Amuser la galerie ! Provoquer les esprits afin de vendre mieux une marchandise à bien des points de vue immonde, faire la une avec des nouvelles qui devraient mieux être mises aux calendes grecques, inciter le peuple à s’abrutir encore plus, telles sont les critiques qui pleuvent souvent sur la presse. Elles ne sont qu’en partie justifiées. Aux États-Unis il aurait mieux valu faire passer sous silence un certain Donald Trump, candidat aux primaires républicaines. Toutes les insanités qu’il a pu proférer sont reprises en chœurs par tous les médias. C’est un pur produit virtuel. Le fait est qu’un être inepte pour le rôle d’un président, récolte tant de voix auprès de citoyens qui ne demandent que d’être entraînés dans un tourbillon où les injures et la haine sont de mise, est désespérant. Comme c’est le cas habituellement, les critiques venant de la presse sont fustigées comme étant anti-patriotiques. Une preuve de plus que chaque peuple à les politiciens qu’il mérite. Les médias ne peuvent pas toujours nager à contre-courant, ce qu’ils devraient faire, car il s’agit de business, seulement de cela. La morale en prend un sacré coup, mais tant pis ! Est-ce vraiment comme cela ? Suis-je trop dur envers mes collègues ? Peut-être, mais dans une situation frisant la catastrophe il vaut mieux se répéter de telles critiques afin de ne pas sombrer dans le néant. En ce qui concerne des soi-disant politiciens de la trempe d’un Trump, il faut pouvoir convaincre, ce qui je dois l’avouer est très difficile. Lorsque le populisme est en marche, il faut avoir des arguments plus que forts pour arrêter sa marche, qui en ce moment semble inarrêtable.

Comme l’histoire l’a prouvé, lorsque de tels personnages arrivent aux commandes, ils n’en qu’une hâte, celle de museler la presse. Ce qui s’est passé en Pologne le prouve bien. Des esprits obtus, ne supportant aucune critique, ne trouvent rien de mieux à faire que de se mêler de ce qui ne les regardent pas. La mainmise sur le service public, que ce soit la radio ou la télévision, démontre que la démocratie s’effrite à Varsovie. Il en est de même au Bosphore, où l’omniprésent chef de l’État considère que c’est un crime-lès-majesté d’avoir été la cible d’une émission satirique en Allemagne. L’ambassadeur a dû se présenter au ministère des affaires-étrangères. Quelle tristesse, quelle part de ridicule lorsque le cabaret-politique provoque de telles réactions. Erdogan s’est dévoilé comme manquant totalement d’humour, mais il ne s’en aperçoit pas. Ne nous leurrons pas, si par le plus grand des malheurs Monsieur Trump arrivait au pouvoir, il ne réagirait pas autrement. La preuve que le ridicule ne connaît pas de frontières. Je trouve positif que la presse se remette constamment en question. Mais il ne faut pas non plus surestimer son pouvoir. Avec l’internet elle a perdu beaucoup d’influence. Comme chacun se considère comme étant un journaliste, il est de plus en plus difficile de séparer le bien du mal. La croyance générale que les nouvelles propagées sur le net sont plausibles, rend la chose encore plus difficile. Avant d’émettre des accusations, il faudrait jeter un regard sur la clientèle. Elle est devenue de plus en plus influençable, ce qui sert les autocrates.

pm

http://www.lemonde.fr/elections-americaines/article/2016/03/30/l-examen-de-conscience-des-medias-americains-face-a-donald-trump_4892652_829254.html

Pierre Mathias

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