Que de terrain perdu à regagner ! Emmanuel Macron le sent bien en effectuant son voyage en Afrique. Il essaie avec raison d’aborder offensivement les tensions qui ont marqué les relations entre la France et le continent africain à cause du colonialisme. Il sait parfaitement que la situation actuelle en découle encore. L’indépendance a été souvent assez brusquée et n’a pas laissé le temps de mettre en place des structures, qui auraient été indispensables. Les résultats nous les connaissons. Jusqu’à présent beaucoup d’efforts ont été faits pour compenser les erreurs du passé, mais elles ne suffisent pas, de loin. Trop d’intérêts économiques, en majorité ceux de l’Europe, créent un déséquilibre de mauvais aloi. Le peuple se sent grugé. Y aurait-il tant de personnes, qui au péril de leur vie essaieraient de traverser la Méditerranée sur des embarcations de fortune, qui donneraient tout ce qu’ils ont pu amasser comme argent pour payer des passeurs pourris ? Il est souvent question de réfugiés économiques, ce qui est une déformation complète de la réalité. Ces malheureux prennent le risque de quitter leur patrie, parce qu’ils n’ont pas d’autres possibilités. Les Européens le savent parfaitement, mais préfèrent passer sous silence ces faits, pour pouvoir mieux renvoyer ces gens, en particulier tous ceux qui viennent du continent noir. Lorsqu’ils parlent d’investir de l’argent devant profiter au peuple, ils n’ont pas encore trouvé les moyens d’éviter que ces sommes soient empochées par des milieux corrompus, souvent par ceux qui détiennent le pouvoir.

Pour qu’il y ait des résultats tangibles, il faudrait mettre soi-même la main à la pâte, comme le font les Chinois. Pas par bonté ce cœur, mais afin de gagner plus d’argent en fin de compte. Emmanuel Macron a le devoir de mettre en route une autre forme de coopération, s’il veut approfondir les rapports actuels. Cela demande évidement plus de respect envers les habitants et en aucun cas du racisme. Sans vouloir se mêler des affaires intérieures des pays concernés, il devra encourager la mise-en-place de rapports plus équitables entre les nations riches et les citoyens, qui ploient sous les soucis et qui se sentent abandonnés. Il faudra briser une certaine mentalité, qui a encore toujours un relent de colonialisme. Ce serait aux jeunes de prendre la relève, car eux ne sont pas en principe imprégnés de jugements erronés. Pour remettre à plat tout ce qui a été fait jusqu’à présent, il faut absolument se séparer des préjugés. Je pense que c’est le fond du discours qu’il a donné à 800 étudiants à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso. Il a parlé de sa génération et celle des plus jeunes qui devraient tisser d’autres rapports que ceux qui ont existé jusqu’à présent. Il est évident que la France défend ainsi ses intérêts, les Africains le savent bien, mais ceci dans un esprit d’ouverture et de fraternité. Tout le monde veut en profiter, mais dans un esprit de vraie coopération. Il ne s’agit pas de recevoir des cadeaux, mais d’entrer dans une ère d’égalité. C’est bien ce que j’ai compris dans la démarche du Président de la République. Je ne peux que l’approuver !

pm

http://www.lemonde.fr/emmanuel-macron/article/2017/11/28/colonisation-egalite-hommes-femmes-francophonie-les-temps-forts-du-discours-d-emmanuel-macron-a-ouagadougou_5221613_5008430.html

Pierre Mathias

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