Lorsque cet article paraîtra, peut-être on en sera plus sur les circonstances du crash de l’avion de la Germanwings dans les Hautes-Alpes. D’après certaines déclarations il semblerait que l’un des deux pilotes n’était pas dans la cockpit. Il aurait essayé d’y retourner mais la porte était coincée. Malgré ses efforts il n’aurait pas pu l’ouvrir. Y-aurait-il eu erreur humaine ? D’après les dires des spécialistes l’auto-pilote fonctionnait correctement. La trajectoire de l’appareil était celle qui était programmée, avec la seule différence que l’attitude de l’avion était hors-norme. La raison est encore inconnue. Y aurait-il eu une baisse de pression ? Ou un début d’incendie ? Tant que la deuxième boite noire ne sera pas récupérée, il sera difficile d’avoir une certitude. Ce drame démontre à quel point la présence de l’homme est essentielle lorsque un incident imprévu arrive.

L’ordinateur de bord ne peut pas improviser, se remettre en question, tout au moins lorsque un tel cas n’a pas été prévu par des informaticiens. Lorsque il y a urgence absolue, seul le génie humain peut agir. C’est à la fois rassurant et inquiétant. L’automatisation se développe de plus, une évolution qui démontre que notre dépendance face à l’informatique prend des proportions restreignant de plus en plus notre liberté d’action. Les premières voitures sans conducteurs se pointent à l’horizon. Mais cela pose des problèmes juridiques. Que faire s’il y a défection ? Qui est le responsable en cas d’accident ? Je ne vois pas comment on pourrait condamner un ordinateur des méfaits qu’il a commis ! De même dans l’aviation. Sans une présence active des pilotes, les risques d’accident sont incontournables. De même si ces derniers font des erreurs. La solution se situe dans une coopération effective entre la technique et le bon sens de l’homme. Le danger réside dans le fait que nous nous fions de plus en plus à l’action des ordinateurs. Nous partons du principe qu’ils sont presque parfaits et nous devenons de ce fait de plus en plus laxistes. Le sens de l’improvisation en prend un sacré coup. Dans le simulateur de vol le pilote peut s’exercer à toutes formes d’imprévus, mais cela restera qu’un training n’ayant aucune conséquence en cas de défaillance. Notre société n’accepte pas l’individualité même si elle prétend le contraire. Nous nous transformons de plus en plus en des fourmis incapables de prendre des initiatives hors normes. Et lorsque elles sont prises, elles sont considérées comme étant anarchiques. Le bricoleur, qui à l’aide de moyens du bord, se débrouille et trouve d’autres solutions, est une espèce en voie de disparition. Tout ce qui n’est pas cautionné par la technique est vu d’un mauvais œil. Le bon sens, qui nous dicterait d’autres moyens de faire, est constamment remis en question. C’est une entrave à notre liberté d’action, l’esprit étant déconnecté. Le rôle de l’école serait de promouvoir plus d’initiatives de la part des enfants. Je ne sais pas si cela va dans le sens de la politique qui à l’aide du progrès technologique cherche à rendre les citoyens de plus en plus dépendants. Une évolution qui m’inquiète. Serions nous en train de devenir des automates ? Des êtres auxquels on ne demande pas de trop réfléchir ? Dans un tel cas il ne faut pas s’étonner que l’instinct bât de l’aile !

pm

http://www.lemonde.fr/europe/article/2015/03/26/un-des-pilotes-etait-coince-a-l-exterieur-du-cockpit-avant-le-crash-de-l-a320_4601341_3214.html

Pierre Mathias

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