L’Allemagne a engagé un bras de fer envers les pays, dont la France, avec qui elle produit des armes et qui se plaignent amèrement qu’il y ait pour l’instant un stop en ce qui concerne l’exportation d’engins de guerre, notamment à l’Arabie Saoudite. Le gouvernement a prolongé hier de six mois cet embargo. Il est en vigueur depuis le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi. Cela a provoqué l’ire, notamment du ministre des affaires étrangères britannique, qui dans une lettre à Heiko Maas en février, a accusé Berlin de manque de loyauté. Mais aussi la France est irritée. Anne-Marie Descôtes, l’ambassadrice de France en Allemagne, a aussi critiqué l’aspect imprévisible de la politique à ce sujet. Le porte-parole du gouvernement allemand Steffen Seifert a déclaré : « L’Allemagne va s’employer dans ses consultations avec ses partenaires à ce que les équipements militaires produits en commun ne soient pas utilisés dans la guerre au Yémen  et ce pendant neuf mois », jusqu’au 31 décembre 2019. Depuis 2015 il y a plus de 10.000 morts au Yémen, dont un nombre considérable d’enfants. La disette fait ce que les armes ne font pas, elle tue quotidiennement un nombre non négligeable de personnes. Vouloir empêcher que les engins de guerre ne soient pas utilisés dans des conflits tient de l’utopie. À quoi bon acheter des armes qui ne serviront pas ? Ne seraient-elles que présentées dans des défilés ? Ridicule !

Si les Allemands étaient conséquents ils n’exporteraient plus aucune arme, d’autant plus si ils craignent que ces-dernières puissent être utilisées pour mater la propre population en cas de révolte. Il s’agit ici de chars d’assaut livrés à Riyad et aux Émirats Arabes. C’est un peu comme si vous achetiez un fusil de chasse, en vous engageant de ne jamais tuer du gibier ! Il est évident que l’industrie allemande n’apprécie pas cette attitude. Il est question du chômage qui pourrait en être la conséquence. Il est évident que dans de telles conditions la République Fédérale n’est plus un exportateur fiable. Il ne faut pas oublier que ce pays se trouve en peloton de tête des fabricants d’armes, qu’elles sont prisées dans le monde entier. Et quel est mon avis ? Je n’aurais pas de mal à approuver le gel, si l’Allemagne était conséquente dans sa démarche. Qui peut garantir qu’en vendant des armes à des pays-tiers, elles n’aboutiront pas finalement en Arabie Saoudite ? Amesty international met en garde les exportateurs qui rompent ainsi les décisions du gouvernement allemand. Comme on le voit, il y a conflit avec des nations amies, lorsque des engins sont construits en commun. Je ne vois pas trop comment sortir de cette situation qui envenime pour l’instant l’amitié franco-allemande. Paris ne peut pas faire fi des contrats qui ont été signés avec le gouvernement saoudien. Mais pour l’instant aussi ces armes tombent sous la contrainte du stop des exportations que les Allemands veulent imposer à leurs partenaires. Même si l’apport allemand n’est que de 20 % de l’ensemble d’une arme, il y aura interdiction de les exporter. Cela est considéré comme une ingérence dans les affaires intérieures d’un allié. Comme on le voit, nous sommes loin d’un accord. Il y a un profond fossé entre l’éthique et les réalités économiques. Et ceci peu importe si des innocents meurent quotidiennement !

pm

https://www.lemonde.fr/international/article/2019/03/29/l-allemagne-prolonge-de-six-mois-le-gel-de-ventes-d-armes-a-l-arabie-saoudite_5442803_3210.html

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