Le député Richard Ramos du MoDem, membre de la majorité, a déclaré dans une interview dans le Nouvel Obs, que le gouvernement ferait bien de ne pas baser toute son action sur les questions d’argent. Bercy aurait d’après lui une importance démesurée dans les décisions prisent par Matignon et indirectement par la Présidence de la République. Il essaie néanmoins de ménager Emmanuel Macron, mais n’est-ce pas lui qui tient les rennes du pouvoir ? Représentant d’une circonscription rurale, Richard Ramos est aux premières loges, lorsque il s’agit de prendre note des récriminations des administrés. Si je l’ai bien compris, la prédominance des technocrates est le talon d’Achille de la nouvelle politique. Il attend de Paris un peu plus d’empathie. J’ai repris cette thèse d’un homme du terrain, car elle me semble caractéristique à une époque de redressement. Il ne faut pas oublier que la France se trouvait jusqu’à présent dans une situation difficile, où il faut en premier lieu redresser les finances du pays. Pour pouvoir réaliser des objectifs politiques, il faut avoir des réserves budgétaires importantes. Autrement on entre à nouveau dans l’évocation de projets mirifiques, qui par manque de moyens restent lettre-morte. Il est évident qu’avec une telle rigueur, il ne reste relativement que peu de place pour donner à l’action gouvernementale le sentiment que les hommes et les femmes de France jouent un rôle prioritaire. Il s’agit tout d’abord de mettre de l’ordre dans le ménage avant de passer à l’action politique. Pour ma part je trouve cette démarche raisonnable. Trop de promesses ont été faites sans des résultats tangibles. Le Président de la République avait déjà au cours de sa campagne électorale évoqué ce dilemme et dit qu’il fallait jouer cartes sur table. Les gestionnaires ont souvent du mal à assortir leurs décisions de belles paroles lyriques. Dans le cas de Bercy, ils ont le devoir d’être efficaces. Et si cela grince parfois, c’est bien normal, lorsqu’il faut serrer la ceinture.

Mais je suis aussi d’accord avec Richard Ramos, lorsqu’il dit qu’il faut expliquer les décisions prises aux citoyens et ceci d’une manière plus humaine. C’est avant tout une affaire de rhétorique. D’un côté il y a les chiffres, qui sont le plus souvent impitoyables et qui n’annoncent pas d’embellie, de l’autre le message politique, qui consiste à dire, où le vaisseau France se dirige. Jusqu’à présent les dirigeants ont donné la priorité au deuxième volet. Avec un certain talent oratoire, ils ont mis la charrue avant les bœufs. Pour des questions électorales, ils ont évité de dire des vérités qui font mal. C’est humain, mais en fin de compte néfaste. Pour ma part, sans pour autant négliger le redressement, j’aimerais mieux comprendre dans quelle forme de société nous nous acheminons. Peut-être qu’Emmanuel Macron donnera une réponse à ce genre de demande aujourd’hui sur TF1. Ce n’est pas un hasard que le débat aura lieu dans une bourgade de la France profonde, loin des lambris dorés du Palais de l’Élysée. Peut-être la volonté de se mêler plus au peuple, dont il fait aussi partie. Cela l’obligera, sans négliger ses vues, d’avoir un langage clair en tenant compte du désir des citoyens d’être mieux compris et informés.

pm

https://www.nouvelobs.com/politique/20180411.OBS5030/le-gouvernement-ne-doit-pas-toujours-penser-fric-l-avertissement-d-un-depute-de-la-majorite.html

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