Comme le SPD a décidé de faire une cure de jouvence dans l’opposition, Angela Merkel n’a plus qu’une solution, celle de hisser le drapeau de la Jamaïque. C’est le symbole d’une coalition entre les noirs, le CDU-CSU, les jaunes, le FDP et les verts, Die Grüne. Personnellement je ne vois pas trop comment ces partis pourront s’entendre, car leurs vues sont assez éloignées les unes des autres. D’une part le conservatisme, de l’autre le néolibéralisme et l’écologie. Et même s’ils réussissaient à former un gouvernement, il n’est pas dit qu’il tiendra quatre ans. Les uns sont pro-européens, les autres un peu moins. Et dans tout cela une chancelière qui a pris un sacré coup de bâton. Mais aussi au sein des partis frères, que sont le CDU et le CSU, il y a de l’eau dans le gaz. Les Bavarois, qui ont ont subi une défaite cinglante dimanche, aimeraient se caser plus à droite pour reconquérir leurs électeurs qui sont passés à l’AfD, le parti d’extrême-droite. Cela n’est pas du goût d’Angela Merkel, que je qualifierais plutôt de social-démocrate. Ils seraient d’accord de faire partie d’une coalition du type Jamaïque, qu’à condition qu’elle accepte leurs revendications. Tout cela ne présage rien de bon et bien peu de stabilité. Il est évident que pour Emmanuel Macron, qui compte sur l’Allemagne afin de réaliser ses plans communautaires, ce changement n’est pas facile à accepter. Avec le SPD, il aurait eu plus de facilités.

Mais ce qui nous abasourdi le plus, c’est de savoir que les éternels nostalgiques du passé ont 94 députés au parlement qui se sont mis en tête de rendre la vie de Madame Merkel insupportable. Au cours de la campagne électorale ils l’ont accablée d’injures et ont parlé d’élimination. Même pour une des deux têtes du parti, Frauke Petry, ces diatribes incessantes, ayant souvent un arrière-goût raciste, sont inacceptables. Elle a décidé de quitter le groupe parlementaire, avant même que celui-ci ait pris le temps de se former. Pour l’Allemagne c’est une honte… C’est ainsi que je l’ai interprétée. La formation du gouvernement risque de prendre beaucoup de temps, ce qui mettra en veilleuses tout l’appareil politique, aussi en ce qui concerne les affaires étrangères. Pour un pays sous état de choc, ce manque de sûreté rend les citoyens nerveux. Tout ce qui semblait être assez solide jusqu’à hier, est devenu mouvant. J’ai l’impression que beaucoup d’électeurs, qui avaient voulu protester contre Madame Merkel, se rendent enfin compte quelles conséquences aura leur plébiscite. Le renom de l’Allemagne est en jeu. Il faut bien comprendre que toutes formes de fascisme naissant sur son territoire, éveillent de mauvais souvenirs. C’est la raison pour laquelle il serait impératif que le nouveau gouvernement soit formé assez rapidement, pour prouver que la démocratie fonctionne dans ce pays. Mais d’après les bruit qu’on entend de la chancellerie, il ne faut rien attendre avant le début de l’année 2018. Un temps infini où l’AfD fera tout pour polariser l’opinion publique. Il est déconcertant avec quelle rapidité les choses se détériorent. Si on me posait ce soir la question comment j’envisage l’avenir, je ne saurais pas trop quoi répondre. Nous avons affaire à une chancelière affaiblie en fin de règne, à des partis secoués, qui devraient se rendre compte, qu’ils représentent le passé. J’entends pas là le CDU/CSU et malheureusement aussi le SPD,

pm

http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/09/25/elections-allemandes-le-plus-mauvais-resultat-pour-le-spd-et-la-cdu-depuis-1949_5191266_4355770.html

Pierre Mathias

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