Gregor Gysi a écrit un best-seller, « Ein Leben ist zu wenig » (Une vie c’est trop peu), qui a été vendu plus de 100000 fois depuis sa parution il y a cinq mois. Cet avocat, qui du temps de la RDA, était le défenseur de nombreux dissidents, avait des rapports assez étroits avec le régime, ce qu’on lui a reproché. Sa réponse : « Comment aurais-je pu être efficace, sans certaines relations ? » Il a été jusqu’à peu, un des leaders de « Die Linke », le parti de gauche issu du SED, la formation dominante de la RDA, dont Erich Honecker était issu. Personne n’a oublié le mur de Berlin, la Stasi, la police de sûreté, qui était omniprésente, les arrestations arbitraires et ceci au nom du socialisme. Le «Die  Linke » a pris depuis ses distances par rapport à son aîné et joue depuis l’effondrement du régime autoritaire de la RDA, la carte de la démocratie. Il doit indéniablement cette évolution à Gregor Gysi, qui pendant des années a été député au Bundestag et un des leaders charismatique de ce parti. Il se détachait de ses collègues, peu importe leur couleur politique, par un talent oratoire peu commun en Allemagne. Un homme qui savait parfaitement manier le verbe. Sans vouloir oublier les souffrances occasionnées par le SED et son régime impitoyable, il essaie toujours de tempérer les esprits au sujet de ce passé, en invoquant les acquis sociaux de la RDA. Pas de chômage, un bon système scolaire et j’en passe. Il aurait voulu que la République Fédérale ne rejette pas tout d’un bloc et reprenne les aspects positifs, comme la gérance de la petite enfance, par exemple. De la crèche à la maternelle, toutes les familles pouvaient compter pouvoir y placer leurs enfants, ce qui permis aux mères de pouvoir exercer leur métier et gagner ainsi de l’argent pour le ménage. Ceci moins l’endoctrinement qui était insupportable. Du bourrage de crâne depuis le plus jeune âge.

Grego Gysi a réussi par son habileté à ne jamais passer à la trappe, comme l’aurait souhaiter bien des politiciens. Il est issu d’un milieu très cultivé, d’origine zurichoise en Suisse. Une famille praticienne d’une des capitale mondiale de la haute finance, le berceau du mouvement Dada dans les années 20. Parallèlement à ses vœux que la justice sociale gagne du terrain en Allemagne, il représente une frange de la société éprise d’érudition. Son père a été de 1966 à 1973, ministre de la culture de la RDA, de 1979 à 1988 chargé des affaires religieuses. Cet ancien résistant contre le nazisme, incarnait en quelque sorte, la bonne conscience de ce régime dictatorial. Son fils en a sûrement les traits de caractère. Un homme affable, mais avec un sens de la répartie assez remarquable. Gregor Gysi a sûrement marqué l’histoire de l’Allemagne après la chute du mur. Malgré la force de ses convictions, il est un homme aux abords courtois. Il a le charme rassurant d’un lettré. C’est bien lui qui a réussi à faire du parti « Die Linke » un parti respecté de tous, un parti qu’on ne pourrait plus rejeter malgré ses antécédents. Il fait aujourd’hui partie intégrante de la vie politique de l’Allemagne. De l’opposition, il pris des responsabilités au sein de la vie politique en Allemagne. Il fait aujourd’hui partie de la normalité !

pm

http://www.lemonde.fr/idees/article/2018/04/07/en-allemagne-les-memoires-d-un-politicien-de-l-est-best-seller-surprise_5282165_3232.html

Schreibe einen Kommentar

Deine E-Mail-Adresse wird nicht veröffentlicht. Erforderliche Felder sind mit * markiert.