Le Brésil sera-t-il infesté ce dimanche par une vague brune sans précédent ? Les sondages donnent la victoire au premier tour des élections présidentielles à Jair Bolsonaro, le fasciste raciste, misogyne, homophobe, avec 40 % des voix, contre 25 % à Fernando Hahhad du Parti des travailleurs, la formation de l’ancien président Luiz Inacio Lula da Silva, qui se trouve actuellement sous les verrous. L’intégralité de la chambre des députés, 513 membres, et deux tiers du sénat, 54 sénateurs sur 81, seront mis aux voix ainsi que les 27 gouverneurs d’États et les parlementaires régionaux. Le peuple a un sentiment de raz-le-bol. Il a l’illusion que le leader de l’extrême-droite réussira à faire le ménage. Les citoyens semblent être exaspérés par les promesses non tenues de la gauche, ce qui pourrait mener ce pays multiculturel au bord du précipice. Seule une alliance de gauche sous la houlette de Ciro Gomes, un socialiste modéré, pourrait gagner le deuxième tour des élections par 47 % contre 43 % pour Jair Bolsonaro, selon l’enquête Datafohla. Voilà pour les faits. Ce rebond serait aussi pour nous en Europe un signal de ce qu’il faut faire pour endiguer le tsunami qui nous menace. Il faut que les démocrates se rassemblent, quitte à devoir faire des concessions. Lorsqu’il en va d’éviter une catastrophe, il faut mettre les ambitions personnelles au diapason.

Avec un Bolsonaro à la tête du Brésil, le parti des travailleurs se verrait menacé. N’a-t-il pas dit sur un ton badin qu’il fallait fusiller tous ses militants ? Parole d’un ancien militaire, bien décidé de ne pas y aller de main-morte. Et dans tout cela le jeu glauque des évangélistes, qui, pour une partie d’entre-eux, soutiennent l’ancien officier fasciste. Lui aussi, par opportunisme, s’est rangé du côté du Christ-Roi ce qui fait mal à tous les croyants pour qui les valeurs humaines et les droits de l’homme représentent encore quelque chose. Si les démocrates réussissaient à se rassembler pour le second tour, ils donneraient un exemple de ce qu’il faut faire en Europe. Ce n’est pas en faisant cavalier-seul que la samba brune sera mise aux oubliettes. Je reviens à nouveau au début des années 30 en Allemagne. Si la démocratie avait eu le courage de se rassembler, jamais le nazisme aurait pu triompher en 1933. Je pense que dès maintenant il faudra s’unir, afin de contrer les démons du passé. Ils n’ont qu’une chance de s’établir lorsque le système montre des failles et avant tout un manque de détermination. Il est parfaitement légitime de déplorer qu’on en soit arrivé-là, mais à quoi bon se lamenter lorsqu’on se trouve dans une impasse. Il est déconcertant que la méthode coups de poings semble aussi convaincre un grand nombre de Brésiliens, d’être un moyen efficace pour améliorer leur quotidien. Des réponses simplistes à des questions des plus compliquées, du sable jeté dans les yeux de l’électeur lambda. De quoi s’arracher les cheveux. Je crains fort que l’exemple du Brésil, en cas de victoire de Jair Bolsonaro, puisse faire tache d’huile au niveau international. Il confirmerait que le fascisme et son exclusion sont bien présents de par le monde. Il n’est jamais trop tard pour s’arc-bouter qu’on se le dise. Ce soir nous serons ce qu’il en est ! À l’attaque !

pm

https://www.lemonde.fr/ameriques/article/2018/10/07/elections-au-bresil-ce-qu-il-faut-savoir-sur-une-presidentielle-a-hauts-risques_5365800_3222.html

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