Comme les bulles de savon, il suffit d’une petite brise et voilà qu’elles éclatent. C’est la crainte des traders lorsqu’ils observent ce qui se passe à la bourse. Lorsqu’on sait que les valeurs numériques prennent de plus en plus de puissance – Apple vaut à l’heure actuelle 800 milliards de dollars – il y a de quoi en avoir le vertige. Les références de base ne semblent plus être les mêmes qu’il y a des décennies. Ce ne sont plus les valeurs du travail classique qui servent d’appui aux marchés financiers. Plutôt le virtuel, qui n’est pas palpable et qui de ce fait est assez volatile. Puis il y a le taux zéro des intérêts. Des segments entiers en souffrent comme les obligations ou les emprunts d’État. C’étaient les valeurs phares pour les caisses de retraites ou les assurances-vie. Comme elles ne déversent presque plus d’argent, un grand nombre de personnes se trouvent au seuil de la précarité. Pour les rentiers une source d’inquiétude. Les autorités financières, que ce soit les États ou toutes celles qui veillent à la stabilité des marchés, peuvent certes promulguer certaines règles anti-surchauffes, mais en fin de compte il s’avère presque impossible de régulariser le marché. Une situation qui désempare tous ceux qui croient encore à l’influence de la politique. C’est là qu’on s’aperçoit à quel point elle est impuissante à gérer l’irrationnel. Et c’est de cela qu’il s’agit en fin de compte. Cela engendre un déséquilibre qui prend des formes anti-démocratiques. C’est comme si nous nous trouvions dans un train qui à pleine vitesse se précipite dans un cul-de-sac. Les voyageurs en sont conscients, tirent la sonnettes d’alarme, mais pas de réaction. Rien n’y fait, le convoi ne freine plus.

Lorsque les citoyens prennent conscience qu’ils ne sont plus que des pions. Ils ont beau se révolter, rien n’y fera. C’est là que je vois une raison majeure du mal-être actuel en ce qui concerne la politique. Ce sentiment d’impuissance à de quoi effrayer. Il est démontré que nous ne sommes pas en mesure de maîtriser le virtuel. C’est un peu comme si nous nous battions contre des ombres. Tout semble nous échapper. Les responsables en sont bien conscients, mais n’insistent pas trop afin de ne pas attiser encore plus l’insécurité. Mais le fait de mettre en sourdine les cris d’inquiétude, ne résoudra en aucune manière les menaces. Cette situation est du pain-bénit pour tous les aventuriers, qui essayent de profiter de tout cela, sans penser aux lendemains. Que faire ? L’effondrement des économies populaires en 1989 a démontré que toutes tentatives d’appliquer une planification n’était que théorie. L’idée du communisme était en soi de confier au peuple les moyens de veiller à sa destinée, ce qui en est ressorti était la répression. La preuve que le monde des finances suit d’autres voies, que les interdits, aussi justifiés soient-ils, sont plus astreignants qu’efficaces. La matière est si complexe, que toutes décisions unilatérales entraînent des effets collatéraux dont il est difficile de prévoir leurs effets. Faut-il pour autant laisser dans l’état actuel ? Aussi frustrant que cela puisse être, je pense qu’il n’y a pas d’autre solution. Peut-être faut-il se dire que ce que vit Sisyphe est notre destinée, un éternel recommencement !

pm

http://tempsreel.nouvelobs.com/economie/20170825.OBS3805/une-bulle-financiere-plane-t-elle-sur-les-marches.html

Pierre Mathias

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