Pedro Sanchez et le Parti socialiste ouvrier espagnol, est arrivé largement en tête des élections. Il a glané près de 29 % des voix, ce qui représente 123 députés. Mais il est loin de la majorité absolue, qui est de 176 élus. Le Parti populaire a essuyé un échec cuisant : 66 députés au lieu de 137 sièges. La liste Ciudadanos arrive tout juste derrière avec 57 représentants. Et les néo-franquistes Vox? Ils ont environ 10 % et 24 députés au parlement. Pedro Sanchez sera donc obligé de négocier avec la gauche et certains petits partis pour trouver la majorité nécessaire pour gouverner. Mais malgré les difficultés qui l’attendent, je me réjouis qu’après la Finlande, un parti de gauche puisse gagner a nouveau des élections en Europe. Cela marquera-t-il un tournant ? À moins d’un mois des Européennes je ne le pense pas, tout au moins une correction. Il faudra des années pour retrouver le cap. Une nage à contre-courant des plus pénibles, mais qui a terme devrait rééquilibrer l’échiquier politique. Le tout n’est pas de jeter l’éponge. Mais aussi de revoir les options sociologiques qui se sont transformées. Nous avons affaire à des classes moyennes, craignant perdre leurs privilèges, vivant au plus mal les mutations en particulier dans le domaine du travail. Il en va de la perte de leurs emplois, de la décadence sociale, de la peur de se retrouver dans la rue. Des craintes justifiées par les transformations causées par la robotique et l’intelligence artificielle. Ce que nous nommons communément le progrès, est en fait une chute en enfer pour bon nombre d’entre nous. Dans le domaine de la production, il sera en effet possible d’arriver au même résultat avec moins de monde, même d’obtenir une expansion. Mais à quoi sert-il de fabriquer de plus en plus, si les clients potentiels n’ont pas les moyens d’acheter ce qui est produit ? Pour la gauche un casse-tête chinois ! Que peut-elle faire pour enrayer une telle évolution et ne pas passer pour ringarde ? Une équation impossible à réaliser.

Pedro Sanchez malgré une embellie de son parti, ne pourra pas éradiquer les problèmes structuraux qui se posent à une majorité de citoyens. C’est aussi le problème de la droite modérée. Il serait erroné de croire que l’État puisse tout compenser. Les entrées fiscales diminueront si l’économie bât de l’aile. Tous ceux qui réclament que le tertiaire augmente, en particulier en ce qui concerne les services, comme les soins à domiciles, l’accompagnement des gens en difficultés, qu’il y ait de plus en plus de profs et j’en passe, doivent se rendre à l’évidence qu’avec des caisses quasiment vides, il est impossible de faire des miracles. D’un autre côté il est impossible de freiner de telles évolutions, comme l’histoire l’a démontré. Les élections espagnoles ont été focalisées par les tendances indépendantistes des Catalans en particulier. Mais lorsqu’on se donne le mal d’éplucher les vraies raisons, elles sont du domaine social et économique. L’illusion de pouvoir régler certains problèmes au niveau régional est un leurre, lorsqu’il s’agit d’un phénomène à l’échelle planétaire. Barcelone ne pourra pas mieux enrayer que Madrid une telle évolution. Lorsqu’il y a mal-être, l’homme a tendance à vouloir trouver refuge dans son nid, croyant pouvoir ainsi être protégé. Une illusion ! C’est ce qu’il faudrait faire comprendre aux Catalans.

pm

https://www.lemonde.fr/international/article/2019/04/28/le-parti-socialiste-largement-en-tete-des-elections-legislatives-en-espagne_5456030_3210.html

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