Les compétences d’un chef d’État se mesurent dans des périodes difficiles, même parfois désespérées. Emmanuel Macron, avec le grand débat national, est à nouveau en mesure de gagner des points, car il ne se laisse pas aller à la démagogie. Il est certes allé de l’avant en ce qui concerne les revendications des Gilets jaunes. Dix milliards d’aides supplémentaires ne sont pas une bagatelle. Tout en ayant reconnu certaines de ses erreurs, il ne renie par pour autant le programme qu’il s’est engagé à réaliser. Il continuera à faire des réformes, à modifier la structure même de la société. Avec le grand débat, il donne aux citoyens la possibilité inédite de pouvoir participer directement à la refonte de l’État. Il a déclaré hier à Souillac, dans le Lot, devant 600 maires venus de toute l’Occitanie, que tous les vœux ne pourront pas exaucés, mais que des corrections ou de nouvelles configurations concernant les futures lois, pourraient être envisagées. Si vraiment le but souhaité lors de ce grand dialogue était atteint, la Cinquième République devrait s’en trouver grandement modifiée. Nous passerions d’un système relativement autoritaire à une participation populaire, qui pourrait voir son apogée dans le référendum ou le droit à l’initiative, soit la possibilité pour chacun de lancer ses propres idées et grâce aux signatures qu’il recueillerait, pouvoir les mettre aux voix lors d’un scrutin à l’échelle locale, régionale ou nationale. Je pense qu’un président n’est jamais allé aussi loin dans de telles démarches.

Mais ne nous leurrons pas, une telle participation politique demande bien plus de travail. On sort d’un modus plus ou moins aisé, dans lequel il est possible d’accuser de tous les maux les dirigeants, pour se retrouver avec des responsabilités qu’il faut assumer. C’est bien plus difficile que d’aller voter pour tel ou tel candidat, duquel on attend qu’il fasse tout à notre place. Une telle option demande aussi un certain style. Il s’agit d’être en mesure d’entamer une discussion propice pour tel ou tel projet. Il faut apprendre à écouter, un exercice assez pénible pour beaucoup d’entre-nous. Les politiciens n’en sont pas exemptés. Il y a quoi suivre des débats à la télévision pour s’en rendre compte. Le grand tort d’Emmanuel Macron est d’après une majorité de gens, l’incapacité d’aller au devant des citoyens en faisant des mea culpas. Il n’est pas dans ses capacité de le faire, ce qui a aussi des avantages. Nous avons affaire à un homme, qui dans l’adversité cherche à comprendre les erreurs qu’il a put faire. Il sait qu’il ne pourra pas se délester de son caractère mais que dans des actions offensives il sera en mesure d’atténuer son impopularité. C’est dans les faits qu’on le jugera, pas dans sa manière d’agir. Il est jeune, fougueux, actif, ce n’est pas dans la pondération qu’il tire ses qualités. Il sait qu’il se fourvoie parfois, qu’il peut blesser, je le pense incapable de vouloir constamment mettre une sourdine à ses réactions, comme pourrait le faire une homme ou une femme aillant de la bouteille. Le peuple a élu la jeunesse avec tous les défauts qu’elle peut avoir. C’est cette carte qu’il faut continuer à jouer, quoiqu’il arrive. C’est là que réside l’avenir de la France, pas dans un état comateux. À l’attaque, peut importe de quelle côté de la barrière on se trouve. Il en va de la virilité du pays !

pm

https://www.nouvelobs.com/monde/20190117.OBS8699/tribune-et-si-l-impopularite-de-macron-etait-une-bonne-chose.html

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