Oui, j’aurais pu écrire un commentaire sur Boris Johnson et sa manière étrange de concevoir la démocratie. Envoyer le parlement encore une fois en vacance, afin d’éviter des débats houleux est peut-être de bonne guerre car la loi ne le contredit pas, mais très contestable lorsqu’il s’agit de l’avenir de son pays. Mais ce matin je préfère me concentrer sur la formation d’un nouveau gouvernement en Italie, où une alliance « forcée » entre le Mouvement des cinq étoiles et le PD s’annonce. Il devrait être dirigé par le premier-ministre sortant, Guiseppe Conte, qui s’est fait un nom comme bon médiateur. Ce proche du m5s a finalement été une des pièces maîtresse de l’éloignement de Matteo Salvini et sa Ligue. « Il y a un accord politique avec le Parti démocrate selon lequel Conte devra obtenir le mandat de président du conseil pour tenter de former un gouvernement de long terme » a déclaré Luigi Di Maio a sa sortie de son entretien avec le président de la république italienne, Sergio Mattarella. « Nous aimons l’Italie et nous considérons que cela vaut la peine de tenter l’expérience », a déclaré quant à lui Nicola Zingaretti. « Dans des moments difficiles comme celui-ci, nous ne pouvons pas nous permettre de nous détourner de notre responsabilité », a ajouté le leader du parti de centre gauche. Il avait été impérativement nécessaire de repousser toute nouvelle élection, afin de freiner la montée du néofascisme dans la péninsule.

Salvini, avant d’avoir claqué la porte du gouvernement, avait été crédité par les sondages jusqu’à 37 % des voix. Le m5s s’était retrouvé autour de 17 %, ce qui aurait été une débâcle pour ce mouvement protestataire. Maintenant il lui reste environ plus de deux ans pour redresser la barre. Quant au PD, cela lui permet de revenir au devant de la scène et éventuellement de regagner les forces populaires qui ont rejoint la ligue. Matteo Salvini sera tout d’abord forcé de se faire entendre comme le patron de l’opposition. Des bruits courent que son action n’a pas été du goût de certains de ses plus chauds partisans. Peut-être est-ce le culte de la personnalité dont il n’est pas exempt qui a provoqué cette grogne. Pour l’UE c’est une bonne nouvelle. Ce sera le rôle de la nouvelle commission de tout faire pour réintégrer, tout au moins moralement l’Italie. Il faudra aussi qu’elle s’attelle avec Rome afin de corriger certaines erreurs qui avaient été faites dans le domaine économique. Les promesses faites par le précédent gouvernement, ne pourront pas être tenues, ce qui peut provoquer des remous. Le citoyen se trouvant au bas de l’échelle sociale risque de crier au sacrilège et de continuer à donner sa voix à la Ligue. C’est dire « qu’une marche sur Rome » sous l’égide de Matteo Salvini n’est pas du domaine de l’impossible. Il faudra bien du doigté de la part de Guiseppe Conte, qui ne pourra plus ménager la chèvre et le chou pour faire avaler de telles pilules au peuple italien, qui a été trompé par un gouvernement sous son égide. Comme il est un bon négociateur, il est probable qu’à l’heure actuelle il a les principaux atouts pour mener à bien ce redressement. Pour ma part je me réjouis que ce pays que j’aime, ne se laisse pas tenter par les fruits vénéneux du néofascisme.

pm

https://www.lemonde.fr/international/article/2019/08/28/en-italie-le-m5s-et-le-pd-annoncent-un-accord-pour-former-un-nouveau-gouvernement-dirige-par-conte_5503894_3210.html

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