Theresa May succédera demain à David Cameron à la tête du gouvernement de sa Majesté. Elle a été une partisane modérée du maintien de la Grande-Bretagne dans l’UE. Sa nomination a démontré que ceux qui avaient voté pour le Brexit n’ont pas eu gain de cause. Malgré ses convictions, elle ne reviendra pas sur les résultats du référendum et se mettra en contact avec Bruxelles pour amorcer le grand départ. Madame May a beau dire que l’Angleterre sera en fin de compte la gagnante, je n’en crois pas un traître-mot. Il ne faut pas se leurrer, du point de vue économique c’est un désastre, d’autant plus que l’UE n’a aucune raison de lui faire des cadeaux. Mais aussi en ce qui concerne la politique elle aura du mal à rafistoler le pot cassé. La nation est partagée en deux camps bien distincts : celui des pragmatiques, l’autre des nostalgiques. Ces derniers sont en majorité des personnes âgées qui n’ont pas remarqué que la grande Albion n’est plus qu’un mirage. Si le chômage venait à augmenter, il y aura de plus en plus de tensions. Ne nous faisons pas d’illusions : ce n’est que dans la libre circulation des biens et des citoyens que les effets nocifs du Berxit pourraient être atténués. Si on en croit le vox populi, c’est justement là que le bât blesse. En se réfugiant derrière un mur, le pays s’isolera de plus en plus et ne sera pas en mesure de remédier à la crise. Maintenant il est trop tard de faire machine-arrière. Theresa May le sait parfaitement. Le Royaume-Uni a démontré dans l’histoire que lorsqu’il était acculé, de nouvelles forces ont pu braver le destin. Je pense en particulier à la seconde guerre mondiale. Lorsque la nation subissait les coups de boutoir d’Adolf Hitler, elle a su résister et a finalement été une des artisanes de la victoire finale. Mais le passé ne se répétera pas. Maintenant il faudra cuver le vin tiré et comme on le sait, il est amer. Je suis un démocrate et suis d’avis qu’un plébiscite doit être respecté. Mais malgré tout j’aurais espéré que les responsables se concertent avant de se référer à l’article 50 de la constitution de l’UE qui prévoit les modalités de départ. Mais cela restera un vœux pieu.

Il est inutile de tourner autour du pot, cela sera un divorce avec toutes ses déchirures pour les conjoints. On déballera tout le linge sale et ceci pour ne pas perdre la face. Je suis d’avis que Bruxelles devrait resté de fer en ce qui concerne les modalités de séparation. Il n’y a pas lieu de faire des cadeaux. Le pays devrait se retrouver, s’il en allait de moi, dans une situation égale à celle de du Canada ou de l’Australie. Ce sera l’étranger, que l’on veuille ou pas. Il faudra établir des barrières à la frontière, ce que je réprouve en principe, mais il n’y aura pas d’alternatives. C’est là que le gros de la population anglaise s’apercevra des conséquences de sa décision. De la folie ! Et où sont ceux qui on provoqué le séisme ? Ils se sont lâchement débinés ne voulant en aucun cas porter le lourd fardeau de leur absurdité. Bye bye les Anglais ! Il sera temps pour vous de vous mettre enfin au travail. Et l’Écosse ? Restera-t-elle au sein du Royaume-Uni ou fera-t-elle cavalier seul ? Il est aussi à prévoir que les tensions en Irlande du Nord seront violentes. Personne ne peut dire où tout cela aboutira. Theresa May aura du pain sur la planche.

pm

http://www.lemonde.fr/international/article/2016/07/11/andrea-leadsom-renonce-a-etre-candidate-a-la-succession-de-david-cameron_4967708_3210.html

Pierre Mathias

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