Une fois de plus un dérapage en direction de l’extrême-droite en Europe. Aujourd’hui les représentants antisystèmes du Mouvement 5 Étoiles (M5S) et de la Ligue vont présenter au Président de la République italienne, Sergio Mattarella, leur projet de gouvernement et lui dire qui devrait être à leurs yeux le premier ministre. Matteo Salvini, chef de la ligue et son homologue M5S Luigi Di Maio, voudraient que le chef du gouvernement soit une personnalité n’appartenant à aucun de ces deux partis. Soit une personnalité neutre du point de vue politique, mais ayant, comme les deux leaders l’assurent, un poids politique. Il n’est donc pas question de nommer un technicien. Un mariage qui avait été considéré comme impossible il y a encore quelques jours. Une alliance entre une formation du type FN avec des libertaires en ce qui concerne leurs vues sur ce que devrait être l’État. Une seule chose les lie, c’est leur attitude anti-Bruxelles et leur mépris pour l’establishment politique. Ce sont des populistes, avec des vues bien différentes. Les uns, avec une certaine nostalgie pour le Duce. Serait-ce une renaissance du fascisme à la Mussolini ? Je ne peux pas le croire, mais ceci à condition que « les néo-anarchistes suivent une bonne tactique. Mais je dois dire que j’émets certains doutes. Enfin le fait est qu’avec une étoile de trop, le M5S se trouve dans un gouvernement, une autorité qu’il a toujours combattue. Passer du protestataire au légaliste est d’être conscient, qu’on prend un chemin escarpé et rocailleux. Il faudra être assez discipliné pour faire ce saut sans l’inconnu.

De passer subitement de l’anti-système à une attitude conforme à la constitution de la République italienne, me paraît être plutôt ardu. Je peux m’imaginer que cela ne soit pas du goût de tous ceux qui préconisent des changements profonds de la société italienne. Je ne peux pas m’imaginer que cette coalition contre-nature puisse tenir longtemps, à moins que chacune de ses deux formations se renient elles-mêmes. Mais une fois de plus il y a de très grandes différences entre les vœux pieux et la réalité quotidienne. Il s’agira pour ce gouvernement de stabiliser les finances défaillantes de l’économie. Les protagonistes verront rapidement qu’il est impossible de remonter l’industrie sans l’aide de l’UE. Que c’est par là que doit passer toute politique, non pas de prôner sans arrêt des paroles creuses de tout sens pragmatique. Ces rêveurs verront rapidement qu’il est plus facile de proférer des slogans musclés contre le système, que de gérer un pays. Et que reste-t-il à faire pour l‘UE ? Je pense que dans ce cas-là, il faut attendre que la caravane passe. Moi qui ne suis d’habitude pas un adepte de la passivité, pars du principe que seuls les faits peuvent avoir de l’influence sur la pérennité d’une telle mésalliance. Comme c’est le cas pour l’Autriche, seule l’action gouvernementale sera le point de repère, non pas les diatribes nationalistes qui ne manqueront pas d’avoir lieu. J’ose espérer que le peuple se rendra bientôt compte que le peuple a fait le faux choix et corrigera la situation à la prochaine occasion.

pm

http://www.lemonde.fr/europe/article/2018/05/13/la-ligue-et-le-m5s-rendront-compte-de-l-avancee-de-leurs-negociations-au-president-italien-dimanche-soir_5298379_3214.html

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