Un tiers des bénéficiaires de l’aide au logement ont un emploi, mais vivent en-dessous du seuil de la pauvreté. C’est une réalité dure à comprendre. Pour eux une baisse de 5 euros par mois des subsides accordés par l’État n’est pas une bagatelle. Je ne vais pas vous assommer avec des chiffres que vous pouvez obtenir en cliquant sur le lien du Monde. Je veux bien plus essayer de me rendre compte ce que la précarité peut représenter pour les uns et les autres. Cette baisse, qui semble à première vue modeste, équivaut en fait à deux à trois petits déjeuner en moins pour un enfant de parents dans le besoin. Lorsqu’on est confronté au luxe, tout cela nous paraît très abstrait. Mais c’est justement avec de telles sommes, qu’il est possible de se rendre vraiment compte de la situation dans bien des cas. En vingt ans les demandeurs d’allocations ont presque doublé. Sans elles ces personnes seraient dans la rue. Cette baisse permettrait à l’État d’économiser 32 millions par mois. Le but qu’il s’est fixé est de maintenir les déficit au-dessous de la barre des 3% du PIB.

Il est clair qu’il faut faire des économies mais en contre-partie il faudrait donner aux plus démunis la possibilité de gagner un peu d’argent en faisant des travaux d’intérêts publics. Le maintien de l’infrastructure en profiterait. Le phénomène de délabrement est aussi de mise en Allemagne, où des écoles, par exemple, sont dans un état vétuste. Certaines classes sont fermées pour cause de danger. Sans parler des WC qui ne sont pas dignes de nos enfants. Je sais qu’en proposant des actions civiques de ce genre, je ne me fais pas des amis. Il est vrai que les artisans pourraient craindre une concurrence peu loyale. Ce serait une porte ouverte au dumping des salaires. Cela ne doit pas arriver. Que faire ? Peut-être pourrait-on trouver des solutions mixtes. Nombre d’entreprises ont de la peine à finaliser des contrats fautes de moyens. Il serait peut-être possible d’apporter ainsi une aide au PME en leur donnant pour un temps limités et pour des travaux qui ne demandent pas une qualification précise, la possibilité d’engager ces aides. Il serait ainsi possible de faire une pierre deux coups. Malgré les difficultés financières le gouvernement doit tout faire pour donner un coup de collier à tous ceux qui ne voient pas d’avenir. Il est important psychologiquement de travailler sur deux fronts. Personne ne doit se sentir défavorisé, même si la réalité est encore assez sombre. En touchant aux logements, on s’attaque à un droit fondamental, celui d’avoir un toit sur la tête. De faire des économies au compte-gouttes n’est pas la solution. Elles ne peuvent que s’insérer dans un programme incluant les investissements et les mesures à prendre pour assurer la relance. Il faut que les gens sachent pourquoi ils doivent faire de grands efforts. Pour arriver à les motiver, il faut leurs esquisser des perspectives. Autrement on récoltera que de la grogne. Ce serait maintenant au président de la république d’expliquer les mesures qui sont à prendre. Les 5 euros en moins ne mettront pas du beurre dans les épinards. Il serait bien plus important de veiller à ce que les salariés soient mieux payés afin d’assurer leurs frais de logement. En maintenant les revenus au plus bas, personne ne se rend service.

pm

http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/07/25/aides-au-logement-un-tiers-des-beneficiaires-travaillent-mais-vivent-sous-le-seuil-de-pauvrete_5164730_4355770.html

Pierre Mathias

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