Angoisse chez beaucoup d’étrangers, notamment chez les sans-papiers aux États-Unis. À l’instar de la Gestapo, il y a des descentes de police qui ont pour but leur déportation. Même s’ils vivent déjà depuis des années aux USA, ils peuvent être renvoyés séance-tenante. Mais où ? Souvent les liens avec leurs nations d’origines ont été rompus. Ils sont des traqués, des personnes ayant perdu leur identité d’origine, ayant adopté celle du pays, qui refuse de les accueillir. J’essaie de me mettre à leur place, à réfléchir au marasme dans lequel ils se trouvent. Donald Trump dit vouloir combattre la criminalité en combattant « l’immigration clandestine », mais en fait il s’agit avant tout de racisme, la plupart des personnes concernées étant de couleur. Il sait que de telles mesures sont du goût de certains citoyens, qui aimeraient pratiquer le lynchage, si la loi leur permettait, des négriers dans l’âme, des personnes frustrées, croyant que leur médiocrité est due aux étrangers qui leur raflent les moyens de vivre décemment, disent-ils. Ce genre de réactions caractérisent l’attitude des électeurs de Trump, celle d’une Amérique revancharde, qui se targue avoir des droits particuliers parce qu’elle est de race blanche. Le président récoltera des applaudissements de sa part. Je suis offusqué par de telles réactions, mais elles sont malheureusement « humaines ». Je suis persuadé que si de telles mesures étaient pratiquées en Europe, elles rencontreraient l’aval de bien des citoyens. Nous nous trouvons à nouveau dans une époque, où la chasse aux sorcières est à nouveau de mise.

Je tiens à faire le lien entre l’exclusion pratiquée par des personnes animées par la haine et le 14 juillet, qui prône l’émancipation, le droit à la vie des hommes et femmes de toutes origines. Au cours de cette journée de fête nationale, il serait opportun de penser au droit à la liberté, de tous ceux qui sont oppressés. Mais il est un fait que « la colère populaire » se dirige constamment contre les plus faibles, comme ceux qui craignent être expulsés aux USA. J’éprouve personnellement de la honte quand je vois à quel point je suis passif par rapport à de telles injustices. On a beau déclarer que les clandestins ne s’en tiennent pas aux lois – ce qui est strictement exact lorsqu’on se basent sur elles -, mais est-il légitime de les plonger dans le désespoir le plus complet ? De se conduire comme des rapaces ? De se venger sur tous ceux qui n’ont pas la force de se défendre ? Moi qui croyait que les États-Unis étaient une terre d’accueil, je dois déchanter. Mais il en est de même autour de moi, où l’intolérance gagne du terrain. Il ne sert à rien de condamner l’attitude raciste de Donald Trump, si on ne nettoie pas ses propres écuries. Je ne peux que citer le pogrom qui a eu lieu à Chemnitz, où une horde de néonazis a molesté des gens de couleur, a attaqué un restaurant juif. Pour moi il ne fait aucun doute, que le président est aussi à l’origine de tels mouvements de haine. Au lieu de condamner la violence, il l’attise en se taisant. Si pour lui de tels éléments sont aussi des gens honorables, il ne faut pas s’étonner, que les exclus soient soumis à des violences. Le message qu’il nous transmet aujourd’hui est une honte, un déni complet de l’amour du prochain. Ce qui se passe en ce moment est une honte !

pm

https://www.nouvelobs.com/monde/20190714.AFP0481/des-milliers-de-sans-papiers-aux-etats-unis-dans-l-angoisse-de-l-expulsion.html

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