Lorsqu’il s’agit de sécession, j’ai de la peine à l’accepter. Le parlement catalan a décidé d’appeler les citoyens aux urnes afin de pouvoir, après un oui de leur part, décréter l’indépendance. Tout cela s’est fait dans le tumulte. Un grand nombre de députés ont quitté l’hémicycle car ils étaient de l’avis que le débat se déroulait anti-démocratiquement. Le gouvernement espagnol rejette évidemment toutes initiatives de ce genre arguant qu’elles ne sont pas conforme à la constitution. Je pense que si la Catalogne faisait cavalier seul, ce serait une nouvelle défaite pour l’UE. Elle serait automatiquement plus membre de l’Union. Dans un tel cas il faudrait tout renégocier, ce que Madrid refuserait. Une telle initiative donnerait une dynamique d’effritement ce que je ne peux pas accepter. Il ne fait aucun doute que d’autres régions comme la Corse ou la Bretagne par exemple, essaieraient elles aussi de suivre une telle voie. Nous nous trouvons devant un problème de taille. Il faudrait refonder l’UE. Je vais essayer d’être un peu utopiste. Il est évident que le régionalisme gagne en ce moment du terrain. C’est une réponse à la mondialisation, qui bien trop souvent ne tient pas compte des besoins individuels, que ce soit dans les domaines sociaux ou écologiques. Les gens sont enclins de plus en plus à privilégier la proximité. Ils donnent la priorité à des produits provenant de la région. Ils sont avis que les problèmes qui nous touchent tous doivent être réglés à ce niveau, car ils tiennent compte des conditions locales. C’est évidemment un point de vue qu’on peut partager. Mais ils oublient le cloisonnement qui peut être étouffant. Il aboutit à un égoïsme généralisé qui paralyse la société. Il ne faut que prendre le Moyen-Âge comme exemple ou toute l’Europe était morcelée ce qui a aboutit à des conflits, à des guerres dévastatrices. Et pour ce rendre d’un point à l’autre, il fallait passer un grand nombre de frontières. Ce système a été la démonstration de l’immobilisme, car il était totalement axé sur soi-même.

En temps que démocrate je peux tout à fait comprendre que des citoyens veulent se délester d’un joug arbitraire. Au sein des nations c’est la majorité qui décide. Mais cette dernière ne tient pas toujours compte des sensibilités locales. Je pense qu’en ce qui concerne la Catalogne beaucoup d’erreurs ont été faites. Elles sont issues du Franquisme qui n’était concevable que dans un contexte centralisateur. Il s’agissait de donner au pouvoir – en son temps celui de la dictature – les moyens d’imposer son idéologie. Elle repoussait toute forme d’individualisme, qui est le propre du régionalisme. En partant du point de vue que l’union fait la force, beaucoup de revendications justifiées passent aux oubliettes. Il y a évidement dans tout cela un relent de totalitarisme, mais comment faire autrement ? La seule solution serait d’éliminer les structures nationales et de les remplacer par celles des régions au sein de l’UE. Ce serait peut-être conséquent, mais ne trouverait sûrement pas l’unanimité. Cela reviendrait à dire que Bruxelles devrait remplir le rôle qu’ont actuellement les gouvernements nationaux. Comment gouverner l’Union en ayant des dizaines et des dizaines de régions ? Ce serait une tour de Babel !

pm

http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/09/06/le-parlement-catalan-adopte-la-loi-prevoyant-un-referendum-d-autodetermination_5182004_3214.html

Pierre Mathias

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