Au fond il ne faudrait pas écrire une ligne sur le mouvement à tendance xénophobe du Pegida. C’est leur faire de la pub. Mais il serait aussi vain d’ignorer de tels agissements qui mettent en danger la démocratie. En rejetant ce qui se passe chaque lundi à Dresde et dans d’autres villes, la presse essaie de faire prendre conscience aux citoyens que lorsque la haine est en jeu, tous arguments, aussi sensés soient-ils, ne sont pas pris en compte. Depuis une année ce mouvement est devenu plus radical dans ses propos racistes. Il s’attaque aussi aux politiciens qu’ils considèrent comme des traîtres. Dans le collimateur sont en particulier la Chancelière et le président du SPD, Sigmar Gabriel. 15.000 supporteurs d’extrême-droite contre le même nombre d’opposants ont occupé la ville. Il y a eu des échauffourées mais sans conséquences dramatiques. Cela aurait pu être autrement. Ce qui est déconcertant, c’est le fait que de « braves citoyens » suivent comme des moutons ce que des néonazis leurs dictent de faire. Ils ont beau déclarer qu’ils ne sont pas de ce bord, mais ils lui donnent leur aval. C’est exactement le même schéma de ce qui s’est passé dans les années 20, où le peuple était de plus en plus aveugle. Des personnes correctes et honnêtes se sont mutées en félons. Ce sont elles qui ont donné à l’antisémitisme sa légitimation. Ils ont beau avoir déclaré à la fin de la seconde guerre mondiale, qu’ils ont été trompés, mais les faits restent. Sans eux il n’y aurait pas pu y avoir de camps de concentration et ses millions de morts. Si on prétend que c’étaient des assassins, ils vous rétorqueront, que c’était les autres. Eux se targuent de garder une veste blanche, malgré que leurs mains remplies de sang, de tous ceux qu’ils ont mis verbalement au pilori.

C’est ce qui pourrait se passer à Dresde ou ailleurs. À quand la ratonnade des défenseurs des valeurs chrétiennes de l’occident ? À quand l’assassinat de leurs opposants ? Le premier pas a été fait à Cologne. Il n’y a pas de raisons que cela s’arrête-là. Et lorsque les pharisiens du Pegida proclament qu’ils ne voulaient pas en arriver là, je ne les crois pas ! Qui sème la haine devrait au moins avoir le courage d’assumer ses responsabilités. Ce n’est évidemment pas le cas. La question se pose actuellement ce qu’il y a lieu de faire ? Tant que le flux des réfugiés politiques ne se tarira pas, il est à craindre que la peur augmente. Peur des autochtones qui se sentent dépassés. Il en va de l’identité et de l’intégration des migrants. Il est évident que des efforts doivent être faits des deux côtés. Le temps presse, ce qui n’est pas la meilleure option pour mettre en place un système qui devrait calmer la situation actuelle. Il est clair que pour assimiler des centaines de milliers d’étrangers il faut des générations. Une procédure immuable qui demandera beaucoup de patience. Les populistes le savent bien. C’est la raison pour laquelle ils préconisent tout simplement le rejet des immigrés, en leur rendant la vie impossible, en approuvant les mise-à-feu des lieux d’accueil. Il y a de quoi s’inquiéter. La grande majorité du peuple rejette cette manière de faire. Il a le devoir de ne pas laisser « la rue » aux néonazis du Pegida. Car c’est de cela qu’il s’agit en fin de compte.

pm

http://www.lemonde.fr/europe/article/2015/10/19/pro-et-anti-pegida-manifestent-a-l-occasion-de-la-premiere-annee-du-mouvement-islamophobe_4792667_3214.html

Pierre Mathias

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