Et voilà que Carlos Ghosn se retrouve en prison au Japon pour fraude fiscale et pour détournement de fonds. Le PDG de Renault et président non exécutif de Nissan et de Mitsubishi va être démis de toutes ses fonctions, entraînant ainsi le leader mondial de l’automobile dans une situation précaire. Il avait été question que Renault soit encore plus puissant dans ce groupe, ce qui n’était pas du goût de Nissan, qui du point de vue de la production et de la vente dépasse de loin la multinationale française. En arrimant plus fortement les protagonistes français et japonais, Carlos Ghosn espérait pouvoir rationaliser encore plus la production et faire des économies. Cela aurait probablement amené à ce qu’on nomme d’une manière ironique le dégraissage. Des milliers de personnes auraient perdu leur emploi, ce qui par les temps qui courent, tout au moins dans l’hexagone, aurait été un coup de semonce. Probablement il sera mis un terme à ce projet. Il faudra voir maintenant ce qui se passera ces prochains jours. Il est évident que pour la France, qui est toujours encore actionnaire de Renault, devra être très prudente. Il serait inadéquat que cet incident, car cela en est un, devienne une affaire d’État. Y-a-t.il eu au sein du conseil de surveillance une certaine négligence ? A-t-on laissé trop de libertés à Carlos Ghosn ?

Ce Brésilien est sans aucun doute génial en ce qui concerne la marche des affaires, mais il a été pris au piège par un internaute japonais, qui est allé fouillé dans ses affaire privée. Il a eu sa tête, ce qui est du goût des dirigeants de Nissan, qui n’ont aucune envie que Paris vienne se mêler plus de sa gestion, de ses finances et de ses stratégies, ce que le PDG de Renault avait l’intention de faire encore plus. Il ne faut pas oublier que dans les années 2000 Ghosn avait redressé le groupe Nissan, qui se trouvait à deux pas de l’abîme. Les trois constructeurs produisent 10,6 véhicules, dépassant ainsi les vieux adversaires que sont Volkswagen, Toyota et la General Motors. Parce qu’il considérait son salaire trop modeste, on parle de 15 millions d’Euros par an, il a mis tout le monde dans l’embarras. Je crains que cette affaire puisse avoir des conséquences sur l’économie française. Ce n’est pas sans raison que l’action Renault a chuté hier de près de 7 % à la bourse de Francfort. Il est évident que l’État ne pourra pas se départir de ce qui se passe actuellement. On reprochera probablement au conseil de surveillance d’avoir accordé trop de confiance au PDG, ce qui est compréhensible étant donné que les chiffres parlaient pour lui. Il est difficile dans de telles conditions de mettre ses capacités en doute, ce que personne ne fait. Mais Bercy n’aurait-il pas dû éplucher sa situation financière personnelle, comme le font actuellement les Japonais ? Le ministère des finances et de l’économie aurait eu les moyens de le faire. Je pense que les adversaire d’Emmanuel Macron essayeront de trouver des liens occultes entre le Président et Carlos Ghosn, et ceci, en lui reprochant une fois de plus le temps qu’il a passé à la Banque Rothschild. Ce serait infâme, mais en politique il faut s’attendre à tout. Cette affaire vient au plus mauvais moment. Les Gilets jaunes essayeront probablement d’en tirer des avantages. N’oublions pas les pamphlets antisémites !

pm

https://www.lemonde.fr/entreprises/article/2018/11/19/renault-nissan-carlos-ghosn-arrete-un-choc-et-des-questions_5385692_1656994.html

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