En avant toute, Emmanuel Macron a démissionné de son poste de ministre de l’économie pour se consacrer entièrement à sa tache de leader d’un mouvement qui se veut libéral-social. Il veut devenir président de la république. Cet homme de 38 ans croit pouvoir tenir les rennes du pouvoir en cas d’élection. Il se considère comme une alternative face à un monde politique plus ou moins sclérosé. Sa jeunesse suffira-t-elle pour obtenir de la part des électeurs une validation ? Pourra-t-il convaincre d’avoir assez d’énergie et de charisme pour entraîner les foules ? On pourra lui reprocher qu’il est un homme d’appareil. Tout d’abord dans le monde des finances à la banque Rothschild, puis comme jeune inspecteur des finances aux côtés de François Hollande comme secrétaire général-adjoint de l’Élysée chargé des finances avant de faire partie du gouvernement comme ministre de l’économie ? Un homme brillant issu de l’ENA et étant de ce fait un membre de l’élite française. Est-ce vraiment le profil qu’attendent les citoyens ? Le populisme se base tout particulièrement sur des personnes issues du peuple, n’ayant pas l’aura des pupilles des hautes écoles. Le langage simple et direct est pour eux de mise. Comme le programme économique et financier du FN le prouve, leurs connaissances dans ce domaine par exemple sont assez tenues. Mais peu importe, c’est le coup de gueule qui importe. Emmanuel Macron opère plus dans le feutré, ce qui n’est pas une qualité lorsqu’on veut être élu. Personne ne contestera ses capacités intellectuelles et ses connaissances, mais est-ce suffisant pour être plébiscité ? J’en doute. Comme le prouve Donald Trump, ce ne sont pas seulement les connaissances qui comptent, malheureusement bien plus la polémique. En ce qui concerne la jeunesse de l’ex-ministre de l’économie, il n’y a rien à redire.

Barak Obama de son temps a prouvé qu’il était parfaitement possible de devenir un bon président en ayant moins de bouteille. L’enthousiasme a mis au second plan l’expérience. Cela n’a pas eu les conséquences que beaucoup escomptaient. De ce point de vue je considère le leader du mouvement « En marche ! » parfaitement capable. Mais est-il un tribun comme l’est Obama ? Je me permets d’en douter ! Qu’il le veuille ou non, il porte sur ses épaules un lourd fardeau. Il est partie tenante de l’équipe Hollande et doit être tenu de ce fait comme partiellement responsable de l’échec des socialistes. Il aura beau dire qu’il n’a pas la carte, mais cela ne pèsera pas lourd dans ses arguments. Comme nous l’avons vu en Espagne, un mouvement néolibéral peut découler des élections, mais il ne sera probablement pas assez puissant pour avoir la majorité absolue. Il pourra certes avoir une certaine influence sur l’échiquier politique lorsqu’il s’agira de former un gouvernement, mais je ne vois définitivement pas Macron à l’Élysée. N’étant pas prophète je peux me tromper, mais ce serait vraiment la dernière alternative pour barrer la route à Marine Le Pen. Une chose est néanmoins sûre : le paysage politique ne sera plus celui qu’il a été. La majorité sera probablement très mince, ce qui n’est pas un gage d’efficacité. Pauvre France !

pm

http://www.lemonde.fr/politique/article/2016/08/30/apres-la-demission-de-macron-sapin-nomme-ministre-de-l-economie-et-des-finances_4990065_823448.html

Pierre Mathias

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