Une vache à lait qui économise, n’est pas forcément sympathique pour tous ceux qui espèrent que l’État les soutiendra financièrement. Le budget 2018 a le devoir d’abaisser la dette, sans pour autant mettre en panne des secteurs importants pour la relance économique. Il y a la volonté de baisser les charges des entreprises, tout en économisant près de 15 milliards. Puis il faut cajoler les contribuables, afin qu’ils restent de bonne humeur. Au bout du compte tout le monde est de l’avis que c’est aux autres de serrer les cordons de la bourse. L’élaboration d’un budget n’est pas une sinécure. Il faut vraiment avoir le don d’un équilibriste pour arriver sans trop de dommages au bout du trajet qui a été fixé. Mon but n’est pas d’entrer dans les détails de ce qui a été décidé, mais plutôt d’évoquer une marche à suivre. Nous nous trouvons dans une période très précaire, où chaque pays est forcé de dépenser plus d’argent pour la défense, des sommes qui manquent cruellement dans d’autres domaines, mais qui sont inévitables. Le seul secteur de l’économie qui en profite est l’industrie de l’armement. Du point de vue de l’éthique, c’est contestable. Il est évident que lorsqu’on se penche sur un budget, quelque soit le pays, on s’aperçoit qu’une nation à elle seule n’est plus en mesure de couvrir tous les frais. Le discours qu’Emmanuel Macron a tenu à la Sorbonne m’a fait bien comprendre qu’il était de l’intérêt de tous les pays-membres de l’UE, de rationaliser leurs dépenses en mettant sur pied des projets communs. Ceci serait utile dans le domaine de la défense et de la lutte contre le terrorisme. Cela voudrait dire que chacun devrait tenir compte des intérêts de ses partenaires. En investissant dans une armée européenne, il serait possible de mieux cadrer les dépenses en ce qui concerne l’armement, en passant des commandes communes, où les frais pourraient être réduits en ne modifiant pas tous les modèles, par orgueil national.

L’armée allemande est un exemple négatif. En voulant modifier constamment des prototypes qui ont fait leurs preuves, la Bundeswehr connaît une panne après l’autre. À coté des dépenses qui prennent des dimensions colossales à cause des modifications demandées, les engins commandés sont plus que vulnérable. Une grande partie de la flotte des hélicoptères n’est pas opérationnelle. Ils sont obligés de rester à terre. En faisant des commandes communes ce genre d’aventures est moindre. Mais aussi dans le financement de grands projets technologiques, une démarche à l’échelle de l’UE est indispensable, car sinon les efforts seraient trop modestes pour être effectifs. Je suis partisan d’un budget de la zone euro, mais à condition que les membres définissent exactement les projets à soutenir. Je suis d’avis que chaque dépense public doit être accompagnée d’un business-plan ayant pour but de rentabiliser les dépenses à long terme. La priorité absolue pour moi ce serait de tout faire pour créer des emplois, qui devront être une source de revenu pour l’État. Comme je l’ai déjà écrit souvent, faire des économies en oubliant qu’il faut gagner de l’argent n’a pas de sens. Tout secteur recevant des subventions devrait agir ainsi. L’administration devrait avoir un esprit d’entreprise, et ceci même dans le domaine social et culturelle. C’est possible !

pm

http://www.lemonde.fr/politique/article/2017/09/27/budget-2018-un-pari-pour-doper-la-croissance_5192264_823448.html

Pierre Mathias

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