Non, le mouvement des Gilets n’est pas encore un évènement classé. Emmanuel Macron a déclaré : « Il y a des problèmes profonds dans notre pays qui sont liés à l’injustice, aux difficultés économiques qu’on connaît depuis très longtemps, parfois aux doutes qui existent, aux défis qu’on a devant nous liés au vieillissement, au numérique, à l’écologie. » Je pense que les blessures sont si profondes, qu’il est impossible qu’elles se cicatrisent aussi rapidement. J’approuve ce que dit le président, mais voudrais ajouter qu’il y a un grave problème psychologique. Bien des Français ne trouvent plus leur identité. Ils ont bien du mal à s’adapter dans un monde moderne, car le capitalisme que nous connaissons actuellement, ne tient pas compte des aspirations de l’individu. Pour bien des décideurs économiques, le personnel n’est qu’un outil. Pas des personnes ayant une âme, des êtres vulnérables qui ont un urgent besoin d’empathie. Ce n’est pas l’argent qui guérira les plaies. Seule plus de proximité pourra éventuellement apporter un peu de soulagement. Vous me direz que ce phénomène est identique dans d’autres pays. D’accord, mais probablement leurs citoyens ont ou jeté l’éponge ou ont su mieux s’adapter. Cela ne peut pas être le cas des Français qui sont au plus profond d’eux-mêmes un peuple fondamentalement politique. Emmanuel Macron pourraient encore faire de grandes concessions économiques et sociales, le sentiment de malaise restera, car il est profondément ancré au sein de chacun.

« Je pense qu’il y a une partie à laquelle nous avons su répondre, il y a une partie à laquelle nous n’avons pas encore répondu parce que ça prend du temps, il y a aussi une colère à laquelle il n’y a pas forcément de réponses immédiates. » Celle d’extirper la peur, de la rendre plus ou moins caduque. Évidemment une illusion, mais biens des gens croient encore que les dirigeants devraient être en mesures de les soulager. Ils attendent évidemment trop d’eux. C’est la qu’il y a contradiction. Normalement un être libéré, comme celui que la Révolution a préconisé, devrait être en mesure de s’émanciper de ceux qui dirigent le pays. Ils devraient être en mesure de régler leur vie sans influences extérieures, évidemment idéalement. Ceux qui ont renversé la monarchie, voulaient se décharger du joug qui les étouffaient. Mais très vite ils se sont aperçus qu’ils appelaient un chef de leurs vœux. Évidement un antagonisme, mais la preuve que la société n’est pas en mesure de s’émanciper. « Il faut continuer à agir concrètement pour nos concitoyens à la rentrée , c’est ce que j’ai demandé au gouvernement et à redonner du sens à l’action, parce qu’il faut, non pas chercher à éteindre les peurs mais à redonner une perspective, un cap de ce qui est vivre ensemble entre Français de manière apaisée. » Je veux bien, mais le président ferait bien de se dire, que le peuple ne pourra jamais vivre dans l’apaisement, car cela ne correspond pas à sa nature, grand bien lui fasse. C’est ce qui le caractérise des autres. En France, plus qu’ailleurs il y aura toujours des gens qui se révolteront, des écorchés vifs. Des individus ne voulant pas à se soumettre à leur sort. Ce n’est pas de l’Élysée qu’il sera possible de changer ce caractère. Un puits sans fond !

pm

https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/07/28/pour-macron-ce-qui-a-cree-la-colere-sincere-d-une-partie-de-la-population-n-est-pas-derriere-nous_5494264_823448.html

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