Il s’agit de Mesut Özil, le footballeur de la sélection allemande. Il a déclaré qu’il ne jouerait plus pour la « Mannschaft », car il considérait que la fédération avait fait des remarques racistes en son encontre. Les faits : Avec son collègue Ilkay Gündogan il s’est fait photographier avec Tayyip Erdogan en lui remettant un maillot au cours d’une tournée électorale avant la présidentielle en Turquie. Özil prétend aujourd’hui que ce geste n’avait aucun arrière-plan politique, qu’il ne voulait que marquer son attachement à la terre de ses ancêtres. « Comme beaucoup de gens, mes racines ancestrales recouvrent plus qu’un seul pays. J’ai certes grandi en Allemagne, mais mon histoire familiale a ses racines solidement basées en Turquie. J’ai deux cœurs, un allemand et un turc » Je veux bien, mais ce n’est pas cela que beaucoup de gens lui reprochent, c’est plutôt le soutien qu’il a apporté à un chef d’État qui a mis plus de 50.000 de ses compatriotes en prison, 140.000 personnes ont perdu leur emploi. Mesut Özil n’a pas perdu un mot à ce sujet. Reinhard Grindel, le président du DFB, a essayé de lui faire comprendre, qu’il ne s’agissait en aucune manière d’attaquer la communauté turque pour son patriotisme, mais que ses motifs étaient d’ordre politique. Je lui donne tout à fait raison. Özil démontre ainsi de la mauvaise foi. Il est facile d’accuser ses détracteurs, dont je fais partie, de racistes. Il aurait dû avoir assez de sensibilité de prendre en compte la position du gouvernement fédéral envers Tayyip Erdogan, non de la Turquie. Lorsque des ressortissants allemands d’origine turque, sont sous les verrous sans une raison évidente, on ne peut pas attendre de la part du gouvernement et de l’opposition qu’ils se mettent à plat-ventre devant un autocrate comme le président turque.

D’un autre côté Katarina Barley, la ministre de la justice, a dit qu’il ne fallait pas prendre à la légère cet incident. N’est-il pas l’expression d’un malaise au sein de la société. Il est vrai que bien des Allemands ne comprennent pas que Erdogan ait pu recueillir une majorité de plus de 60 % chez les Turcs vivant en République fédérale. Il n’en va pas du patriotisme, mais plutôt de la vue qu’on se fait de la société. Il est étrange que les membres d’une communauté qui vivent parfois depuis des décennies ici, puissent à ce point soutenir un régime qui ne respecte pas l’avis de ses opposants, qui se met à faux vis-à-vis de l’ordre démocratique. Je pense qu’il est bon qu’il y ait une discussion à ce sujet. Il est probable que l’intégration dans son ensemble est un échec et que beaucoup de Turcs sont victimes d’une forme de racisme. Si le geste de Mesut Özil de quitter la « Mannschaft » peut être à l’origine d’une discussion, je trouverais cela positif. On a eu en Allemagne peut-être la tendance de vouloir escamoter ce genre de problèmes. Un exemple à quel point les rapports sont tendus. Hier a eu lieu une votation à Kaufbeuren, une petit ville bavaroise. Le peuple refuse que la municipalité mette à disposition de la communauté musulmane un terrain, pour la construction d’une mosquée. Non, tout ne va pas comme dans le meilleur des mondes. Mais qu’il soit bien clair : Il faut séparer une action politique comme celle de Özil, du problème de l’intégration. Le bon sens le veut !

pm

https://www.lemonde.fr/football/article/2018/07/22/allemagne-le-footballeur-ozil-quitte-la-selection-en-evoquant-le-racisme_5334714_1616938.html

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