Nommons-la par son nom, l’Autriche fait dorénavant partie des fossoyeurs de l’Europe. Elle est en bonne compagnie avec la Hongrie, la Pologne, la Slovaquie et les Pays baltes. Des nations qui tendent la main pour recevoir de l’argent, mais dès qu’il s’agit de montrer un peu de solidarité, se débinent comme des lapins. Lamentable ! Je n’ignore en aucune manière les grandes difficultés occasionnées par le flot des réfugiés, mais trouve déconcertant que le populisme et l’extrême-droite gagnent ainsi du terrain. Même les sociaux-démocrates, comme du côté de Vienne, se brunissent à vue d‘œil. Quel désastre ! Mais ce qui me touche bien plus, c’est le laxisme d’une grande frange des populations dites éprises de démocratie. On la boucle afin de ne pas se mouiller. Cela pourrait occasionner des ennuis. Il vaut mieux casser du nègre, cracher sur les Arabes, désavouer les juifs que de critiquer ceux qui voudraient faire le salut hitlérien ! J’exagère peut-être, mais la colère me prend lorsque je vois ce qui se passe. Seuls des coups de gueules peuvent tirer de leur léthargie tous ces mollusques, qui ne voient que leur petit confort comme rédemption. S’ils se trouvaient dans la même situation que tous ceux qui fuient la répression, ils ne seraient pas content d’être traités de cette façon. Je ne veux pas être neutre, mettre sur la balance le pour et le contre. Ils ne le méritent pas et ne peuvent qu’en retirer du mépris. Ces mêmes citoyens, lorsque le cataclysme arrachera tout sur son passage, diront qu’ils n’avaient pas su, qu’ils étaient parfaitement innocents. Ils n’ont pas même le courage de dire qu’ils sont racistes, qu’ils approuvent les visées fascistes et qu’ils voudraient, s’ils en avaient les moyens exterminer « toute cette vermine », dont je fais aussi partie. J’en suis même fier ! Que nous courrions à notre fin, ne semble pas les intéresser.

Et il y aussi la fière Albion avec son Brexit. Ne nous faisons pas d’illusions, le pire est possible. Mais où va-t-on ? Les plombs ont-ils vraiment partout sautés ? C’est mon impression ! Je ne vais pas me réfugier au bout du monde, au contraire. Jusqu’au bout je veux lutter pour des idéaux qui me sont chers, comme la sauvegarde des droits de l’homme. Je plains avant tout les plus jeunes qui seront confrontés avec une situation qui pourrait dégénérer. Il serait plus qu’opportun qu’ils se battent pour une Europe libre, dépourvue de haine. Je les trouve trop passifs et s’ils manifestent, c’est avant tout pour leur petit confort. Les étudiants feraient mieux de s’opposer à la montée du populisme. Ils ne le font pas, espérant peut-être trouver leur avantage dans un totalitarisme de l’esprit. Pourquoi ne manifestent-ils pas contre le FN, qui s’est empressé de féliciter le candidat du FPÖ autrichien ? L’internationale des fachos est sur le bon chemin et glanera de plus en plus de voix, car personne ne s’oppose vraiment à eux. Une ambiance qui a un relent des années 30. Il est temps d’inverser la vapeur, mais il faut le vouloir. Il est impératif d’écarter tous ceux qui par opportunisme essaient de se faire une place au soleil au détriment de la liberté. Peut-on encore rêver ? On s’est efforcé pendant des années de transformer les gens en moutons bien dociles. Voilà le résultat peu glorieux.

pm

http://www.lemonde.fr/europe/article/2016/04/27/crise-migratoire-l-autriche-veut-limiter-drastiquement-le-droit-d-asile_4909670_3214.html

Pierre Mathias

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