Comme je l’ai écrit hier et aujourd’hui, l’Allemagne est en pleine crise. Elle vit un phénomène qu’elle n’a jamais connu depuis près de 70 ans, celle de la perspective d’un gouvernement minoritaire. Cela revient à dire que pour tous les projets de loi, il faut trouver des alliés momentanés, ce qui est une prouesse digne d’un équilibriste. Je ne vois pas très bien Madame Merkel marchander des voix, comme un négociant d’un bazar oriental, qui essaie de faire baisser le prix d’une marchandise. Cela ne correspond pas à son profil de protestante. Et comment faire quand on veut avoir le leadership avec la France de l’UE ? Pour moi il n’y a pas d’autres alternatives que d’envoyer à nouveau les électeurs aux urnes, avec tous les dangers que cela comportent. Ce soir j’ai envie d’envoyer Monsieur Lindner et son FDP au diable. Jamais, au grand jamais il n’aurait dû faire échouer les négociations. Cela démontre une incapacité complète du sens à donner à l’histoire. Et tout cela que pour porter aux nues son ego de jeune homme smart, qui veut faire la une des journaux en « emmerdant » les autres ! Je n’ai jamais été un inconditionnel de la Jamaïque, mais c’était le seul moyen de sortir le pays du marasme politique dans lequel il se trouve. Je viens de voir Madame Merkel à la télévision. Elle essayait de garder contenance malgré la pilule amère qu’on vient de lui faire avaler. Elle a réaffirmé qu’elle se représenterait en cas de dissolution du Bundestag. Mais elle serait aussi à disposition pour les autres tâches qui pourraient se présenter à elle. Mais pour l’instant on s’aventure dans des terres inconnues.

Que se passera-t-il avec le SPD ? Il dit haut et fort qu’il n’est plus disponible pour une grande coalition, pour l’instant tout au moins. Frank-Walter Steinmeier, le camarade président, quant à lui, essaie de convaincre ses anciens acolytes de penser tout d’abord à la nation, et bien après aux pertes de voix qu’a subit le parti le 24 septembre. Un record depuis 1948. Il est vrai que le SPD a fait du très bon boulot ces dernières années et a reçu comme remerciement un magistral coup de pied au cul. On peut comprendre que les militants ne crient pas de joie lorsqu’on leur demande de réitérer de telles unions, qui en fin de compte les déplument de plus en plus ! Que dire de tout cela ? L’Allemagne a encore un grand chemin à faire pour atteindre une maturité politique. Où sont passés les grands philosophes, les fortes tronches qui comme Marx ou Engels ont donné du piquant à une société repue et soumise bien qu’ils aient échoué ? J’ai l’impression que les gros plein de soupe se prélassent dans leur graisse, au lieu de tirer la sonnette d’alarme. Ou tous ceux qui rêvent au grand Führer qui pourra les mener à la baguette. Je crains que bien de soit-disant citoyens ont plutôt une mentalité de serf. Peut-êtres d’esclaves un peu maso sur les bords. Vous l’avez deviné je suis assez en colère de voir ce cirque qu’on nous présente. Ce n’est pas encore digne du grand guignol Donald, mais s’ils s’y mettent tous, on risque de boire le bouillon de minuit. Tout cela pour vous dire qu’il y danger ! Peut-être est-ce un coup de semonce qui réveillera les Allemands. À bon entendeur ! Amen ! Faut bien se défouler, les amis !

pm

http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/11/20/crise-en-allemagne-un-gouvernement-de-minorite-serait-politiquement-risque_5217724_3214.html

Pierre Mathias

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