Comme prévu, Christophe Castaner a été élu délégué général à la tête de LRM pour trois ans. Il aura la lourde tache de construire un parti, qui ne devrait pas être conventionnel. Comme ancien du PS, je sais qu’une telle organisation demande une structure assez rigide, qui peut être ressentie comme étouffante par les militants de la base. J’ai le privilège de pouvoir la comparer avec celle du SPD en Allemagne, dont je suis membre depuis 1973. Et de plus j’ai une expérience syndicale. Dans toutes ces organisations de gauche, j’avais et j’ai souvent l’impression que le dogmatisme étouffe parfois la réflexion. Peut-être est-ce mon âge, mais je dois avouer que les appareils me pèsent souvent trop, qu’ils ont perdu la faculté de vraiment prendre la température. Si nous voulons faire évoluer notre société, il faut tout d’abord éviter le bourrage de crâne, qui ne reproduit que des schémas dépassés. Dès que deux personnes se mettent ensemble, il y aura toujours une qui voudra dominer l’autre. Le mythe de la carrière prend trop de place et détruit toutes options qui à priori ne pourraient pas trop plaire. Du clientélisme à la pelle ! Et c’est justement là que la LRM ne devrait pas tomber dans le piège de faire mijoter le bouillon de minuit de la démocratie. D’accord, je dois avouer qu’il est plus facile de critiquer que d’inventer de nouvelles options. Ne soyons pas dupes. Un parti a pour devoir de former des cadres qui un jour occuperont des postes importants au sein de la République.

Je comprends parfaitement la démarche d’Emmanuel Macron d’avoir opté pour un choix de personnalités de la société civile. Lorsqu’on fait une radiographie du gouvernement, on s’aperçoit rapidement que le métier de serviteur de l’État ne s’apprend pas en deux jours. Il est vrai que les membres de l’équipe d’Édouard Philippe ne pouvaient pas s’appuyer sur le parti, qui n’existe que depuis aujourd’hui dans une forme opérationnelle. J’ose espérer qu’ils trouveront bientôt une source d’inspiration chez les militants, qui ont la possibilité de creuser plus profondément certains sujets qu’on le croit. Je proposerais de créer des groupes de travail, où tous auraient le droit de participer activement. Des forums à qui on demanderait de penser à des projets concrets. Il est déjà question de mettre en place une telle structure de réflexion dans le domaine de la politique de la ville. Mais pour l’instant cela se passe en dehors de LRM. Il faudrait changer cela au plus vite. Un tel système donnerait à tous ceux qui s’intéressent à la vie de la nation, la possibilité d’apporter une contribution. Je pense que dans les temps agités que nous vivons au niveau politique, il faut donner au peuple l’occasion de se faire entendre, mais pas que cela. De rédiger des textes, dont certains donneraient des pistes nouvelles au gouvernement et à la présidence de la République. Il faudrait étendre un tel projet à tous les niveaux : de la commune à la région, de la région à la France toute entière. Il faudrait qu’au sein du parti il y ait des votations pour telles ou telles options. Vous l’avez deviné, je revendique plus de démocratie. C’est une nécessité pour pouvoir aborder d’une manière plus sereine les problèmes qui nous guettent. Que vive l’autodétermination !

pm

http://www.lemonde.fr/la-republique-en-marche/article/2017/11/18/castaner-prend-la-tete-de-lrm-pour-la-remettre-en-mouvement_5216818_5126036.html

Pierre Mathias

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