L’église catholique est forcée de revoir sa copie en ce qui concerne la politique familiale. De plus en plus de croyants ne veulent plus qu’on leur dicte leur comportement. Ils reprochent avant tout au Vatican de vivre dans le passé. Interdire à des divorcés de se remarier à l’église ne semble pas justifié. Il en est de même pour la contraception ou pour le mariage pour tous. Il est clair que l’idéologie n’a guère évolué depuis des décennies. C’est la raison pourquoi le Pape François a appelé les évêques a se poser la question fondamentale : celle de savoir si c’est possible d’allier les règles dogmatiques aux impératifs de la vie actuelle. Il est évident qu’il ne serait pas opportun de tout remettre en question. Ce serait rejeter les lois bibliques. Même les plus progressistes des participants ne peuvent pas dépasser certaines limites, faute de renier tout. Lorsqu’on critique le conservatisme du Saint Siège, il faut le situer dans son contexte. La croyance ne peut pas être mise en doute ; il faut donc l’accepter comme elle est, diront les intransigeants. Même si je rejette certaines règles que je qualifierais d’intolérantes, je ne vois pas comment sortir de ce dilemme. On ne peut pas faire une petite concession par ci, par là. Tout l’édifice menacerait de s’écrouler. Je pense que le meilleur moyen est de vivre sa vie comme on l’entend sans prendre en compte certaines règles astreignantes. Vouloir transformer l’édifice d’une manière fondamentale est à mes yeux une utopie. Personne est forcé de suivre les préceptes de l’église. Cela n’empêche pas de croire. Je ne pense pas que des solutions seront trouvées pour satisfaire une grande majorité de personnes. Mais il est aussi clair que le Vatican et l’église toute entière doivent faire évoluer la foi. Les découvertes scientifiques ne peuvent pas être ignorées. Je comprends que certains cherchent leur salut dans un dogme obtu même si je le condamne. Il écarte toute réflexion, ce qui pour la famille est du poison.

 pm

http://www.lemonde.fr/europe/article/2014/10/14/un-esprit-d-ouverture-souffle-sur-l-eglise_4505896_3214.html

Pierre Mathias

Bas les pattes, Emmanuel Macron ! Qui s’attaque à l’assurance chômage s’attire les foudres d’une grande partie de l’électorat de gauche. C’est le dilemme dans lequel se trouve le gouvernement Valls. Il est évident que le déficit actuel ne peut pas se perpétuer ainsi. Qu’on le veuille ou non, il faudra faire des économies. Si l’industrie était en plein boom il serait plus facile de demander aux chômeurs de se serrer un peu plus la ceinture. Mais que faire dans une période de récession où un grand nombre d’emplois disparaissent ? « Ils n’ont qu’à aller travailler ! » Cet argument ne tient plus le cap. D’autre part il n’est pas non plus raisonnable d’en faire des assistés. Le travail doit être mieux rémunéré que les aides sociales. Lorsque des personnes se complaisent dans l’inactivité, c’est du poison, tant du point de vue économique que politique. Le Président aura beau ménager la chèvre et le chou, il faudra bien qu’il prenne des résolutions qui ne peuvent qu’être douloureuses. En Allemagne Gerhard Schröder n’a pas hésité de restreindre les allocations, de mettre sur pied un système restrictif qui a pour but de lutter contre la fraude. Pour plus de clarté, il a mis toutes les prestations dans un seul paquet. Cela a provoqué une certaine précarité. L’argent que les intéressés reçoivent est bien plus restreint qu’en France. Comment vivre avec 391,00 € par personne et par mois ? Plus le loyer. Pas de quoi pavoiser. Pour compenser cela, des emplois sous-payés ont été créés. Ce n’est qu’en 2015 qu’il y aura un salaire minimum de 8 € 50 brut par heure. Pas de quoi festoyer mais c’est mieux que 3 ou 4 €. Je ne vois pas comment imposer en France une telle politique. Mais cela a été efficace pour les mieux nantis. Ce n’est pas sans raison que l’Allemagne a assez bien passé le cap de la crise monétaire de 2008. Il est intéressant d’observer que la plupart des citoyens qui se plaignent que tout va mal, poussent des cris lorsqu’on veut s’attaquer à leurs privilèges. Pas étonnant qu’on cherche à garder le statu quo. Et les réformes ? C’est aux autres de casquer !

http://www.liberation.fr/economie/2014/10/12/macron-sans-tabou-sur-l-assurance-chomage_112040

Pierre Mathias

Vladimir Poutine a ordonné le retrait des troupes russes à la frontière ukrainienne. S’agit-il d’un revirement de politique ou une prise de conscience due à des impératifs extérieurs ? Je penche pour la deuxième thèse. Je crois que la croisade de l’IS y est pour beaucoup. N’oublions pas que la Russie est aussi composée de républiques avec une population musulmane. La Tchétchénie est un terreau assez fertile pour l’islamisme clandestin. Bien combattants viennent de là et ne connaissent aucun pardon. Il suffit d’une étincelle pour attiser la violence en Russie. Le Président en est parfaitement conscient. Avec l’Ukraine et l’UE il a intérêt de s’arranger afin de pouvoir lutter contre ces fous de Dieu, que ce soit en Syrie ou ailleurs. Il en va de l’intégrité de son pays. La Russie ne peut pas rester indifférente en ce qui concerne l’extension du Califat. Ce qui se passe ces dernières semaines pourrait bouleverser toutes les données géopolitiques. Contrairement à l’Ukraine qui est pauvre, il en va au Proche et au Moyen-Orient des ressources pétrolifères. Si Poutine ne participait pas à la coalition, il pourrait en tirer dommage. Il est dans son devoir de tout faire pour arrêter cette hémorragie pour enrayer ce fléau. Petro Porochenko, le président ukrainien, peut s’estimer heureux de pouvoir probablement s’en tirer à si bon compte. Dans la situation actuelle je ne vois pas d’autres solutions pour les parties concernées que de négocier un compromis. Cela reviendrait à dire que la lutte contre le terrorisme a la priorité absolue. Il serait bon que dans de telles conditions l’Europe fasse tout pour renouer des rapports normaux avec le Kremlin. Ceci bien sûr sans se désavouer. Mais seul le pragmatisme pourra nous sortir d’une situation qui me paraît aujourd’hui bien compromise, car le fanatisme est en jeu. Ne nous faisons pas d’illusions, nous avons besoin de la Russie pour nous en tirer. Que cela nous plaise ou non !

http://www.lemonde.fr/europe/article/2014/10/12/poutine-ordonne-le-retrait-des-troupes-russes-a-la-frontiere-ukrainienne_4504809_3214.html

Pierre Mathias

Ce n’est guère réjouissant, l’agence de notation Standard & Poor’s tire à boulets rouges contre le budget de 2015. Il ne le trouve tout simplement pas à la hauteur de la situation critique dans laquelle se trouve la France. Avec un déficit de 4,3% on est loin du résultat escompté de 3%. Le président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, trouve la France frileuse en ce qui concerne les réformes. Quant à Madame Merkel elle campe sur ses positions: la rigueur. C’est là qu’il y a désaccord. Le gouvernement français aimerait probablement faire plus, mais ce serait politiquement un suicide. Il n’a pas pu convaincre les citoyens de la nécessité de se serrer la ceinture et de faire encore plus de sacrifices. La plupart des gens ont l’impression que l’UE fait tout pour saborder la France. L’aversion envers Bruxelles augmente de plus en plus. À leurs yeux, c’est la Commission qui est en partie responsable de la situation. Bien sûr aussi l’arrogance de l’Allemagne. Les citoyens partent du principe qu’ils ne sont pas à l’origine du marasme actuel. C’est leur trait de caractère. Je les vois mal faire des sacrifices identiques à ceux que Gerhard Schröder a fait subir à son pays. L’agenda 2010 était une potion très amère. Les plus démunis ont dû casquer et se sont retrouvés au seuil de la misère. Il n’y a pas eu d’émeutes, tout au plus quelques manifestations. Ce ne serait pas le cas en France. Tout gouvernement hésiterait à aller aussi loin, car cela pourrait faire éclater une révolution égale à 1968. Une fois de plus le Président préfère traîner un boulet derrière lui. Tout ce qui arrive est du goût de Marine Le Pen. Si cela continue ainsi, ses chances augmenteront de jour en jour. Bruxelles ferait bien d’y songer. Si la France vacillait du point de vue politique, ce serait un désastre bien plus grand qu’un budget déficitaire. Je pense que les responsables feraient bien d’y songer.

pm

http://www.lemonde.fr/economie-francaise/article/2014/10/11/standard-poor-s-bruxelles-le-budget-de-la-france-sous-le-feu-des-critiques_4504572_1656968.html

Pierre Mathias

Je suis heureux que le prix Nobel de la paix soit décerné à deux activistes luttant pour le droit des enfants. En particulier l’engagement de Malala Yousafzai m’inspire le plus grand respect. Cette jeune Pakistanaise de 17 ans a lutté au prix de sa vie pour que les enfants puissent aller à l’école, quel que soit leur sexe. Cela n’a pas été du goût des Talibans qui ont essayé de la tuer. Malgré ses blessures à la tête, elle a pu survivre. D’autres qu’elle auraient été intimidés et se seraient retirés du devant de la scène. Cela n’a pas été son cas. Elle est plus active que jamais et milite pour plus de justice. J’admire son attitude tout en me posant la question si dans un tel cas, j’aurais eu le courage de continuer à lutter. Nous avons définitivement besoin de telles personnes à une époque où l’indifférence due au matérialisme devient de plus étouffante. Elle pourrait être un exemple pour tous ceux qui se plaignent et restent les bras croisés. Tous ceux qui ont peur d’élever leur voix par crainte de perdre leur job. Malala Yousafzai me donne la force d’espérer de croire encore un peu à l’humanité malgré les horreurs commises pas l’IS. Elle nous somme tous de sortir de notre léthargie, de monter sur les barricades. En observant son action, je me rends compte à quel point nous sommes tous frileux. Nous pensons avant tout à notre confort. Surtout ne pas provoquer! Et pourtant nous aurions la possibilité de faire bouger les choses. Les discussions style « Café du Commerce » n’apportent rien si elles ne sont pas suivies de faits. Refaire le monde autour d’une table d’un bistrot est un exercice certes convivial, mais sans effet. Si quelque chose nous gêne, il faut avoir le courage de le dire et de mettre en marche un processus ayant comme but plus de justice. C’est ce que Malala Yousafzai fait. Rarement j’ai trouvé qu’un prix Nobel de la paix soit aussi mérité.

 pm

http://www.lemonde.fr/prix-nobel/article/2014/10/10/le-prix-nobel-de-la-paix-decerne-a-malala-yousafzai-et-a-kailash-satyarthi_4504111_1772031.html

Pierre Mathias

Les élèves modèles de la zone euro risquent de se trouver bientôt avec le bec dans l’eau. L‘ Allemagne de Madame Merkel ne peut plus afficher des chiffres en constante croissance. Les exportations ont pris du plomb dans l’aile. La situation politique en Ukraine, dans le Proche-Orient ou ailleurs est tellement tendue que plus personne ne songe à prendre des risques. La preuve que le gouvernement fédéral doit revoir sa copie. En étant trop stricte par rapport aux économies budgétaires, le marché intérieur de l’UE ne peut plus faire office de régulateur. Nous avons affaire à des pays plus ou moins ruinés où le chômage atteint des chiffres épouvantables. Toute une génération de jeunes a été sacrifiés au nom d’une certaine éthique financières. Maintenant nous payons tous les pots cassés. Trop de prudence dans ce cas-là a eu des effets pervers. La République Fédérale qui exportait des voitures, des machines ou d’autres biens de consommation en Grèce, en Espagne ou en Italie doit constater un recul énorme des commandes. Où prendraient-ils l’argent ? Que faut-il faire ? Il est grand temps de remettre le marché européen sur les rails. Ceci ne peut que se faire en investissant des sommes considérables dans l’infrastructure industrielle. Les entreprises doivent avoir la possibilité d’emprunter de l’argent à des conditions avantageuse. Grâce à son Président Mario Draghi la BCE a mis sur place une politique allant dans ce sens. Ce qui n’était pas du goût de la Chancelière. Mais il faut aussi redonner à tous ceux qui ont perdu leur travail un emploi leur permettant de consommer. Je ne suis pas naïf au point de croire que cela se fera sur un coup de baguette magique, mais il faudrait absolument réintégrer ces personnes au plus vite. Sinon on pourrait connaître des lendemains peu enchanteurs. Plus cela va mal, plus les populistes se frottent les mains. Leur rendre un tel service est irresponsable. J’espère que l’amorce d’une crise en Allemagne fera réfléchir tous ceux qui ne voient que la rigueur comme solution.

pm

http://www.liberation.fr/economie/2014/10/09/allemagne-plus-fort-recul-mensuel-depuis-janvier-2009-des-exportations_1117923

Pierre Mathias

Afin qu’on se comprenne bien : je suis le premier à exiger une rigueur budgétaire et ai salué les mesures que le gouvernement Ayrault a mis en route pour réduire les déficits. J’ai incité mes amis politiques à faire des efforts supplémentaires concernant les charges sociales. J’ai même pris le risque d’expliquer la démarche de Madame Merkel. Probablement je l’ai cru lorsqu’elle prétendait que la croissance dépendait de l’équilibre des finances de l’État. J’en suis revenu ! Toutes les mesures prises n’ont pas donné l’élan qu’on était en droit d’attendre. Au contraire. Et maintenant c’est Bruxelles qui perd patience. Les fonctionnaires de la Commission n’ont-ils pas compris que la causa Merkel débouche sur un cul-de-sac ? Je m’efforce de répéter que sans une économie dynamique il n’y a aucun espoir. Non, il est impossible d’exiger plus de la France. Ce qui se passe actuellement est de l’eau sur le moulin de Madame Le Pen. N’en déplaise aux autres pays qui ont maîtrisé la crise, il est impossible de faire des comparaisons. Nous n’avons pas affaire à la Lituanie mais à un grand pays de la zone euro. Il doit être dans l’intérêt de tous qu’il y ait un revirement. Je pense que ce qui manque le plus est la solidarité et le bon sens. C’est ce qui semble manquer le plus chez la Chancelière. Elle campe sur ses idées comme si c’était l’Évangile. Elle en retire peut-être momentanément un certain profit, mais qu’en sera-t-il demain ? Je crains qu’elle manque de visions. Pour construire l’Europe nous avons besoin d’une politique commune et solidaire. L‘ Allemagne a vécu cela avec la réunification. De gros sacrifices ont été faits, ce qui à mes yeux est tout à fait naturel. La même chose devrait se passer entre les pays de l’UE.

 pm

http://www.lemonde.fr/politique/article/2014/10/07/les-trois-scenarios-de-la-bataille-budgetaire-entre-la-france-et-l-europe_4502099_823448.html

Pierre Mathias

J’ai beaucoup d’admiration pour les étudiants qui luttent pour la démocratie à Hong Kong. L’histoire nous a démontré que les Chinois n’y vont pas par quatre chemins lorsqu’on a « le toupet » de leur tenir tête. Que ce soit à Pékin ou au Tibet, la répression a été terrible. Cela devrait nous inciter à la réflexion. Lorsque nous nous plaignons de l’état des lieux, il serait opportun de se souvenir quel a été le prix de notre liberté. Des millions de personnes y ont laissé leur vie. Ceci pour un idéal ! Je pense que beaucoup d’entre-nous l’ont oublié. Que demandent les jeunes ? Tout simplement d’avoir voix au chapitre lorsqu’il est question de leur avenir. Ce ne sont pas les autocrates qui les encourageront à prendre eux-mêmes les choses en main. La dictature ne supporte pas l’initiative personnelle. Elle veut pouvoir tout réglementer et s’insère d’une manière insupportable dans la vie privée des uns et des autres. Il y a probablement en Chine aussi des résolutions qui ne sont pas forcément négatives. Mais elles appellent à la soumission. C’est exactement ce que les manifestants refusent de faire. J’ai bien peur que beaucoup de citoyens – aussi des jeunes – voteront « populiste » dans l’espoir de remettre leur destinée entre les mains de « grands timoniers ». Ce serait un retour en arrière. À mes yeux la perte de toute identité. Reviendrait-on à un passé pas si éloigné ? Serait-on prêt à sombrer dans le totalitarisme par simple confort ? Les jeunes de Hong Kong veulent le contraire. Ils veulent garder l’initiative au lieu de s’en remettre au dirigeants. Certes une position pas toujours commode, mais plutôt cela que de se transformer en mouton ! Au nom de tous ceux qui ont lutté pour la liberté, de Jean Jaurès au Général de Gaulle, prenons notre courage à deux mains et rejetons tout fléchissement de notre part. Liberté, égalité, fraternité… ce ne sont pas des mots sans contenu, au contraire !

 pm

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2014/10/06/tant-qu-il-y-a-du-monde-on-va-continuer_4501368_3216.html

Pierre Mathias