Il n’y a pas de quoi faire sauter les bouchons, de sabler le champagne. Le parlement catalan a pris comme option le suicide, en proférant des contre-vérités. Cette province s’isolerait complètement de l’UE. Grand nombre d’entreprises seraient acculées à la ruine. Le chômage prendrait encore plus d’ampleur. Qui voudrait investir dans un no-man-land ? Tout en comprenant le profond désire de sauvegarder une identité régionale, qui pour chaque Catalan semble être primordiale, je ne vois pas comment cela se ferait dans la disette. Les dés sont pour l’instant jetés, l’indépendance est déclarée. Les députés pro-indépendants ont apporté leurs voix à Puigdemont, l’opposition a quitté l’hémicycle. Parallèlement à ces événements le sénat espagnol a donné au gouvernement dirigé pas Mariano Rajoy le feu verte de prendre les mesures nécessaires pour stopper la sécession. Il a annoncé vendredi en début de soirée la destitution du président, Carles Puigdemont, et la dissolution du Parlement Catalan. Comme le premier-ministre n’est pas connu pour sa pondération, le danger est grand, que par l’entremise de mesures coups-de-poings, comme l’arrestation du président de la région, cela déclencherait des heurts, qui pourraient mener à une guerre civile. Nous avons eu assez d’exemples, où les événements se sont emballés comme les chevaux. Vouloir les arrêter dans leur course folle est presque impossible, à moins de risquer sa vie. Il pourrait en être ainsi à Barcelone et partout ailleurs dans la province. Il y aurait aussi une déchirure entre les indépendantistes et les loyalistes. Ces derniers étaient dans certains sondages avant les remous, majoritaires. Je trouve irresponsable de la part de Carles Puigdemont d’avoir agi sur un coup de cœur, au lieu de chercher des solutions praticables comme celle d’une autonomie plus complète comme celle du Pays Basque. Pour moi j’aurais apporté beaucoup de crédit à une telle proposition. Mariano Rajoy n’aurait pas pu faire autrement que d’accepter de un tel plan.

Ce politicien porte aussi une grande responsabilité dans la marche des choses. Il aurait dû mettre en place une politique de transfères financiers plus équitable entre Barcelone et Madrid. Les ponctions opérées sur les revenus fiscaux sont au désavantage des Catalans, une situation impossible. Il serait souhaitable que Monsieur Rajoy ne jette pas plus d’huile dans le feu. Je pense que dans le désordre actuel, qui est un grand danger pour l’Europe, qu’il serait bon qu’un médiateur soit nommé pour donner aux deux rivaux les moyens de ne pas perdre la face. Il faut que les efforts soient placés dans la pérennité et non sur le court terme. Ce ne sera pas une bagatelle de trouver un bon équilibre. Il serait à mon avis bien que l’UE se retrouve elle aussi à la table des négociations, qui devront avoir fatalement lieues. Ce serait l’occasion de mettre en place pour tous les partenaires un système réglant les prérogatives et les obligations des régions par rapport à l’Europe. L’occasion de réitérer que chaque province autonome devra se soumettre à des règles, celles de ne pas détruire l’Union par égoïsme. Il faudra veiller que le statut des régions soit le même pour tous. Réveillez-vous enfin, vous risquez de nous emmener tous à la perte !

pm

http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/10/27/catalogne-mariano-rajoy-demande-la-destitution-de-l-executif-regional_5206748_3214.html

Pierre Mathias

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