Ce soir nous connaîtrons définitivement la carte politique de la France. Les citoyens auront décidé à qui ils remettront leur destin dans les départements. La signification de telles élections est à mon avis plus grande que ce ce qu’on voudrait bien accepter. La proximité permet au peuple d’intervenir plus directement dans les décisions territoriales qui doivent être prises. Elle lui donne l’occasion de sortir de sa torpeur et de prendre sa destinée en main. N’oublions pas que c’est dans ce cadre-là que chacun d’entre-nous peut faire valoir son droit à l’initiative. Malheureusement ce n’est guère le cas. La participation du peuple pour sortir de la crise par exemple est impérative. Mais ce que nous pouvons observer n’est souvent que du fatalisme. Au lieu de réfléchir de quelle manière opérer des corrections ou de proposer de nouvelles solutions, le peuple râle et se plaint des dirigeants qui ne « valent que des clopinettes ». L’électeur a-t-il oublié qu’il porte une responsabilité identique à celle des élus. Si tout ne marche pas comme il le souhaite, il n’a qu’à se remuer, se cracher dans les mains et prendre des mesures adéquates sans attendre un feu vert, qui tarde souvent à venir. Son rôle est de faire pression sur une administration qui ronronne sur son radiateur et qui déteste être bousculée.

Je plaide pour une prise de responsabilité du citoyen et ceci ne peut que se faire dans la politique de proximité. Il serait temps que chacun se dise qu’il ne fait pas partie de l’espèce des mollusques, qu’il est nécessaire d’élever sa voix, mais d’une manière constructive. Les conversations style Café du Commerce ne servent strictement à rien. Si il y a injustice il faut agir. Faire cavalier seul ne serait pas très efficace. Le but serait d’ameuter des personnes qui pensent de même afin de faire pression sur la politique et ceci des cantons jusqu’à la tête de l’État. Ce que je préconise est une nouvelle forme d’engagement impliquant le doit à l’initiative comme on le connaît en Suisse. Faire des propositions qui seront mises aux voix et ceci à tous les niveaux. La proximité est un terrain idéal pour mettre en pratique de tels procédés. Il serait temps de faire porter les décisions par les citoyens et ceci dans quel domaine que ce soit. Je voudrais qu’ils soient enfin adulte mais je crains que ce soit une illusion. Les gens sont beaucoup trop passifs pour bouger. La participation électorale est une preuve décourageante d’une attitude que je pourrais considérer comme étant dépressive. Les électeurs n’ont-ils pas compris qu’ils donnent ainsi un chèque en blanc à certains opportunistes ? Sans une intervention directe des citoyens il ne peut pas y avoir de changements. Le droit à l’initiative et au référendum présente aussi des dangers. En Suisse il a obligé le gouvernement à s’éloigner de l’UE et de promouvoir ainsi le chauvinisme et la xénophobie. C’est le prix à payer lorsqu’on se soumet à la volonté populaire. Je me trouve ainsi dans un dilemme. D’une part favoriser la démocratie directe, de l’autre être conscient que le peuple agit souvent d’une manière intempestive. Les populistes en sont les bénéficiaires comme c’est le cas chez notre voisin. Le FN gagnerait des points ce qui n’est pas souhaitable. Mais que faire ? Appliquer un système par conviction démocratique ou laisser à nos édiles tout leur pouvoir ? Je ne sais que dire étant conscient quelles conséquences cela peut avoir. Un vrai casse-tête chinois !

pm

http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2015/03/27/departementales-ceux-qui-se-desistent-face-au-fn-et-les-autres_4603062_4355770.html

Pierre Mathias

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