La peur de l’islamisation de l’Europe est omniprésente chez bien des citoyens. Ceux-ci ne sont pas forcément d’extrême-droite, mais ne veulent pas qu’on touche à nos acquis. Ceux du siècle des lumières par exemple. Avec la montée du fondamentalisme en général – les chrétiens et les juifs sont aussi concernés – des restrictions concernant notre mode de vie libéral pourrait être menacé. Il est question de la tolérance. Elle implique que nous pratiquions aussi une ouverture d’esprit envers ceux qui la rejette en général. Que ce soit envers des milieux soi-disant religieux ou les agités fascistes qui hantent de plus en plus les rues. Il est difficile par exemple d’accepter que dans certaines banlieues les imams fassent la loi. Je les considère comme des citoyens à part égale, qui vivent parmi nous. Il va de soi qu’ils ont des droits et des devoirs comme tout le monde. Qu’ils doivent respecter l’ordre établi depuis la Révolution, devrait être normal. À nous aussi d’accepter leur particularisme et de leur donner les moyens de vénérer Allah d’une manière décente. Le titre donné à cet article est provocateur, car les minarets n’existent presque nulle part. Les croyants doivent se réfugier souvent dans des caves ou prier le vendredi par exemple à ciel ouvert. J’y vois une entrave à la liberté de pensée et de croyance.

C’est évidemment scandaleux. Mais transformer les lieux de cultes en des cellules politiques aussi. Une fois de plus je vais faire l’éloge de la séparation entre l’État et les religions. C’est un acquis que la France ne doit pas galvauder, quitte à scandaliser certains qui voient dans l’interdiction d’afficher leur religion dans des lieux publiques un frein aux libertés individuelles. Cela peut être le cas, mais en général la laïcité a évité que les conflits augmentent. Le danger est que tous ceux qui vivent parmi nous et n’acceptent pas notre société, se sentent attirés par l’intolérance. Elle engendre automatiquement de la violence. Cela commence par des mots pour finir par le meurtre généralisé. Il faut malheureusement reconnaître que nous vivons aujourd’hui sur de la dynamite. Avec le flux migratoire la haine a augmenté. Les adversaires de la multiplicité culturelle gagne du terrain. La réponse est l’apartheid. La société européenne se scinde de plus en plus, ce qui remet en question tout ce que nous avons bâti depuis 70 ans. Quand deux camps, régis par la haine, se trouvent face-à-face, la moindre étincelle peut provoquer un embrasement général. Ce n’est pas à coup de mesures sociales qu’il sera possible d’arrêter cette menace. Nous en sommes conscients, mais totalement impuissant à prendre les mesures nécessaires pour désamorcer les bombes. Depuis quelques semaines nous pouvons constater à que des bévues en ce qui concerne la gouvernance des États. Même l’Allemagne, qui était considérée comme étant efficace, part à la dérive. L’impression prévaut que les nations européennes sont plus ou moins paralysées. Si la réponse doit être la guerre, comme cela a été souvent le cas dans le passé, nous pouvons remballer. Un rebond serait urgent, mais avec le personnel et les structures actuelles il est à craindre que ce soit impossible. Une raison objective d’avoir peur.

pm

http://www.lemonde.fr/banlieues/article/2015/10/26/dix-ans-apres-les-emeutes-le-sentiment-d-abandon-des-banlieues_4796959_1653530.html

Pierre Mathias

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