L’ouverture de la SNCF à la concurrence, comme l’exige l’Union Européenne, constitue une option de taille, qui amène avec elle un grand nombre de changements. La compagnie changera de statut et deviendra une société de droit privé, avec certes un actionnaire de taille : La République française. Afin que tout cela fonctionne, la rentabilité sera placée aux premières loges, ce qui n’est pas le cas actuellement. Cela peut amener la SNCF a fermer certaines lignes peu rentables, à changer le rythme de l’horaire en fonction des profits. Cela ne correspond évidemment plus à la philosophie du service publique, qui a pour premier devoir d’offrir au public un service complet, même si économiquement cela entraîne des pertes. L’Allemagne a connu ce phénomène il y a quelques années. Ce que je peux en tirer comme conclusions à l’heure actuelle, c’est qu’au point de vue du fonctionnement, il y a bien des pannes. La concurrence directe n’a pas vraiment donné un coup de fouet à cette entreprise qui par bien des points de vue est ringarde. Et ceux qui pensaient que le prix des billets allait baisser, se sont royalement trompés. En France il en sera de même. Il y aura probablement deux sociétés, l’une étant propriétaire du réseau ferré, l’autre gérant son leasing. Cela revient à dire que cette dernière accordera des licences à toutes sociétés faisant des offres intéressantes.

En Allemagne des sociétés privées françaises sont actives au même titre que pour l’électricité et l’eau. En claire cela signifie que si j’achète un billet de A à B, diverses compagnies effectueront mon transport. Pour les clients cela ne changera pas grand-chose du point de vue de la mobilité, mais probablement au niveau des prix. Il est clair que dans un tel système, le statut du chemineau changera. Aujourd’hui il est encore un fonctionnaire ; demain il sera un employé comme un autre. Chez nos voisins allemands cela s’est passé comme suit : Tous ceux qui jouissaient des avantages garantis par l’État ont gardé ce privilège. Mais tous ceux qui seront engagés à l’avenir devront se soumettre aux règles pratiquées dans le privé, ce qui n’est évidemment pas du goût de tout le monde. Je pense que la réponse des syndicats sera cinglante. Il y aura probablement un mouvement de grèves qui pourrait être unique dans l’histoire de la SNCF. Mais il faut bien se dire, qu’il ne peut y avoir de fléchissement de l’État, car ceci tombe dans le cadre des mesures préconisées par l’UE et qui seront obligatoires à partir de 2021 pour tous les pays-membres. En France on a repoussé au plus loin cette échéance, sachant bien quelles seraient les conséquences. Édouard Philippe a indiqué que ces nouvelles lois seraient édictées par ordonnances afin de pouvoir mettre en place ces nouvelles conditions le plus rapidement possible. Et moi dans tout cela ? Je suis d’avis que dans ce cas bien précis la privatisation des chemins de fer n’a pas apporté pour les utilisateurs les avantages préconisés. Comme je l’ai déjà cité, les prix ont augmenté considérablement, l’exactitude des horaires laisse de plus en plus à désirer. Puis il y a un grand nombre pannes par faute d’investissement. Le bilan est jusqu’à présent guère encourageant.

pm

Schreibe einen Kommentar

Deine E-Mail-Adresse wird nicht veröffentlicht. Erforderliche Felder sind mit * markiert.