J’ai souvent un malaise lorsque j’entends parler de la méritocratie. C’est absolument positif de vouloir faire le mieux possible, de vouloir se hisser tout en haut de notre société, et ceci non pas par des intrigues, mais par le travail. Mais cela ne doit pas devenir une obsession comme c’est souvent le cas en France. Les concours sont la clef indispensable pour ouvrir la serrure des écoles. Mais par leurs propagations ils dévalorisent le bac. Pour ma part je serais plutôt enclin à le revaloriser. Puis, ne nous faisons pas d’illusions, c’est pour les jeunes une perte de temps, pleine d’angoisses et souvent marquée par la désillusion. Il faut avoir des nerfs solides pour supporter tout cela. Il est difficile de reconnaître la réalité. Quand seul un dixième ou moins des candidats qui se présentent, seront pris, cela équivaut à une loterie. Je connais la mère d’un jeune homme qui a fait plusieurs concours pour faire une école de kinésithérapie ou de nutrition naturelle. Les frais occasionnés ont été élevés. Sans de l’aide extérieure il est difficile de réussir. Et cela coûte beaucoup d’argent. Puis ce n’est pas tout. Si la réussite d’une école représentait une option effective pour l’avenir, je m’y opposerais moins. Ce n’est évidemment pas le cas.

Au niveau national, il est impérieux de lutter avant tout contre le chômage des jeunes. Cela implique qu’ils soient disponibles le plus rapidement possible, évidemment avec des critères de qualité dépassant la norme. Mais cet excès de concours ne doit pas être un frein. Je pense qu’il l’est. Le système allemand de l’apprentissage est plus effectif. Il respecte les lois du marché et lance les jeunes le plus rapidement dans la vie professionnelle. La vie de l’entreprise est évidemment un atout de poids pour pouvoir s’améliorer. Dès le début de leurs choix professionnels, les jeunes gens sont confrontés avec la réalité. C’est là seulement qu’intervient la méritocratie. Un travail d’équipe qui consiste à tout faire pour rafler des commandes dans le monde entier et ceci en travaillant sur le tas. L’ouverture qui est pratiquée outre-Rhin a apporté les fruits que nous connaissons, car la pratique se trouvait placée au premier plan. Je ne peux qu’attendre de la France qu’elle apporte des améliorations dans ce sens. Le fait de plonger dès le début des aspirants dans la pratique, leur donne une idée précise des compétences qu’on attend d’eux. Mais il ne faut pas non-plus ignorer les connaissances théorique. En Allemagne tout apprentissage inclut le passage obligatoire dans une école professionnelle. Les apprentis doivent s’y rendre obligatoirement un nombre de jours par an pour obtenir au bout du compte leur diplôme. Autre avantage de cette méthode, c’est le fait que beaucoup de jeunes ayant terminé leurs quatre ans de formation, peuvent être repris par l’entreprise, où ils ont appris leur métier. Il s’agit d’une méthode qui prévoit l’intégration de nouveaux employés. Dans le temps il était presque indispensable que cela se passe ainsi, maintenant les firmes hésitent à s’engager trop. Toutes ces différences appellent à une réflexion générale dans les pays de l’Union. À côté d’une reconnaissance des critères de part et d’autre, ouvrant les portes du marché partout en Europe, ce sera la seule possibilité de donner des chances égales à tous ceux qui veulent évoluer. Bon vent les jeunes ! Ne craignez pas l’avenir!

pm

http://www.lemonde.fr/campus/article/2018/02/09/les-concours-une-tradition-francaise-faussement-meritocratique_5254124_4401467.html

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