Il y a eu de manifestations contre l’élection de Donald Trump hier à Berlin. C’est une bonne chose, car si la passivité était de mise, elle pourrait passer pour du désintérêt. Un grand nombre de personnes de tous horizons se rendent bien compte qu’il serait nocif de se taire. Mais la question se pose malgré tout quels sont nos moyens pour lutter contre la montée du fascisme, de l’exclusion et du racisme ? J’essaie de m’y atteler mais dois avouer que je n’ai pas encore trouver la bonne recette. Je suis parfaitement conscient que le profond dégoût que je ressens, n’est pas l’arme adéquate pour lutter contre le totalitarisme. Tout d’abord je me vois obligé de faire une analyse pour savoir pourquoi de telles tendances sont à ce point tentantes pour une bonne partie de la population ? Je pense que pour chacun d’entre-nous la recherche de la sécurité se trouve au premier plan. Nous ne supportons pas tout ce qui est mouvant, de peur de sombrer dans le vide. La démocratie, dans sa forme noble, est ouverte à tout, même à l’élection d’un Donald Trump. Ce qui à première vue est une marque de tolérance, est pour beaucoup un facteur d’incertitude. Le citoyen prend conscience que lui seul est responsable de son destin, ce qui pour une majorité d’entre-eux, l’indispose. Lorsque cela va mal, il a la nostalgie de l’être-providence qui pourrait le tirer du bourbier dans lequel il se trouve. En fait l’homme n’est pas fait pour vivre en dehors du troupeau. Son émancipation n’est que factice. Il s’en remet plus volontiers aux chefs, qui le guident sans que qu’il n’ait à penser. C’est malheureusement une évidence que nous devons prendre en compte et qui explique le succès des führers. Et c’est cela qui rend la lutte contre la dictature si difficile.

Galvauder sa liberté pour un peu de sûreté comme c’était le cas en RDA, est malheureusement toujours d’actualité. Il en est de même de la dignité. Que dire à des gens qui se résignent à être des descentes de lit ? Comme l’histoire le prouve toujours à nouveau, seules les catastrophes sont à même de leur ouvrir les yeux. Ce ne sont pas les bons arguments qui les feront changer d’avis. Mais malgré cela, il ne faut pas s’arrêter de lutter verbalement pour la raison. Ce que nous assistons actuellement pourrait être comparé à l’amorce d’un suicide collectif. Je pense que beaucoup de partisans de la méthode musclée se rendent parfaitement compte qu’ils se trouvent au bord de l’abîme, mais ne peuvent pas faire autrement que de suivre aveuglément ce que le nihilisme les inspire de faire : l’autodestruction des valeurs que notre société judéo-chrétienne nous a transmises. Le « Après-moi le déluge ! » semble s’être instauré dans les esprits. Lorsque l’homme est arrivé à ce point là, il ne faut pas s’étonner que la haine prenne le dessus. Même des croyants se laissent entraîner au pogrom et au lynchage de tous ceux qui ne correspondent pas à leur façon d’être. Il est un fait que ces individus sont réfractaires, sourd à tous bons conseil. J’ai la douloureuse impression que la dialectique ne pourra pas faire changer de cap de tous ceux qui se réclament du fascisme. Cela reviendrait-il à dire que seule la violence est le langage qu’ils connaissent ? Je le crains !

pm

http://www.lemonde.fr/elections-americaines/article/2016/11/13/a-berlin-un-millier-de-personnes-manifestent-contre-donald-trump_5030236_82925

Pierre Mathias

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