C’est dans ma maison que je devrais me sentir le mieux, protégé contre les intempéries et les intrus, mais je le suis pas. Chaque citoyen européen a du mal à s’identifier avec l’UE, qu’il considère comme étant une entité montée de toute pièce. C’est à cela qu’il faut remédier, comme nous l’a fait remarquer Emmanuel Macron lors d’un discours tenu à Athènes. Mais pour qu’il y ait identité, il faudrait que Bruxelles se préoccupe vraiment des besoins des hommes et des femmes ainsi que de leurs enfants. Cela n’est pas le cas, tout au moins jusqu’à présent. Tant que l’Europe sociale ne sera pas vraiment mise sur les rails, il ne faut pas à s’attendre à de l’engouement. Le Président aimerait doter l’UE des moyens nécessaires pour vraiment prendre les problèmes qui nous préoccupent à bras-le-corps. Il propose de mettre en place un gouvernement européen, ayant son propre budget et devant rendre compte au parlement, dont les prérogatives seraient renforcées en conséquence. Ce serait une instance qui travaillerait main dans la main avec les gouvernements nationaux et qui aurait le devoir de coordonner les différentes politiques. Un tel projet donnerait à l’UE l’autonomie dont elle a besoin et la rendrait moins dépendante des décisions nationales. Ce qui est urgent lorsqu’on observe la montée du populisme. Mais il est évident que pour réussir ce pari audacieux, il faudra que les partis modérés luttent d’une manière plus efficace contre les méfaits de ceux qui veulent nous imposer l’arbitraire. Cela reviendrait à dire de mettre en marche une prise de conscience citoyenne du Nord au Sud, de l’Ouest à l’Est. Je prends cette occasion pour réitéré mes vœux en ce qui concerne nos relations avec la Russie. Je pense que toute évolution de l’Europe ne pourra pas se faire dans le climat que nous connaissons actuellement.

Il faudrait faire comprendre à Vladimir Poutine qu’il est dans son intérêt de coopérer avec l’UE et ceci non seulement dans le domaine économique. Il faudrait qu’il réactive le processus de Minsk et trouve avec les partenaires européens une solution pouvant satisfaire les uns et les autres en ce qui concerne la Crimée. Peut-être la transformer en une zone franche, sous contrôle administratif de Moscou. L’Ukraine s’y opposerait sûrement, mais il en va ici d’un chantier qui dépasse de loin telles ou telles récriminations. Il serait souhaitable d’ouvrir la libre circulation des biens et des personne de Brest à Vladivostok. Ce serait la meilleure réponse à donner au Brexit et à l’ingérence américaine en ce qui concerne l’UE. Cela aurait le mérite de donner plus de sécurité aux pays limitrophes de la Russie, qui ne peuvent pas oublier les méfaits de l’Empire et du régime soviétique sur leur intégrité nationale. Il serait souhaitable que dans un tel contexte il y ait l’élaboration d’une nouvelle politique de défense, qui rendrait tout réarmement caduque. C’est comme cela que je peux m’imaginer l’avenir, mais pour que cela se réalise, il faudrait tout d’abord finaliser le projet « Macron ». Ce qu’il préconise est du domaine du visionnaire, mais est en même temps réalisable s’il y avait un peu de bonne volonté. Il faudrait que les pays réfractaires se rétractent dans leurs propos. Pas une mince affaire !

pm

http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/09/07/a-athenes-macron-veut-relancer-l-europe_5182522_3214.html

Pierre Mathias

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