Comme un enfant, qui pour se donner du courage, Emmanuel Macron répète constamment qu’il ne cédera pas, que les réformes entamées seront menées à terme. Il n’est effectivement pas facile d’effectuer de telles démarches dans un pays réfractaire au moindre changement. C’est ce que j’ai essayé d’expliquer à des membres du SPD, lors d’une conférence que j’ai tenue hier soir à Berlin. Il est vrai que de très gros efforts seront demandés aux Français ces prochains temps, en particulier en ce qui concerne le code du travail. Le président sait parfaitement qu’il ne doit en aucun cas céder, car il se mettrait en marge, perdrait sa crédibilité. Personne n’aime perdre des points en ce qui concerne sa popularité, Emmanuel Macron non plus. C’est la raison pour laquelle il dit à ses détracteurs que c’est le peuple qui l’a élu en tenant compte du programme politique qu’il avait défini. Sur le papier cela peut s’avérer comme exact, mais dans la réalité c’est autre chose. Le citoyens ont pris l’habitude que les politiciens leurs promettent monts-et-merveilles pendant leur campagne électorale, puis en fin de compte ignorent en partie ce qu’ils ont déclaré. Le président veut dans ce domaine faire bande à part et essayer d’imposer son programme. Je trouve cela positif, même si je n’approuve pas tout. Il est bon que la France ait un chef d’État qui ne cède pas. Mais il y a aussi un revers à cette qualité, c’est le manque de souplesse. Pour pouvoir bien gouverner, les responsables sont obligés d’adapter constamment leurs points-de-vue à la situation quotidienne.

Dans de telles conditions il est très difficile de maintenir le cap. Emmanuel Macron s’efforcera de suivre une philosophie, qui consistera à réconcilier les fractions entre elles, mettre un terme aux luttes fratricides qui depuis la dernières guerre mondiale se livrent la gauche et la droite entre-elles. Ce n’est pas sans raison qu’il est partisan du ni-ni. Peut-être une utopie, mais une marche à suivre, qui à ses yeux pourrait être génératrice de plus d’unité. Cette idée est très difficile à appliquer chez un peuple pour qui le débat contradictoire est une manière de se démarquer des autres, d’imposer ses vues. Vouloir faire un pari consensuel est une démarche plutôt inconnue jusqu’à nos jours. Emmanuel Macron part du point-de-vue qu’il faut ménager ses forces et les appliquer uniquement dans un projet d’avenir, dans lequel une majorité de citoyens puissent se retrouver. Pour les individualistes que sont les Français cela ne me semble pas réalisable. Mais le président est déterminé de mettre en application une telle philosophie politique. Il se réfère à l’Allemagne, où le peuple lutte plus pour une cause commune que c’est le cas ici. Il est vrai qu’une telle attitude est génératrice de plus de prospérité, mais en même temps de moins de liberté. Il n’y a qu’à lire les programmes électoraux des différents partis, à part l’extrême-droite et Die Linke, pour se rendre compte qu’il y a pas mal de points communs, ce que le débat entre Angela Merkel et Martin a démontré. D’un autre côté ce consensus peut avantager les extrémistes de tous crins. Malgré tout je trouverais bon d’essayer la méthode Macron et de faire ainsi, qu’il y ait plus de solidarité. Peut-être un vœux pieu, mais tant pis !

pm

http://www.lemonde.fr/politique/article/2017/09/08/a-athenes-macron-assure-qu-il-ne-cedera-rien-sur-les-reformes_5182994_823448.html

Pierre Mathias

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