L’amitié franco-allemande bât de l’aile. Les politiques financières et économiques sont diamétralement opposées. Paris aimerait donner à la relance un peu d’oxygène en générant des investissements. Mais voilà le hic : avec des caisses vides un tel projet n’est que de la rhétorique. Il faut dans un tel cas aller chercher l’argent ailleurs. La visite de Michel Sapin, le ministre des finances, et d’Emmanuel Macron, son homologue à l’économie, a eu comme but d’inciter Berlin à investir 50 Milliards en France. En retour il serait possible de combler un trou d’une somme équivalente dans le budget 2015. Bruxelles pourrait ainsi le valider. Les 3% d’un nouvel endettement seraient ainsi respectés. Donc un troc ! L’enthousiasme des amis allemands est plutôt limité. On ne pourrait pas leur en vouloir. Mais l’amitié franco-allemande ne permet pas de couacs. Il serait fatal que cette entente s’enlise dans un bourbier. Ce serait la mort de l’UE. Il était donc nécessaire de trouver un mini-terrain d’entente. Les deux pays s’engagent à mettre sur pied un programme de relance. Il devrait – telle la déclaration des ministres – être des plus précis. Wolfgang Scheuble et Sigmar Gabriel ont fait un pas en avant qui pourrait être une correction de la politique de rigueur, le cheval de bataille de la Chancelière. Les deux ministres ont été mis devant des faits accomplis et ont dû reconnaître que sans un apport effectif de la République Allemande, la zone Euro menacerait de s’écrouler. Il n’est jamais trop tard pour bien faire. Nous avons bien sûr tous intérêt de voir un certain équilibre budgétaire, mais il ne doit pas avoir l’effet du chloroforme. Notre système est bâti sur l’offre et la demande. Il implique un échange continuel sans lequel nous ne pouvons pas subsister. Le rôle des États est d’investir quand la mécanique donne des signes de faiblesse. C’est la cas aujourd’hui. Au nom de l’Europe il est indispensable de faire redémarrer l’outil industriel. Espérons que cet espoir ne sera pas étouffé par le dogmatisme. Ce dernier est du poison pour la marche des affaires. Tout le monde devrait le savoir !

pm

http://www.liberation.fr/economie/2014/10/20/france-et-allemagne-se-relancent-avec-un-mini-pacte_1126013

Pierre Mathias

N’en déplaise à tous ceux qui placent l’Allemagne sur un piédestal pour ainsi dire inatteignable : comme en France il y a aussi des grèves qui paralysent tout le pays. Je pense que la réalité est la même partout lorsqu’il s’agit de revendiquer plus de justice sociale. Ceux qui parlent constamment du miracle allemand sont aveuglés par la force de frappe de l’industrie. Ils évitent de jeter un coup d‘œil du côté des ouvriers ou des petits employés. Ils seraient étonnés de constater que les salaires ne sont pas égaux à la vitalité affichée par les barons de l’économie. Ils sont dans bien des cas inférieurs à ceux des Français. Lorsqu’on nous dit qu’il faut à tout prix suivre leur exemple, l’analyse est incomplète. Certes les chiffres parlent pour eux et ceci malgré un ralentissement de la conjoncture. Vu de l’extérieur, l’excédent dû aux exportations a été jusqu’à ce jour impressionnant. Elles sont en aucune commune mesure avec la situation des ménages. C’est là qu’un observateur peut observer des disparités. Pendant des décennies les forces vives de la nation n’ont pas été récompensées à leur juste mesure. Il y a un grand déficit qu’il faudra rattraper si on veut éviter plus de grèves. Les gens ne sont plus d’accord de faire constamment des sacrifices. Je crois que c’est une explication des grèves des cheminots, d’une part, des pilotes, de l’autre. Même si les différences salariales sont énormes entre eux, le message est identique. C’est un appel à plus d’équilibre entre le personnel et les actionnaires. Ces derniers sont presque toujours avantagé. Même lorsque les entreprises sont obligées de mettre à la porte des milliers de travailleurs, les actions montent souvent. Toutes mesures d’économie au détriment du personnel reçoit l’assentiment de la bourse. Ce n’est pas seulement un phénomène allemand, mais il dérange lorsque l’économie en général se porte bien. Non, les grèves ne sont pas un caprice, elles sont la preuve qu’il y a un profond malaise. C’est l’enseignement que j’en tire.

pm

http://www.liberation.fr/monde/2014/10/20/les-transports-perturbes-par-les-greves-en-allemagne_1125743

Pierre Mathias

Dans un entretien au Journal du dimanche Martine Aubry prend position pour les frondeurs, tous ceux qui critiquent les réformes économiques du gouvernement. Des socialistes qui voient avec appréhension les conséquences de la rigueur budgétaire. Ce n’est pas en réduisant seulement les charges des entreprises qu’on pourra entamer la relance. À ses yeux il faut augmenter le pouvoir d’achat des ménages. Dans ce point bien précis je ne peux que l’approuver. Mais cela ne pourra pas se passer à coup de subventions. Sans une industrie qui fonctionne bien, le marasme restera fortement ancré dans notre société. Martine Aubry reprend les schémas du passé lorsque l’économie était axée sur la croissance. Elle semble oublier que les caisses sont vides ! Je sais, la vérité est à peine digestible. Il faudrait avoir enfin le courage de dire ouvertement ce qui se passe effectivement. Si l’argent à investir a pour but de rénover un outil industriel vétuste, je ne peux que l’approuver. Mais si il devait encourager l’assistanat, je ne l’accepterais pas. Ce n’est pas en élevant les allocations que le pays se remettra. Contrairement au maire de Lille, je suis d’avis qu’il faut réformer de fond en comble la caisse chômage. L’argent économisé devrait plutôt être investi dans la formation, dans la création d’emplois. Dans ma région je connais grand nombre de personnes qui se complaisent dans l’inactivité. Elles se sont adaptées à une certaine précarité et ne cherchent pas à travailler. Je ne veux en aucun cas démonter le service social, mais je condamne les abus. Dans la situation actuelle, je ne vois pas où on pourrait encore économiser. Tant que des millions de personnes ne peuvent plus payer des impôts, il ne faut pas attendre de miracles. C’est la raison pour laquelle l’expansion est vitale. Martin Schulz, le président du parlement européen, exige avec raison que les gouvernements fassent tout pour investir dans l’avenir. Les économies sont certes nécessaires, mais elles peuvent étouffer la poule aux œufs d’or !

 pm

http://www.lemonde.fr/politique/article/2014/10/19/martine-aubry-appelle-a-une-reorientation-de-la-politique-economique_4508604_823448.html

Pierre Mathias

Une fois n’est pas coutume : l’OCDE ne casse pas du sucre sur le dos de la France. Elle trouve les réformes encourageantes et parle même d’une croissance de 0,4%. François Hollande en a bien besoin. Depuis qu’il est à l’Élysée il se bat contre des chiffres qui ont tout lieu de le déprimer. Il est clair que le chantier amorcé ne peut porter des fruits que dans la durée, le temps de balayer la gauche de l’échiquier politique. Il n’avait vraiment pas le choix. De plus il y a l’intransigeance de Madame Merkel, qui ne jure que par les économies budgétaires. Dans de telles conditions une relance est un exercice presque impossible à mettre sur pied. Sans argent, pas d’investissements, sans investissements, une perte d’emplois. Le système capitaliste exige de ses protagonistes qu’ils fassent des dettes pour générer des profits. Un cercle vicieux lorsque les finances d’un État sont dans le rouge. Plus de chômeurs, moins de recettes fiscales. Cette logique paralyse la France. Tout plan d’équilibrage ne peut qu’échouer dans de telles conditions. N’en déplaise à la Chancelière, il faut à tout prix relancer l’outil industriel de la France. Mais là aussi il y a des obstacles à franchir. Les entreprises n’ont pas investi assez dans la recherche. Leur trésorerie ne l’a pas permis. Si on veut vendre, il faut être à la pointe de l’innovation. Je crains fort que dans ce domaine il y a bien du terrain à rattraper. Cela prendra des années. Un personnel de pointe ne se forme pas sur un coup de baguette magique. Sans argent cela me paraît difficile. Je souhaiterais que l’OCDE puisse convaincre les apôtres de l’austérité que leur chemin mène tout droit dans un cul-de-sac. Peut-être est-il avantageux que la conjoncture allemande soit à la baisse. Pour éviter un dérapage, les patrons réclament des mesures d’investissements. Peut-être bien qu’il sera inévitable d’abandonner certains dogmes pour faire redémarrer l’économie. Pour la France cela pourrait avoir un effet positif.

 pm

http://www.liberation.fr/economie/2014/10/17/l-ocde-se-fend-d-un-encouragement-a-la-france_1124357

Pierre Mathias

Même si Vladimir Poutine le voulait, il ne pourrait pas faire marche-arrière en ce qui concerne le conflit ukrainien. Il en est de même pour les occidentaux. À Milan il y a eu certes des rencontres entre tous les protagonistes de cette triste histoire, mais que faire lorsqu’une situation s’enlise à ce point ? Créer un État libre ? Je ne crois pas que cela pourrait changer grand chose. L’atout dépasse de loin cette région. Il en va – comme pendant la guerre froide – de l’hégémonie en Europe. Après la chute du mur de Berlin la Russie s’effrita. Les structures jusqu’alors assez solides s’écroulèrent comme un château de cartes. Une certaine anarchie s’institua. L’occasion pour certaines républiques – comme l’Ukraine ou les pays baltes – de prendre le large. Au sein même de la Russie une résistance islamique crée des troubles et commet des attentats. Vladimir Poutine se devait de freiner une évolution qui aurait mené le pays à la ruine. Il se devait de redonner au Kremlin la puissance nécessaire pour redresser la situation. Cela ne pouvait que se réaliser avec une poigne de fer. Cela explique pourquoi Poutine agit de la sorte. C’est avant tout une affaire intérieure. S’il avait été faible, la Russie aurait probablement sombré dans le désordre. Tout cela ne justifie pas l’agression menée contre l’Ukraine mais permet de mieux comprendre ce qui se passe. Dans un tel contexte je vois mal quelle solution pourrait être la bonne. Ne nous faisons pas d’illusions, revenir en en arrière n’est plus possible. Les territoires de l’Est sont définitivement perdus pour le gouvernement de Kiev. Devrons-nous vivre avec un statu quo ? Je le crains. Les armes ont parlé et une fois de plus imposé une solution bancale. Un bras de fer entre l’Est et l’Ouest serait la plus mauvaise alternative parce qu’elle aboutirait dans un bourbier. D’autre part nous ne pouvons pas accepter un tel rapt. C’est une question de morale politique.

pm

http://www.lemonde.fr/europe/article/2014/10/17/discussion-et-divergences-persistantes-entre-merkel-et-poutine_4507760_3214.html

Pierre Mathias

Un grand nombre de femmes travaillent en Asie six jour sur sept. Douze heures de labeur quotidien pour un salaire de misère. En 2013 le salaire moyen au Cambodge d’une ouvrière du textile est passé à 100 dollars par mois. Les conditions de travail sont désastreuses : guère de place, une chaleur accablante, des sanitaires pour ainsi dire inexistants. Il ne s’agit surtout pas d’aller aux toilettes, interdiction de parler. Constamment des réprimandes et des injures de la part des capos. La situation ressemble à celle des camps de concentration. Les femmes sont traitées comme du bétail. Elles doivent fonctionner et si ce n’est pas le cas, on les jette à la rue. Une porte ouverte à la précarité, à la faim, au déshonneur. Et ceci afin que nous puissions porter des fringues à bas prix. Cela concerne aussi des habits de luxe. Beaucoup de gens en sont conscients mais ne savent pas comment procéder. Faut-il refuser d’acheter certaines marques ? Ce boycotte me semble bien aléatoire, car ce genre de pratiques est généralisé. Le capitalisme pur et dur ne fait pas halte devant l’éthique. Seule la rentabilité compte. Il y a bien eu des réflexions après l’effondrement d’une fabrique au Bangladesh. Aurait-il fallu fermer définitivement toutes ces usines ? La population aurait souffert encore plus. Il y a bien eu des corrections sur le papier, les maisons-mères se sont engagées à respecter les règles d’éthique, mais le profit a repris le dessus, semble-t-il. Il est évident que tout contrôle est très difficile à appliquer dans des pays où l’infrastructure est défectueuse. Appeler la population à faire grève me semble être plutôt ardu. Il s’agit pour elle de survivre. Plutôt travailler pour une bouchée de riz que de n’avoir rien du tout. Les ouvrières seront exploitées tant qu’un grand nombre de candidates se masseront aux portillons. Pour une femme renvoyée, d’autres accepteront de se faire exploiter. Tant que la misère paralysera l’économie de ces pays, il n’aura pas d’espoir en ce qui concerne une amélioration de la situation sociale. Même en Chine ou tout boom, les salariés vivent au seuil de la précarité. Et nous ? Nous sommes bien forcé de nous habiller !

pm

http://www.liberation.fr/economie/2014/10/16/moi-chantan-ouvriere-textile-au-cambodge-12-heures-par-jour-6-jours-sur-7-sans-conges-payes_1122334

Pierre Mathias

Ségolène Royal a parfaitement raison de fustiger les sociétés autoroutières et de réclamer une majoration de 10%. Je souscris également à l’idée de la gratuité en fin de semaine. Les sommes investies pour la construction des routes sont pour la plupart en train de s’amortir. Bien sûr, il y a constamment des travaux, mais ils ne justifient pas le prix élevé des taxes perçues. La concurrence n’a pas eu de résultats tangibles. Je n’ai que le choix de me rabattre sur une nationale lorsque je me rends de a à b. À ma connaissance il n’y a pas d’autoroutes parallèles. J’ai toujours été contre la privatisation de biens publics. Je considère que l’homme a le droit élémentaire de consommer de l’eau, d’être mobile ou d’avoir un toit sur la tête. Au début tout semble tentant. En ce qui concerne les autoroutes l’État a pu économiser de grandes sommes, mais il a perdu du même coup toutes prérogatives malgré les contrats signés. Qui paie à la priorité. Je ne sais pas comment les automobilistes peuvent s’en tirer financièrement lorsqu’ils sont obligés pour des raisons professionnelles de faire des navettes. Leurs entreprises peuvent contribuer aux frais, mais ne nous faisons pas d’illusion : l’argent dépensé sera récupéré ailleurs. Je pense que le système de la vignette serait le mieux adapté économiquement. Peut-être faudrait-il l’exiger pour toutes les routes, comme le Ministre allemand des transports l’a proposé. Ce qui a été très critiqué au sein de la coalition ! Ce n’est peut-être pas si sot. Cela permettrait d’investir de l’argent dans tout le réseau routier. Mais je ne me fais pas d’illusions, un tel projet n’a aucune chance de passer. Les erreurs qui ont été faites, comme pour l’eau par exemple, ne peuvent plus être corrigées. Les actionnaires des compagnies ne voient pas la raison de sacrifier la poule aux œufs d’or. Un rachat de la part des collectivités serait un suicide financier. Ne nous faisons pas d’illusions : les multinationales sont gagnantes sur toute la ligne !

pm

http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2014/10/14/l-etat-peut-il-renegocier-ses-contrats-avec-les-societes-d-autoroute_4506080_4355770.html

Pierre Mathias