Angela Merkel et François Hollande se sont rencontrés hier soir à Paris pour accorder leurs points de vue en ce qui concerne la crise grecque. Le gouvernement allemand ne veut pas faire trop de concessions. Il est partisan d’une certaine rigueur financière. La France n’aurait pas d’objection à être un peu plus souple. Il est vrai que les deux pays se trouvent dans des situations différentes l’un par rapport à l’autre. La relance tarde à venir chez nous ; en République Fédérale le taux de chômage est le plus bas depuis des décennies. Hier soir il y a eu une approche, les deux chefs d’État veulent redonner une chance à Alexis Tsipras, à condition qu’il fasse de nouvelles propositions. Le nouveau ministre des finances, Euclide Tsakalotos devrait élaborer avec son chef de nouvelles propositions afin de sortir de l’ornière. Ils les présenteront aujourd’hui à Bruxelles. Ce seront aux 18 autres nations de décider, si elles sont prêtes à courir le marathon. Rien n’est moins sûr pour deux raisons : leurs opinions publiques sont très remontées contre Alexis Tsipras et ses amis, de l’autre les bourses se sont bien maintenues, apportant la preuve que la zone euro n’est pas encore à l’agonie.

Bref, on peut très bien s’arranger avec le Grexit. Mais est-ce souhaitable ? En ce qui concerne la géopolitique, non. Il n’est pas surprenant que Vladimir Poutine ait proposé son aide. La Grèce est importante au niveau stratégique. Si elle se distançait de l’UE, ce serait l’effritement d’une clef de voûte. Lorsqu’on observe ce qui se passe sur le flanc sud du continent, il y de quoi être inquiet. La Libye est en pleine décomposition. Il n’est pas impossible que l’EI y renforce son influence, comme ce sera le cas en Égypte ou en Tunisie. Paris, qui a toujours pratiqué une politique méditerranéenne, ne peut pas rester passif. La France est parfaitement consciente que le danger fondamentaliste menace aussi l’Algérie et le Maroc. Sans l’appui de la Grèce, elle se trouverait dans une situation délicate. Ce serait une affaiblissement de l’Alliance atlantique. Ceci explique pourquoi François Hollande fera tout pour maintenir la Grèce dans la zone euro. Je pense qu’il faudrait revoir de fond en comble la politique étrangère de l’UE. Il serait essentiel de ne pas trop se focaliser sur la Russie et ceci au détriment de l’Afrique. C’est aussi une de nos voisines les plus directes. C’est état de fait devrait aussi sauter aux yeux de Berlin. La problématique qu’elle engendre est devenue plus clair, depuis que des centaines de milliers de requérants d’asile essaient de trouver pied en Europe. Un fait dans son ampleur bien plus important qu’en ce concerne la Grèce. Il y a bien des observateurs économiques qui préconisent le retour au drachme. Du point de vue technique une solution qui pourrait momentanément sortir Athènes de bourbier dans lequel se trouve le pays actuellement. Mais c’est ignorer les effets collatéraux qu’un Grexit pourrait entraîner. C’est la raison pourquoi je prétends d’une manière énergique qu’il faut tout faire afin d’éviter le pire. Malgré la colère que je ressens, je dois revenir au plus vite à la réalité. Alexis Tsipras sait parfaitement ce qui nous préoccupe, ce qui lui donne la possibilité d’exercer une certaine pression et ceci malgré la faillite dans laquelle se trouve la Grèce. Qu’on le veuille ou non, il a des atouts !

pm

http://www.lemonde.fr/europe/article/2015/07/06/demission-reunions-reactions-le-jour-d-apres-le-non-grec_4672239_3214.html

Pierre Mathias

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