Peu importe que ce soit vrai ou pas, j’ai trouvé cette phrase d’Emmanuel Macron, lors de l’hommage officiel de l’État pour Charles Aznavour, émouvante. La cérémonie s’est déroulée hier matin dans la cour des Invalides. Je trouve positif qu’un grand chansonnier comme lui ait eu droit à cet honneur. Je ne vais pas vous relater ce qui s’y est passé, bien plus essayer de m’atteler au sens à donner à cette remarque. Dans le monde agité dans lequel nous vivons, la seule chose que nous puissions préserver est notre âme. Elle s’exprime à sa manière, suivant le talent des uns et des autres. Le verbe a toujours été une sorte de résistance. Je ne peux pas oublier que le seul domaine que les Allemands, lors de l’Occupation, ne purent pas mettre sous leur joug, c’était la créativité culturelle et artistique des Français. La censure n’était pas tendre, mais elle n’empêcha pas les poètes et les artistes de créer. Même le cinéma, qui appelle de gros moyens, a eu ses heures de gloire. La poésie ou le talent romanesque ont toujours réussi à émerger, quelque soit le régime qui a essayé de les étouffer. C’est aussi faire acte de résistance que le fait de noircir des feuilles de papier. Emmanuel Macron a certainement voulu dire, que malgré les affres du temps présent, il y a des valeurs supérieure à l’argent, qui permettent de mieux supporter les coups de boutoir du quotidien. Mais pour que cette plante fragile puisse se développer, il faut lui accorder le temps nécessaire, mettre son rythme de vie au diapason de son esprit. La course effrénée dans laquelle nous nous forçons de nous mouvoir, ne nous permets parfois pas de « faire réflexion », de nous retourner sur nous-mêmes.

Nous croyons trouver dans l’activisme les vertus nous permettant de survivre. Ce n’est évidemment pas le cas. C’est la raison pour laquelle je suis un partisan « du ralentissement ». Que veux-je dire par là ? Il s’agit de prendre le temps de rien faire, de laisser libre-champ à ses pensées. Au lieu de s’abrutir avec de la musique provenant du I-Phone, pourquoi pas observer les gens qui vous entourent dans le métro ou dans la rue ? Faire travailler son imagination, construire des biographies virtuelles en observant telle femme ou tel homme. Vivre le moment vécu sans arrières-pensées. Un exercice souvent ardu, lorsque les soucis vous assaillent. Je me suis souvent forcé à le faire afin de me retrouver, de fuir le cheminement des mes angoisses. C’est en quelque sorte un exercice autogène qui éveille en moi des vers, des descriptions littéraires ou aussi de la musique. Je me force dans de tels instants de rien faire de concret. Il faut s’accorder le temps de rêver. Dans une société dominée par les technologies le seul moyen de se retrouver. Je me suis aperçu qu’en agissant ainsi, j’étais bien plus efficace professionnellement, que je trouvais l’énergie nécessaire afin de mener à bien mes obligations. Aussi dans la vie affective de tels instants sont essentiels. Il arrive que ma femme et moi ne nous disions rien, mais malgré tout ce sont des moments intenses. Pour avoir un avenir meilleur, il faut qu’en France les poètes ne meurent jamais. Le président de la République l’a bien compris, car une effectivité sans âme mène à l’échec et ceci sur tous les plans.

pm

https://www.nouvelobs.com/culture/20181005.OBS3476/en-france-les-poetes-ne-meurent-jamais-l-emouvant-hommage-de-macron-a-aznavour.html

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