Je suis bien sûr satisfait de voir, lorsque je fais mon plein d’essence, que les prix ont à nouveau chuté. Mais je suis obligé de me poser des questions comment cela peut se faire. D’une part la production a dû augmenter, depuis que l’OPEC n’impose plus de limites de production, de l’autre il doit y avoir une certaine régression économique. Cela veut-il dire que les exportations diminuent en conséquence ? Dans la plupart des cas, oui, mais pas partout. L’Allemagne par exemple, fait encore de beaux bénéfices dans ce domaine. Il est vrai que pour relancer l’économie, des investissements doivent être faits. Cela a été le cas en Chine, aux Indes et ailleurs. Mais depuis que le taux de croissance bat de l’aile, je ne vois pas comment cela pourrait perdurer. Nous nous trouvons dans une période de réajustement. Je pense que 2016 nous donnera certains éclaircissements. Il est évident que la philosophie de la croissance peut un jour arriver à ses limites. Vouloir baser tout l’avenir sur de tels critères me semble être dangereux. L’aspect politique joue dans ce contexte un rôle évident. L’insécurité qui règne au Proche et Moyen-Orient par exemple, n’est pas propice à l’extension. Lorsqu’on observe le train de vie absurde des émirats et des pays producteurs de pétrole, il y a de quoi attraper le tournis. Cela repose finalement que sur du vent. Cette richesse, au cas ou le brut diminue encore, repose sur des chimères.

Je suis effrayé à l’idée que les marchés boursiers internationaux soient à ce point aveugle. Ce qui se passe actuellement peut mener à un effondrement complet de notre économie, parce que les données sont aussi incertaines que celles à une table de jeu. On risque tout sans avoir de garanties. Seuls les profits momentanés entrent en ligne de compte, pas l’avenir ! Une raison pour moi de voir avec inquiétude ce qui se joue actuellement. Sans une réflexion de fonds sur ce que devrait être les paramètres financiers demain et après-demain, nous risquons de couler. Le pire est que nous le savons et que nous n’entreprenons rien pour éviter cette descente en enfer. Les leçons de la crise de 2008 n’ont pas été tenues., Dès qu’il y a eu relance, l’attitude est restée la même, celle d’empocher le plus rapidement des deniers gagnés sans l’apport du travail. C’est dans ce domaine bien particulier que nous constatons une chute inquiétante de sa valeur. Dans bien des cas il n’est plus profitable, ce que je trouve désastreux. Lorsqu’on voit ce que les joueurs empochent constamment, il y a de quoi avoir de la nausée. Est-ce dire que la qualification et le labeur sont devenus obsolètes ? Parfois je me le dis. Le rabais à la pompe ne peut être vu que d’un angle plus global et être considéré comme un signe avant coureur d’une dégringolade à l’échelle planétaire. C’est ce que je suis obligé de me dire. Il appauvrit aussi les États, qui devraient faire office de régulateurs sociaux. Les entrées fiscales diminueront en conséquence et réduiront fatalement les facultés d’intervention. Cela me paraît logique. Non, la baisse doit être prise en compte globalement. Il est à craindre qu’une fois de plus nous soyons les perdants.

pm

http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/12/29/l-ere-du-petrole-pas-cher-ne-fait-que-commencer_4838929_3234.html

Pierre Mathias

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