Qu’on le veuille ou pas, le nazisme colle encore toujours aux semelles des allemands. Une immense majorité le rejette aujourd’hui, mais doit constater que le souvenir ne peut pas s’effacer en 70 ans. Ce qui s’est passé au cours de la seconde guerre mondiale a été si atroce, que les descendants en ressentent encore une grande responsabilité. La mauvaise conscience est présente dans les esprits, même si les générations actuelles n’ont rien à voir avec les méfaits des hordes brunes. C’est la raison pour laquelle les attaques contre les lieux d’accueil des réfugiés sont perçues comme le relent d’un passé qu’on voudrait voir éradiqué pour toujours. C’est pourquoi il y a tant de citoyens qui sont prêts de recevoir les requérants d’asile afin que l’image de la République Fédérale ne se ternisse pas. Je salue cette attitude qui consiste à aller à contre-courant. Instinctivement l’option de la solution la plus facile aurait une certaine logique. Se barricader derrière des murs virtuels, fermer les yeux, se boucher les oreilles et évidement laisser place à une certaines violence. C’est justement ce que refusent tous ceux qui rejette l’extrémisme, sachant bien que le danger est là.

Même si au niveau électoral le néonazisme est en périphérie, c’est un spectre qui émerge plus que jamais aujourd’hui. Il y a les nostalgiques qui voudraient revenir en arrière. Des personnes souvent déstabilisées voulant trouver leur salut dans la dictature. Elles ne supportent pas la démocratie, étant incapables de se gérer soi-même. C’est l’aspect visible de l’iceberg. Les casseurs sont plus ou moins des caricatures qui se réfèrent aux SA. Souvent des individus assez primitifs qui n’ont aucun arrière-plan politique. Leur but est de semer la haine, l’angoisse, de cracher du venin. Lorsqu’on analyse de plus près ce qui se passe, il est évident qu’ils ne peuvent qu’être manipulés par des des agitateurs agissant dans l’ombre. C’est là que la réflexion devrait commencer. La première question qui se pose est de savoir à qui pourrait servir l’effondrement de notre ordre social ? Qui a intérêt qu’il règne en Europe l’anarchie ? Il y aurait pas mal de monde sur les rangs en partant des fondamentalistes de tous bords, en passant par certaines grandes puissances qui ne supportent pas notre indépendance. Une chose est certaine : les intérêts sont différents mais les méthodes toujours les mêmes. L’insécurité favorise l’extrémisme. Il est facile de provoquer des personnes qui normalement n’auraient jamais fait du mal à une mouche. L’afflux des migrants fait peur. Une peur ancestrale de tout ce qui est étranger. S’il y a désordre, il y a automatiquement un affaiblissement des nations. C’est-ce dont veulent profiter certains milieux d’affaires. Il serait probablement erroné de voir partout un complot, mais il n’est pas possible de prouver le contraire. Tous ceux qui s’engagent ouvertement contre les populistes en aidant les plus démunis, sont le meilleur rempart contre le nazisme. Je n’hésite pas de le nommer par son nom ! Ce qui a caractérisé la montée d’Hitler était le non-fonctionnement de la société civile. Il est bon qu’elle se rebiffe outre-Rhin, mais pour combien de temps encore ? Si les gouvernements de l’UE n’agissent pas rapidement, il y aura un raz-de-marée de la cloaque brune et en suite tout le monde dira : « Si j’avais su ! », comme en Allemagne après 1933.

pm

http://www.lemonde.fr/europe/article/2015/08/29/ces-allemands-qui-accueillent-les-refugies-a-bras-ouverts_4739992_3214.html

Pierre Mathias

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