Lorsqu’on compare le temps de travail entre les Allemands et les Français, l’écart, bien qu’il a un peu augmenté outre-Rhin, semble assez équilibré. L’argument que le succès économique de la République Fédérale soit dû à un plus grand engagement hebdomadaire ne tient pas debout. Il faut chercher les causes ailleurs. Il est vrai que les produits made in Germany jouissent d’un grand engouement autour du globe. L’exportation est en grande partie la cause du bien-être qui règne là-bas. Ils sont synonymes de qualité. Mais il n’y a pas que cela. Les salariés allemands sont plus motivés, parce que la participation est bien plus effective. Les comités d’entreprises interviennent directement dans les décisions prises pour la marche des firmes. Ils sont présents à 49% dans les conseils de surveillance et participent ainsi à toutes les décisions. Les syndicats, même s’ils font la grève de temps à autre, entretiennent de bons contacts avec les actionnaires et les gestionnaires. Une tradition datant de la fin de la dernière guerre, où une étroite collaboration était vitale afin de remonter un pays en ruine.

La recherche du compromis est entrée dans les mœurs. Parfois on peut s’étonner des sacrifices consentis par les travailleurs. Les salaires sont relativement pas, la couverture sociale plus restrictive qu’en France ; en contrepartie le chômage est plus bas. Bien des personnes travaillent en outre à temps partiel, ce qui permet de maintenir des postes, qui dans d’autres conditions seraient menacés. Le gouvernement Schröder n’a pas hésité d’exiger du peuple des sacrifices qui seraient impensables chez nous. Tous ceux qui se trouvent sans travail n’ont qu’un petit pécule à leur dimension, avec lequel ils peuvent à peine survivre. Les entreprises paient ainsi un peu moins de charges, ce qui se répercute sur l’emploi. Souvent des jobs mineurs, encore mal payé malgré l’instauration du salaire minimum, bien moins élevé qu’en France. Il n*est pas étonnant, que dans de telles conditions, que le marché intérieur n’est pas à son optimum. L’argent disponible est plus restreint, malgré les limousines de luxe qui roulent sur les routes allemandes. La plupart sont achetées à crédit. Avec la crise internationale tous les observateurs ont cru que les exportations allaient diminuer. Ce n’est pas le cas pour l’instant. Mais il y a danger s’il n’avait pas de correctifs. Mais il est bien plus dérisoire par rapport au mal français, qui provient avant tout de structures dépassées. Que cela soit dans le domaine du salariat, que de celui de la gestion. Dans un système en grande partie autoritaire n’ayant pas réussi à larguer d’anciennes habitudes, comme celle du patron omniprésent, prenant à lui seul toutes les décisions, il ne sera pas possible d’évoluer. Des progrès ont été faits, mais les grandes réformes nécessaires restent sur le carreau. Au lieu de faire participer les employés au capital de l’entreprise, les charges sociales restent exorbitantes. C’est là qu’il faudrait s’inspirer un peu plus du modèle allemand. Il encourage les salariés à s’engager plus. Les primes peuvent améliorer d’une manière substantielle ses revenus. Plus il s’engage, plus il gagne ! Je pense que la motivation joue un rôle essentiel et que c’est elle qui explique les différences entre les deux pays. Boulot-dodo ? Ce n’est pas tout !

pm

http://www.liberation.fr/economie/2015/05/22/temps-de-travail-l-ecart-se-creuse-un-peu-entre-francais-et-allemands_1314684

Pierre Mathias

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