Femmes en otages… Quand elles sont plus ou moins emmenées de force en France, en Allemagne ou ailleurs, les négriers des temps modernes leur retirent leurs passeports et les jettent en pâture à des hommes en mal de sexe. J’ai rencontré à plusieurs reprises des personnes à qui on avant promis monts et merveilles en Europe occidentale. « Tu verras, tu travailleras dans un hôtel et tu pourras envoyer chaque mois un peu d’argent à ta famille ! » C’était en particuliers des jeunes filles venant de l’Est de l’Europe après la chute du mur de Berlin. Des gangs, en relations étroites avec des mafieux, les vendaient comme de la viande fraîche, afin qu’elles rendent leurs services dans des bordels ou dans des auberges de campagne. Je me souviens de petits villages, où j’aurais pu mettre ma main au feu pour l’intégrité des habitants. Il s’y passait les mêmes scènes avilissantes comme à Hambourg, à Berlin ou à Marseille. Des femmes qui travaillaient du matin au soir. Tout d’abord pour faire les chambres d’une pension, passer l’aspirateur dans les couloirs et les escaliers et jouer aux serveuses à l’auberge du coin. Et pour couronner le tout, faire rêver de vieux cochons en mal de fesses, de seins et de pubis. Leurs « agents » ramassaient les billets, soi-disant pour rembourser les passeurs qui leurs avaient ouvert les portes du paradis. Le tout pour faire la pute sans toucher un sou. Dans ces villages biens sous tous rapports, les braves et honnêtes citoyens fermaient leurs claques-merdes, bien qu’ils savaient parfaitement bien, qu’on les séquestrait. Et la police locale ? « C’est au service des mœurs de s’occuper d’elles ! » Affaires classées, motus et bouches cousues.

Pour les récompenser de leur discrétion, ils avaient un droit de cuissage et ne s’en passaient pas. Ce commerce de prostitution rupestre est en général assez lucratif, car il ne faut pas mettre en place tout un service de souteneurs comme dans les villes. Pas de guerre de gangs en général ! Les filles sont mises en vente à Kiev, à Minsk ou ailleurs. D’après la police à Stuttgart, il est très difficile de combattre ce genre de prostitution, étant donné que ces femmes effectuent des travaux de maison, pour lesquels elles ont des contrats. On considère en général leurs « petits services amoureux », comme un acte personnel. Évidemment non payé. N’est-il pas normal qu’une jeune fille se passe de sexualité ? Et tout le monde faisait semblant d’y gober. Et les victimes de cette traite immonde ? Elles se taisaient, car on leur avait fait bien comprendre que leurs familles pourraient passer de mauvais quart d’heure dans leurs pays d’origine. C’était un risque qu’elles ne voulaient en aucun cas prendre. Pour les policiers non-corromps, il n’y avait qu’une solution, les faire disparaître de la circulation après qu’elles aient témoigné contre les esclavagistes au tribunal. On leur faisait changer de physionomie et d’identité. Cela revient à dire de rompre tous les liens avec le passé. J’ai connu une femme qui avait été prise dans ce programme. Elle ne put plus jamais voir ses parents, ses enfants, son mari. On ne les avait pas averti de ce qui s’était passé. Pour la protéger, elle était définitivement morte. Le réseau dont je parle fut démantelé mais à quel prix !

pm

http://www.lemonde.fr/societe/article/2017/12/01/le-calvaire-des-esclaves-sexuelles-en-france-votre-vie-leur-appartient_5223397_3224.html

Pierre Mathias

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