Non, les casseurs du premier mai à Paris n’ont rien à voir avec la gauche. 1200 autonomes du bloc noir, encagoulés, ont attaqué la police, ont renversé des voitures et y ont mis le feu, ont brisé des devantures de magasins et jeté des pierres sur tous ceux qui s’interposaient. Plus d’une centaines de voyous ont été interpellés. Cette manifestation qui avait rassemblé 20.000 syndicalistes et sympathisants de l’action ouvrière, a été ainsi torpillée par des éléments perturbateurs, qui se disent être révolutionnaires. Une chose est certaine, la violence ne peut qu’arranger la droite conservatrice et ses éléments d’extrême-droite. Je ne suis pas, et cela de loin, un adepte de Jean-Luc Mélenchon, mais je peux assez bien m’imaginer que les casseurs ont été manipulés par des éléments radicaux de l’extrême-droite. Il s’avère un peu partout en Europe, que les extrêmes se rejoignent lorsque il s’agit de détruire la démocratie. Souvenons-nous des méfaits occasionnés par le bloc noir au G20 à Hambourg le 7 et le 8 juillet 2017. La ville hanséatique a été prises deux jours en otage, ce qui a profité à l’AfD aux élections fédérales. Il en est de même chaque année le 1er mai à Berlin, où ce genre de délits sont entrés dans « les mœurs ». Vouloir en faire des déductions politiques, me semble périlleux. Ces gens n’ont qu’une chose en tête, se faire du plaisir en se prenant pour des militants communards comme dans les années 20 en Allemagne. Il est évident que le Président de la république ne pouvait que condamner ce comportement. Vouloir le mettre au pilori à cause de cela, est injuste.

Le bloc noir s’en fiche complètement de la situation à la SNCF ou de certaines réformes mises en marche par le gouvernement. Lorsqu’on leur pose des questions au sujet de la politique, ils sont dans l’embarras, car ils n’en ont rien à faire. J’ai vécu cela au cours de mes interviews et me suis vite rendu compte que pour eux la motivation principale était de « casser du policier », rien de plus, rien de moins. Je trouve de mauvais aloi de la part du PR de vouloir récupérer ces événements pour gagner des voix. Le tweet de Laurent Wauquiez en dit long, je cite : « Terribles images aujourd’hui pour notre pays. Faillite de l’État régalien. Il est urgent de rétablir l’autorité : soutien total à nos forces de l’ordre qui font face à ces voyous. » Non il n’y a pas de faillite. On est loin de là. Ce genre de remarques attisent la violence. Lorsque cela vient des amis de Marine Le Pen ou de Forian Phillippot, on s’étonne moins. Cela veut dire à mes yeux, que ceux qui se prennent pour des gaullistes, qu’ils ne sont définitivement pas, et des éléments issus de la mouvance OAS, se sont rapprochés à un tel point que cela n’augure rien de bon. De faire cause commune avec des partis proches de ceux qui ont essayé d’assassiner le Général de Gaulle, est nauséabond. Lorsqu’on observe ce genre de d’alliances, il y a de quoi être dégoûté de la politique. J’aimerais que les citoyens en soient conscients. Je condamne évidemment ce genre de violences, je rends hommage aux forces de l’ordre, qui en essuient les conséquences, d’avoir gardé leur calme. Il y a eu certes des blessés mais pas de morts. Mais qu’on se le dise, quel que soit le gouvernement en place, le bloc noir restera toujours actif.

pm

http://www.lemonde.fr/politique/article/2018/05/02/violences-lors-de-la-manifestation-du-1er-mai-l-opposition-cible-le-gouvernement_5293089_823448.html

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