Les 6500 migrants de la jungle de Calais ne veulent pas quitter le camp. Cette nuit ils se sont opposés au transfert dans d’autres communes de France en lançant des pierres sur les forces de l’ordre. Elles se sont défendues avec des gaz lacrymogènes. Le but des réfugiés et de rejoindre la Grande Bretagne, mais ce dernier pays refuse de les accueillir. Seuls quelques mineurs ont eu des dérogations. Une situation bloquée. C’est ce qui rend le sort de ces gens-là aussi dramatique. Qu’ils le veuillent ou pas, ils devront rester dans l’hexagone tant que leurs cas ne seront pas statués. Il est probable qu’une partie d’entre-eux ne pourront pas rester, car d’une part ils tombent dans le cadre de la convention de Dublin, qui prescrit que tous migrants étant annoncés dans un autre pays, doit y retourner ; d’une autre que s’ils ne remplissent pas les conditions d’être réfugiés, ils seront expulsés dans leurs nations d’origine. Comme une partie d’entre-eux sont illégaux, ils savent parfaitement bien quel sort leur sera fait. Il est à mon avis tout à fait inconcevable qu’on ait pu accepter ce camp depuis des années. Cela démontre à quel point les autorités ont été laxistes. Contrairement à ce qui s’est passé en Allemagne, la France a été très restrictive et l’est encore en ce qui concerne l’accueil de ces malheureux. Il serait injuste de vouloir faire des comparaisons entre les deux pays. Ici le chômage sévit, la crise économique est loin d’être passée. Il y a encore en plus le problème des banlieues et de leurs millions d’habitants, qui malgré leur nationalité française ou leur présence depuis des décennies, ne sont pas vraiment intégrés. De la dynamite !

En République Fédérale rien de tout cela. Le boom économique et la situation sur le marché du travail sont dans le vert. Il est dans ces conditions normal que les politiciens essaient de réduire la migration, car il est impossible dans de telles conditions d’assurer une bonne intégration. Mais vouloir se voiler la face est plus que néfaste. Calais en est l’expression. Vouloir faire comme si de rien n’était et laisser aux édiles locaux le soin de décider d’eux-mêmes s’est avéré être une honte. Maintenant c’est chose faite, la jungle sera éliminée. Les premiers transports auront lieu aujourd’hui. Mais cela ne se fera pas sans résistance. Il en va de l’image de la France, qui ne pourra qu’être ternie si on en vient aux mains, ce qui est prévisible. Il n’est aucunement dit, que si l’élimination de ce camp sauvage sera faite, que d’autres ne verront pas le jour à proximité. Tout cela apporte de l’eau au moulin du FN. Tout ce qui fait désordre incite à l’extrémisme. La jungle est le symbole pour les durs et purs de tout ce qui ne va pas dans le pays, d’une dérive inacceptable pour tous les citoyens. Cela fera ombrage sur la politique migratoire de l’UE et provoquera chez bien des gens un réflexe de rejet. Et l’Angleterre ? Le brexit a été avant tout provoqué par une phobie de tout ce qui est étranger. L’ambiance n’est pas différentes en France. Si les migrants de Calais étaient renvoyé manu-militari il n’aurait guère de résistance auprès des Français de souche. Beaucoup applaudiraient ! Ce qui se passe actuellement fait peur : d’une part des migrants intransigeants, d’une autre un racisme en pleine expansion comme à Béziers.

pm

http://www.lemonde.fr/immigration-et-diversite/article/2016/10/23/a-calais-les-services-de-l-etat-parlent-de-departs-en-bus-les-migrants-revent-d-angleterre_5018858_1654200.html

Pierre Mathias

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