Édouard Philippe ne faillit pas à la règle lorsqu’il évoque ses lectures dans un quotidien. La littérature va souvent de paire avec la politique en France, ce que je trouve positif. En outre le premier-ministre est le coauteur de romans policiers. Il s’est avéré exact que l’écriture est un très bon moyen de rassembler ses idées et de les mettre sur le ballant. C’est en se creusant les méninges sur telle ou telle formulation, qu’il est possible d’affiner des idées et de les présenter comme un outil de travail. Tous postes de responsabilité sont étroitement liés à des remises en question. C’est en écrivant qu’on est en mesure de jauger les décisions à prendre, de les filtrer. L’art de gouverner réside dans le fait de se faire subir constamment un exercice intellectuel, permettant d’opérer des choix. Il est, comme nous le savons, dangereux d’agir trop spontanément lorsqu’il s’agit du destin de toute une nation. Les Présidents écrivains ne sont pas rares. Le premier qui me vient à l’esprit est Charles de Gaulle. Dans ses mémoires il apporte beaucoup de talent dans la manière d’utiliser la langue pour transporter ses pensées. Il va un pas plus loin en ayant les capacités à l’aide de ses écrits de brosser des paysages, comme celui de Colombey-les-deux-églises par exemple, où se trouve la demeure familiale. La littérature fait partie intégrante de sa personnalité et lui permet de se faire comprendre. Georges Pompidou, quant à lui, à été l’initiateur d’une anthologie poétique, où il avait rassemblé les poèmes qui le touchaient le plus. La philosophie a été placée sur un piédestal par François Mitterrand, dans le cadre des ses entretiens avec Elie Wiesel. Je ne vais pas continuer à énumérer les chefs d’État s’intéressant à autre chose que la politique. Certains textes évoquant la marche des nations, ont rejoint l’Olympe des œuvres d’art universelles.

Mais attention, l’écriture peut aussi être utilisée comme arme, comme « Mein Kampf » par exemple. Adolf Hitler a rédigé cet ouvrage infâme lors de sa captivité à Landsberg, une ville de Bavière. Le contenu est celui qu’il a appliqué par la suite. Il est regrettable que nombre de citoyens n’aient jamais lu ce texte vitriolé. Ils auraient pu en tirer certaines conclusions et s’apercevoir qui se cachait derrières ces diatribes. Je dois avouer qu’il est presque impossible de lire ce manifeste, car son style est plus que bancal. Une preuve que des écrits peuvent aussi être des armes redoutables. C’est ici que le diction, « les mots peuvent tuer », prend sa vrai dimension. Chez Mao ce sont des poèmes qui ont été l’amorce de la dictature prolétarienne. Le livre rouge, sa bible, était répandu partout, où la révolte grondait. Comme ces exemples le démontrent, on ne peut pas sous-estimer l’impact de l’écriture. C’est la raison pour laquelle je demanderais à chacun qui veut se lancer dans la politique, de bien réfléchir avant de publier tel ou tel texte. Il doit se dire que ce sont des indices indélébiles qui risquent de faire partie de l’histoire. Ce qui est écrit prend la vraie dimension d’une volonté politique, qu’on le sache. Lorsqu’il a interférence entre la politique et la philosophie, cela peut provoquer des remous. La plume est considérée parfois avec raison, comme du poison, qu’on se le dise !

pm

http://bibliobs.nouvelobs.com/documents/20170626.OBS1215/je-suis-le-produit-des-livres-que-j-ai-lus-par-edouard-philippe.html

Pierre Mathias

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