Manuel Valls oublie que le vote populaire est issu de la rue. Que sans un mouvement de protestation, la démocratie n’aurait jamais vu le jour. Cela l’arrange de prétendre cela en ce qui concerne la loi du travail. Que ce soient les syndicats ou la droite conservatrice, les instances dirigeantes essayent de profiter de la situation pour mettre le gouvernement en difficulté. Ceci à peine avant l’échéance de la présidentielle qui aura lieu à moins d’une année. Nous nous trouvons déjà en pleine campagne électorale, même si elle en porte pas le nom. Marine Le Pen se tient pour l’instant à carreau, car elle sait parfaitement bien, que le fait de se taire lui est propice. Elle observe sûrement avec satisfaction que le monde politique en dehors de son parti, s’entre-dévore. Bien que nécessaires, les mesures proposées par l’exécutif sont la pierre d’achoppement de la relance. Une fois de plus l’impression prévaut que la raison se trouve dans un cul-de-sac au profit d’une tactique électorale. Semer la zizanie, telle semble être le but des syndicats et des forces d’opposition. L’avenir de la France passe au second plan. Il serait grand temps que le peuple se rende compte, qu’on joue avec lui au chat et à la souri. Dire non à toutes initiatives raisonnables est devenu une preuve d’indépendance. Si cela ne se déroule pas au sein du parlement, c’est bien dans la rue que cela se passe. Un peu de colère et la machine se met en route. Je trouve parfaitement justifié que cela puisse se passer ainsi, même si j’approuve la loi du travail telle qu’elle est présentée.

Manuel Valls s’en prend au droit de grève, ce que je trouve incompatible avec les valeurs de la gauche. Si au sein de l’Assemblée nationale il n’y a pas de majorité pour les opposants de ces mesures, il faut bien qu’elle s’exprime ailleurs. Il est évident que le blocage est mal vu des dirigeants, mais comment faire autrement ? Et dans tout cela il y a l’Euro de foot! Il est clair que l’Élysée mettra tout en œuvre pour empêcher de tels débordements. La prise en otage des touristes peut être efficace, peu importe si au bout du compte cela nuit à la population toute entière. Peut-être veut-on provoquer du côté des protestataires des représailles afin de mieux pouvoir accuser le gouvernement de tous les maux ? C’est une arme perfide pour faire capoter la gauche toute entière. Il est malheureusement clair qu’il y a autodestruction. En agissant de la sorte, la CGT en particulier fait le jeu du FN. Tout sentiment de malaise lui apporte des voix. Vraiment une ambiance mystérieuse qui risque de jeter la France tout entière dans les recoins du populisme droitier. Et Jean-Luc Mélanchon ? Il est forcément de la partie, mais ne se rend-t-il pas compte que son jeu est un suicide ? A-t-il perdu toute clairvoyance ? Ce sont les affres du populisme qui mettront le pays tout entier à genoux. Il ne peut pas être question d’émancipation, au contraire. Il y a des réalités qui font mal, mais qu’il faut accepter. La loi El Khomri est une nécessité. Si ses opposants avaient au moins d’autres solutions à proposer, je serais moins inquiet. Mais vouloir tout effacer n’est pas un geste politique. C’est tout simplement de l’obscurantisme. Ne faudrait-il pas descendre dans rue pour le dire ?

pm

http://www.liberation.fr/france/2016/06/08/valls-la-democratie-ce-n-est-pas-la-rue-la-democratie-c-est-le-vote_1458282

Pierre Mathias

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